
2026-09-29
Écrit par Gianguglielmo Lozato
« Zidane président ! » C’était le slogan affiché le soir de l’inoubliable victoire d’un soir d’été 1998, à l’occasion du Mondial de Football organisé en France. Le meneur de jeu natif de Marseille avait fait l’unanimité autour de sa personne. Avec sa tendance à faire montre d’une économie de mots, tout en assurant un leadership évident, Zinedine Zidane est une légende vivante. Avec la Coupe du Monde qui vient de s’achever il y a quelques semaines, son lot d’émotions mais aussi d’incivilités en tout genre, le glissement de l’année 2026 vers 2027 va s’opérer d’une période de festivités vers le temps des élections présidentielles françaises. Un historique singulier LE FOOTBALL.Cette discipline sportive si populaire que le monde semble s’arrêter tous les quatre ans au moment de la Coupe du Monde. Une ferveur autour d’un jeu qui cristallise si universellement les passions, que même Pier Paolo Pasolini en personne déclamera des vers en son honneur suite au visionnement d’une partie dans le quartier romain populaire du Testaccio. Il y consacrera également tout un article mi-poétique mi-scientifique dans un article publié dans « Il Giorno » en 1971. Aux yeux de l’auteur italien, il est évident que l’ex international français Zinedine Zidane aurait mérité le statut de poète du ballon. Cette expressivité si particulière à l’aide d’une balle et d’un corps appelant à la chorégraphie, autant l’Argentin Diego Maradona l’avait incarnée diaboliquement, autant l’ancien numéro 10 bleu l’a personnifiée divinement. Jusqu’à atteindre un niveau stratosphérique. Tout est question d’élévation. Et pas seulement du point de vue du jeu aérien. Un compartiment de jeu qu’il est ici difficile d’évoquer. Car l’ancien international français aux racines kabyles avait marqué deux buts de la tête en finale contre le Brésil en 1998. Car ce même international avait été exclu de la finale mondiale en 2006 contre l’Italie, pour une histoire de coup…de tête ! Cet esprit tourné vers la discrétion sans pour autant tourner le dos à la détermination, ce grand champion a su en tirer profit par la suite. Car en tant qu’entraîneur il a forcé l’admiration au Real Madrid. Un pallier nouveau est en train de se franchir, d’un club à une équipe nationale. L'intronisation dans un nouveau rôle Sans surprise, « ZZ » a été intronisé sélectionneur de l’Equipe de France. Pour succéder Didier Deschamps, il aura besoin de cette sérénité qu’il sait si bien dégager naturellement. Il aura besoin de bienveillance de la part de son staff et de patience de la part des supporters. Car le programme qui viendra ne sera pas des plus simples ; très attendue, la formation dont il aura la charge sera constamment défiée avec intensité par ses adversaires du fait des places obtenues ces trois dernières coupes du monde. Avec un sentiment étrange à gérer depuis sa prestation qui s’est vue sanctionnée par une quatrième place mondiale. Entre la satisfaction et l’amertume. Cette place officialise le fait de faire partie du dernier carré de l’élite footballistique internationale. Mais que la médaille de bronze soit revenue à l’Angleterre a terni dans bien des esprits la joie d’avoir assisté à la réalisation de dix buts au cours d’un même match suite au score finale de 6-4 en faveur des Anglais. Le meilleur moyen de permettre à l’ex numéro 10 au talent immense de donner le meilleur de lui-même, ce sera de se remémorer avec respect ses exploits en tant que joueur. Son palmarès est son meilleur avocat, avec plusieurs titres gagnés en club et en équipe nationale. Dès le 25 septembre prochain, c’est-à-dire vingt ans après la finale électrique de 2006, le nouvel entraîneur de l’équipe de France sera soumis au jugement, voire à la vindicte populaire si les résultats peinent à venir. Cette toute dernière hypothèse n’est pas à exclure. Un peu comme en politique où tout peut aller très vite. Jusqu'à la canonisation ? La mission s’annonce ardue. En effet, succéder à une pointure comme Didier Deschamps qui a volé de succès en succès ne sera pas une sinécure. D’autant plus que quelques signes de faiblesse sont apparus et que cette fois il incombera au nouveau venu de pallier des déficiences. Le passage de l’ère « DD » à l’ère « ZZ » ne relève pas de l’illogique. La philosophie générale de l’équipe devrait rester sensiblement la même. C’est sur la physionomie de jeu qu’une nouvelle touche devrait intervenir, comme l’a laissé entendre « Zizou » en interview. Gagner un Euro et atteindre au moins la médaille de bronze au prochain Mondial ne sont pas des projets inaccessibles. Mais l’influence du nouveau coach des Bleus ne s’arrête pas là. Elu à plusieurs reprises parmi les personnalités préférées des Français, son aura dépasse son rôle pour hanter malgré lui les sphères médiatiques. Car malgré son caractère discret, il est omniprésent dans les subconscients. Une omniscience qu’il doit à ses exploits sur le terrain, puis par l’équilibre qu’il dégage. S’il réussit à gagner un trophée supplémentaire, comme l’avait fait Roger Lemerre en prenant la place d’Aymé Jacquet après France 98, nul doute que le leader franco-algérien sera canonisé au panthéon du ballon rond. S’il échoue, pensons que son ex-coéquipier de 1998 Laurent Blanc n’a pas gagné de titre avec la France en tant que sélectionneur. En parallèle, les sélectionnés devront suivre le leitmotiv qu’il voudra inculquer ; il s’agit là d’une sorte de défi pour cette jeune génération aux instincts plus indisciplinés par rapport à leurs aînés. Dans cette optique, un garçon comme Ousmane Dembelé devrait servir de pierre angulaire au dispositif. Cette fin d’été puis l’automne, avec respectivement Turquie-France, Belgique-France puis France-Italie, sonnent déjà comme un verdict. Pas encore comme un ultimatum. Sportivement, et c’est le premier aspect qui compte parce que cela fait partie intrinsèquement de son nouveau rôle, il incombera à Zinedine Zidane de proroger cette positivité des résultats. Avec un 4-3-3 où introniser Esteban Lepaul ? Un Champion du Monde 98 succède à un de ses coéquipiers de la folle aventure de la formation iconique devenue la communion Black-Blanc-Beur. À quelques mois d’élections présidentielles fatidiques, le magicien du ballon qu’était « Zizou » pourra-t-il se montrer assez fédérateur du fait des résultats obtenus, pour réconcilier ses concitoyens entre eux et avec la classe politique plus classique ? Gianguglielmo LozatoZinedine Zidane peut-il prolonger, voire sublimer, l’héritage gagnant laissé par Didier Deschamps à la tête des Bleus ? Dans cette chronique, le professeur Gianguglielmo Lozato analyse le défi sportif qui attend « Zizou », avant d’interroger, à l'approche de la présidentielle de 2027, sa capacité à fédérer et « réconcilier les concitoyens entre eux et avec la classe politique ».