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Procès Rima Hassan : « l'élue la plus poursuivie de la Ve République »

Procès Rima Hassan : « l'élue la plus poursuivie de la Ve République »

2026-10-20

Écrit par Rédaction

Le procès de l'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan s'est ouvert ce lundi 19 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris, pour « apologie du terrorisme ». Marquée par des invectives, plusieurs suspensions d'audience et des intimidation, cette première journée a vu l'élue de La France insoumise dénoncer une procédure politique avant d'exercer son droit au silence. Les débats doivent se poursuivre ce mardi.

Entre les poursuites visant des messages publiés sur X (Twitter), les tensions avec les associations parties civiles, les nombreuses plaintes antérieures et les menaces de mort répétées reçues par Rima Hassan, ce procès soulève des interrogations sur la liberté d'expression politique, la judiciarisation du débat public et la protection des élus.

Une première journée de procès sous haute tension

Dès l'ouverture de l'audience, lundi matin, l'atmosphère s'est révélée particulièrement tendue. Face à Rima Hassan et à son avocat Vincent Brengarth, une dizaine de conseils représentaient notamment la Licra, l'Organisation juive européenne (OJE) et l'Observatoire juif de France (OJF), constitués parties civiles. L'avocat de l'eurodéputée a contesté la régularité de la procédure, dénonçant une « asymétrie procédurale » et mettant en cause les liens présumés de certaines parties civiles avec Israël.

La présidente de la Licra, Galina Elbaz, a répliqué en dénonçant des propos à caractère antisémite. Vincent Brengarth a alors quitté temporairement la salle, suivi de sa cliente, après avoir estimé sa probité mise en cause. Lors d'une suspension d'audience, le président de l'OJF a traité l'avocat de Rima Hassan de « salopard », selon l'AFP. Plusieurs incidents ont ainsi nécessité l'interruption des débats.

À la barre, Rima Hassan a dénoncé une « tentative d'intimidation » et une volonté de « mise sous silence d'une élue de l'opposition ». Elle a ensuite choisi d'exercer son droit au silence.

Des dizaines de procédures judicaires contre Rima Hassan

L'eurodéputée est jugée pour une publication du 26 mars 2026 citant Kōzō Okamoto, membre de l'Armée rouge japonaise impliqué dans l'attaque de l'aéroport de Lod-Tel-Aviv en 1972,. Le message reprenait ses propos sur l'engagement pour la Palestine et présentait la résistance comme un devoir face à l'oppression. Supprimée depuis, cette publication avait été signalée au parquet par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et plusieurs organisations.

Les parties civiles estiment que cette citation constitue une valorisation d'un auteur d'attentat. La défense conteste cette interprétation et souligne que les propos reproduits ne mentionnaient pas directement l'attaque de 1972. Cette procédure s'inscrit dans une longue succession de plaintes et de signalements visant les interventions publiques de l'élue.

Selon une enquête du Monde, Rima Hassan a subi cinq interrogatoires policiers en deux ans, représentant, d'après son propre décompte, 44 heures d'audition. Une vingtaine de plaintes la concernant ont été classées sans suite, selon le parquet de Paris. L'eurodéputée se présente comme « l'élue la plus poursuivie de la Ve République » pour ses positions politiques. Elle dénonce des démarches destinées à l'épuiser et à entraver son mandat..

Menaces de mort et acharnement politico-médiatique

Les tensions entourant Rima Hassan dépassent le cadre judiciaire. Depuis son élection au Parlement européen en 2024, elle fait régulièrement l'objet d'attaques personnelles et de campagnes hostiles sur les réseaux sociaux. En juin 2025, deux salariés d'une agence immobilière avaient été licenciés après l'avoir insultée dans la rue. Plus récemment, le 8 octobre 2026, l'élue a porté plainte après la diffusion d'une vidéo dans laquelle un homme la menaçait en exhibant un fusil..

L'homme a été placé en garde à vue le 14 octobre et sera jugé le 15 janvier 2027 à Cahors, selon la procureure Clara Ribeiro. Parallèlement, Rima Hassan a déposé plainte contre Laurent Nuñez après des fuites survenues pendant sa garde à vue d'avril, notamment autour de fausses informations relatives à des stupéfiants. Ces épisodes nourrissent les accusations d'acharnement formulées par l'eurodéputée et ses soutien.

La suite du procès devra déterminer si la publication incriminée relève de la liberté d'expression politique ou constitue une apologie pénalement répréhensible.

#Rima Hassan#procès#Palestine

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