
2026-10-28
Écrit par Rédaction
Entre inflation, hausse des dépenses contraintes et dégradation du pouvoir d'achat, des millions de Français déclarent renoncer à des besoins essentiels. Alimentation, logement, transports, santé et loisirs : les privations progressent tandis que les écarts se creusent avec plusieurs pays européens. Pour le Secours populaire, cette précarisation du travail témoigne d'une crise sociale profonde, qui menace désormais une partie croissante des classes populaires et moyennes. 40 % des actifs n'arrivent plus à couvrir leurs dépenses La 20e édition du baromètre Ipsos–Secours populaire, publiée en septembre 2026, dresse un constat préoccupant : posséder un emploi ne suffit plus à se protéger des difficultés financières. En France, 40 % des actifs déclarent que les revenus tirés de leur travail ne leur permettent pas de couvrir l'ensemble de leurs dépenses. Cette proportion a augmenté de dix points depuis 2025, une dégradation particulièrement rapide. « C'est sans doute le chiffre le plus fort », souligne Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire chargée de la solidarité en France. Pour l'association, ces résultats confirment les difficultés observées quotidiennement dans ses permanences. Les personnes accueillies ne sont pas nécessairement sans emploi : beaucoup travaillent, surveillent leurs dépenses et doivent néanmoins recourir à l'aide associative. Cette fragilisation touche désormais 26 % des Français, qui se déclarent en situation de précarité, soit six points supplémentaires en un an. Parallèlement, 18 % vivent à découvert, contre 15 % en 2025. La responsable associative évoque des travailleurs qui, après le 20 du mois, ne disposent parfois plus d'argent pour acheter du carburant ou répondre aux demandes de leurs enfants. Le phénomène concerne également d'autres pays européens, mais avec une intensité généralement moindre. Alimentation, logement, transports : les privations se multiplient L'aggravation de la précarité se traduit directement dans le quotidien des ménages français. Selon l'enquête, 37 % des Français déclarent ne pas pouvoir se procurer une alimentation suffisamment saine pour prendre trois repas quotidiens. Chez les ménages percevant au maximum le SMIC, cette proportion atteint 58 %. Plus inquiétant encore, 29 % des personnes interrogées affirment avoir déjà sauté un repas malgré la faim, dont 11 % au cours des six derniers mois. Les dépenses de transport deviennent également difficiles à supporter : 46 % des Français déclarent rencontrer des difficultés pour payer leur carburant ou leurs abonnements, soit douze points supplémentaires en un an. Le logement constitue une autre source majeure de précarité. Un tiers des répondants éprouvent des difficultés à payer leur loyer, leur crédit immobilier ou les charges associées. Mais les restrictions dépassent désormais les seules dépenses indispensables. Plus de la moitié des Français, soit 55 %, peinent à partir en vacances au moins une fois par an. Ils sont 66 % à renoncer à des sorties au cinéma ou au restaurant et 73 % à restreindre les sorties familiales. Ces privations réduisent également les possibilités de loisirs, de sociabilité et d'épanouissement, particulièrement pour les enfants des ménages modestes. Une France plus fragilisée que ses voisins européens L'étude, réalisée auprès de 10 000 personnes dans dix pays européens, met en évidence un décrochage préoccupant de la France. Ainsi, 51 % des Français déclarent avoir récemment subi une privation financière, contre 43 % des Allemands et des Britanniques et 42 % des Italiens. Concernant les sorties familiales, 73 % des Français déclarent avoir dû y renoncer, contre 48 % des Allemands et 59 % des Italiens ou des Britanniques. Les conséquences touchent également les enfants : 23 % des répondants français indiquent avoir été dans l'incapacité de répondre à certains de leurs besoins essentiels, contre 11 % au Royaume-Uni et 12 % en Allemagne. Pour Sébastien Thollot, secrétaire national du Secours populaire chargé des questions européennes, cette situation rappelle « l'importance du maintien des dispositifs européens d'aide alimentaire ». Le baromètre révèle enfin que 59 % des Français connaissent désormais une personne confrontée à la précarité dans leur entourage. Si la solidarité associative demeure importante, elle est elle-même fragilisée : seuls 39 % des répondants se disent prêts à donner de leur temps, soit trois points de moins qu'en 2025. Selon le baromètre Ipsos–Secours populaire 2026, actualisé le 19 octobre, la pauvreté et la précarité s'aggravent en France, à un rythme plus marqué que chez plusieurs voisins européens. Désormais, 40 % des actifs estiment que leurs revenus ne suffisent plus à couvrir leurs dépenses, soit une hausse de dix points en un an. Une situation alarmante qui touche jusqu'aux salariés disposant d'un emploi stable.