logo

17 octobre : les instances musulmanes appellent à l'apaisement et dénoncent la stigmatisation

17 octobre : les instances musulmanes appellent à l'apaisement et dénoncent la stigmatisation

2026-10-22

Écrit par Rédaction

Après les violences et les pillages survenus en marge des manifestations du 17 octobre, plusieurs organisations musulmanes françaises ont réagi. Dans des communiqués publiés les 21 et 22 octobre, Musulmans de France et l'Union des musulmans des Alpes-Maritimes condamnent les débordements, dénoncent les discours islamophobes et appellent au dialogue.

Condamner les violences sans cautionner les amalgames : telle est la ligne défendue par plusieurs organisations musulmanes après les débordements du 17 octobre. Tout en appelant à l'apaisement et à la responsabilité, les instances dénoncent les discours islamophobes, rappellent l'exigence d'un maintien de l'ordre proportionné et demandent que les revendications sociales de la jeunesse ne soient pas éclipsées.

Condamnation des violences et appel à l'apaisement

Les violences survenues samedi 17 octobre dans plusieurs villes françaises ont suscité une série de réactions parmi les organisations musulmanes. Dans un communiqué publié jeudi 22 octobre, intitulé « Appel à l'apaisement, à la justice et à la responsabilité », Musulmans de France (MF) condamne les agressions, les pillages et les destructions de biens, tout en exprimant sa solidarité avec les victimes.

« Derrière chaque blessure physique, chaque commerce dévasté et chaque dégradation, il y a des personnes, des familles et des vies bouleversées », souligne l'organisation, pour qui « l'heure est grave et la violence est une impasse ». MF insiste toutefois sur la nécessité de garantir les libertés fondamentales lors des interventions policières. Tout recours à la force doit être « mesuré, proportionné et respectueux des droits fondamentaux, notamment à l'égard des manifestants », rappelle son communiqué.

Une position également défendue par l'Union des musulmans des Alpes-Maritimes (UMAM), dans une déclaration publiée le 21 octobre. L'organisation condamne les pillages, estimant qu'ils fragilisent le vivre-ensemble et détournent l'attention des revendications exprimées. « Fidèles aux valeurs de justice, de responsabilité, de solidarité et de respect d'autrui que nous enseigne notre foi, nous appelons chacun à refuser l'engrenage de la violence et à privilégier le dialogue et les voies pacifiques », affirme l'UMAM.

Les médias alimentent les discours islamophobes

Au-delà des violences, les responsables musulmans s'inquiètent des discours politiques et médiatiques qui attribuent les débordements à l'islam ou à l'origine supposée de leurs auteurs. Dans son communiqué, Musulmans de France dénonce les « propos dangereux » tenus sur certaines chaînes de télévision par des chroniqueurs et responsables politiques qui « instrumentalisent chaque fait divers pour alimenter des discours islamophobes et nourrir les amalgames ».

L'organisation estime que ces accusations attisent l'hostilité envers les Français musulmans et accentuent les fractures sociales. Cette dénonciation rejoint celle de Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui s'est exprimé mercredi sur les accusations visant les musulmans après les manifestations. Tout en condamnant les destructions, le recteur a dénoncé l'emploi des termes « razzias » ou « hordes », utilisés dans certains discours pour qualifier les violences.

Pour les responsables musulmans, la condamnation des actes délictueux ne saurait justifier une stigmatisation collective, particulièrement lorsque les appartenances religieuses supposées des personnes mises en cause sont présentées comme une explication des violences.

Défendre les revendications de la jeunesse

Les communiqués accordent également une place importante aux revendications sociales à l'origine des manifestations. Musulmans de France rappelle que condamner les violences ne doit pas conduire à ignorer « l'angoisse, la détresse et le sentiment d'injustice qui traversent notre société ». Ces difficultés exigent, selon l'organisation, des réponses concrètes et une écoute sincère.

MF insiste particulièrement sur le rôle de la jeunesse : « Nous saluons une jeunesse qui s'engage, s'interroge et se préoccupe de l'avenir de notre pays. » L'UMAM défend une approche similaire. Elle considère que les aspirations des jeunes doivent être entendues, tout en rappelant que les revendications ne sauraient justifier les destructions. L'organisation invite ainsi les pouvoirs publics, les responsables associatifs et les parents à favoriser le dialogue et la recherche de solutions constructives.

Ces positions rejoignent, sur la nécessité de l'apaisement, celle de la Conférence des évêques de France, qui a condamné les violences le 19 octobre tout en appelant à entendre les revendications exprimées.


#Musulmans de France#Chems-Eddine Hafiz#amalgame#Média#17 octobre 2026

Laisser un commentaire

Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.

Actualités Connexes

1 / 6

Abonnez-vous pour rester informé des dernières nouvelles et événements

Email