
2026-10-27
Écrit par Rédaction
Derrière les affrontements politiques qui agitent Israël, un large consensus demeure sur le maintien du contrôle sécuritaire des territoires palestiniens. Les principaux prétendants au pouvoir refusent l'indépendance palestinienne. De Gaza à la Cisjordanie, les élections pourraient ainsi changer les dirigeants sans remettre en cause les politiques d'occupation, malgré des divergences minimes sur l'annexion et les violences des colons. Des adversaires unis contre l'Etat palestinien Présentées comme un affrontement décisif pour l'avenir d'Israël, les élections législatives du 27 octobre révèlent un consensus glacant : les principaux adversaires de Benjamin Netanyahou contestent sa gestion du pays, mais partagent ses orientations concernant les Palestiniens. Selon une analyse de Reuters publiée le 22 octobre, le Premier ministre et son principal rival, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, refusent tous deux la création d'un État palestinien indépendant. Ancien responsable militaire, il défend le maintien de la liberté d'action de Tsahal dans les territoires occupés et envisage une reprise de la guerre à Gaza. Naftali Bennett, ancien Premier ministre, affiche une position tout aussi explicite : « Je suis contre un État palestinien, contre la cession de territoires », déclarait-il à la télévision israélienne. Quant à Avigdor Lieberman, ancien ministre de la Défense, il propose de démanteler l'Autorité palestinienne et d'annuler les accords d'Oslo, tout en maintenant le contrôle sécuritaire israélien sur la Cisjordanie. Leurs différences restent minimes concernant la colonisation. Contrairement à Netanyahou et à ses alliés d'extrême droite, Eisenkot s'oppose à la poursuite de l'annexion de la Cisjordanie. Il défend toutefois le maintien de colonies autorisées par Israël, mais illégales au regard du droit international. Une opposition qui conteste Netanyahou pas l'idéal sioniste israélien Dans une analyse publiée par Haaretz, la journaliste israélienne Amira Hass souligne que le débat électoral sur l'État palestinien passe à côté de l'essentiel : la survie même du peuple palestinien face aux politiques d'expulsion et de dépossession. Elle dénonce une opposition à Netanyahou oscillant entre minimisation du danger, indifférence et soutien à certaines politiques d'expulsion. Cette critique rejoint le constat d'une enquête du Washington Post, selon laquelle les principaux concurrents de Netanyahou partagent largement sa doctrine sécuritaire. La question du génocide à Gaza illustre cette continuité. Alors qu'une commission d'enquête mandatée par l'ONU affirme que des actes génocidaires se poursuivent malgré le cessez-le-feu, les principaux candidats ne proposent pas de rupture avec la doctrine militaire qui a conduit à la dévastation de l'enclave. Le journaliste de Haaretz Gideon Levy défend, lui, une transformation autrement plus profonde. L'ancien général Yair Golan représente une position certes plus divergentes mais même au sein de son parti, la reconnaissance des droits palestiniens reste subordonnée à des impératifs sécuritaires israéliens. Les voix palestiniennes marginalisées Cette exclusion s'est manifestée pendant la campagne électorale. Le 23 septembre, la Commission électorale centrale israélienne avait voté l'interdiction de deux grandes formations représentant les citoyens palestiniens d'Israël : Ra'am et la Liste commune. La Cour suprême a ensuite annulé ces exclusions, permettant leur participation au scrutin. Elle a également autorisé la candidature du député juif antisioniste Ofer Cassif, connu pour avoir soutenu la procédure engagée par l'Afrique du Sud contre Israël devant la CPI. La Liste commune, qui rassemble notamment Hadash, Ta'al et Balad, défend la fin de l'occupation, l'égalité entre citoyens juifs et arabes et le droit des Palestiniens à l'autodétermination. Mais ces formations restent largement exclues des projets de coalition des principaux partis sionistes. Pour les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, la situation est plus radicale encore : ils subissent les décisions du gouvernement israélien sans pouvoir participer à l'élection qui détermine leur avenir. C'est précisément cette contradiction que dénoncent les critiques israéliens du système d'occupation. L'organisation israélienne B'Tselem et Amnesty International qualifient d'apartheid le régime de domination imposé aux Palestiniens.Les Israéliens votent ce mardi 27 octobre pour renouveler leur Parlement. Si Benjamin Netanyahou risque de perdre le pouvoir face à Gadi Eisenkot, Naftali Bennett et leurs alliés, les principaux candidats partagent une ligne dure sur Gaza et rejettent la création d'un État palestinien. Pour les Palestiniens, une alternance politique ne changerait donc rien à la violence de l'occupation et de la colonisation israélienne.