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Élections en Israël : les partis arabes peuvent changer la majorité, pas l'occupation

Élections en Israël : les partis arabes peuvent changer la majorité, pas l'occupation

2026-10-28

Écrit par Rédaction

Au lendemain des élections législatives israéliennes, aucun des deux principaux blocs ne semble en mesure de former seul un gouvernement. Avec 19 sièges projetés après le dépouillement de plus de 85 % des bulletins, les partis représentant les "citoyens" arabes d'Israël pourraient devenir décisifs. Un retournement spectaculaire après une campagne marquée par les attaques racistes contre leur participation.

Les électeurs palestiniens, vivant sur le territoire israélien, pourraient faire basculer une élection dont plusieurs dirigeants israéliens ont voulu les exclure politiquement. Face à une mobilisation électorale historique, Benjamin Netanyahou a multiplié les messages alarmistes contre le vote arabe, tandis que les principaux partis d'opposition hésitent à s'allier avec ses représentants.

Les partis arabes deviennent incontournables malgré leur marginalisation

Avec plus de 85 % des bulletins dépouillés ce mercredi, le bloc de Benjamin Netanyahou obtiendrait 53 sièges contre 48 pour celui de Gadi Eisenkot, selon les projections rapportées par l'AFP. Les formations arabes pourraient en remporter 19, sur les 120 sièges de la Knesset. Aucun camp ne disposerait ainsi des 61 députés nécessaires pour gouverner.Les résultats définitifs restent attendus, mais la participation des "citoyens" palestiniens d'Israël, représentant environ 20 % de la population, apparaît comme l'un des événements majeurs du scrutin.

« Nous sommes ici, nous ne sommes pas sur la touche », a déclaré Mansour Abbas, dirigeant du parti Ra'am, qui avait déjà participé à une coalition gouvernementale entre 2021 et 2022. Pour Yousef Jabareen, dirigeant de la Liste commune, les partis majoritaires doivent désormais reconnaître leur poids politique. « Quiconque veut proposer une véritable alternative au gouvernement sanglant de Netanyahou devra nous parler », prévient-il.

Mais cette perspective se heurte aux refus répétés de l'opposition. Gadi Eisenkot privilégie une coalition de partis sionistes et exige de ses éventuels partenaires qu'ils reconnaissent Israël comme État juif et adhèrent à ses exigences sécuritaires. La situation révèle une contradiction profonde : les électeurs palestiniens disposent du droit de vote, mais leur légitimité à participer au pouvoir reste unanimement contestée.

« La droite ou la Palestine » : une campagne marquée par le racisme anti-arabe

Cette exclusion politique a été alimentée par une campagne particulièrement agressive de la droite israélienne. Le 27 octobre, Benjamin Netanyahou a publié plusieurs messages sur les réseaux sociaux alertant ses partisans sur l'affluence dans les bureaux de vote des localités arabes. « Si nous ne nous réveillons pas maintenant, nous nous retrouverons avec un gouvernement de Mansour Abbas et Ahmad Tibi », a-t-il averti.

Des véhicules arborant les drapeaux du Likoud ont également circulé dans Jérusalem en diffusant l'appel musulman à la prière pour alerter sur le vote des Arabes. Le slogan électoral « La droite ou la Palestine » résumait cette stratégie consistant à présenter la participation politique palestinienne comme un danger national. Cette hostilité dépasse les responsables politiques. Dans une tribune publiée par Haaretz, Ron Gerlitz dénonce une campagne de diabolisation des citoyens arabes, également ciblés dans leur vie professionnelle.

Une enquête d'ArabicPost, portant sur 10 867 publications et réactions sur X, relève également des appels à l'expulsion des Arabes, à la révocation de leur citoyenneté et à la suppression de leurs droits politiques. Le racisme électoral n'est donc pas seulement un instrument de mobilisation partisane. Il contribue à délégitimer la présence des arabes Palestiniens dans les institutions israéliennes.

Une possible percée électorale sans garantie d'influence

Cette progression parlementaire ne signifie cependant pas une transformation prochaine de la politique israélienne envers les Palestiniens des territoires occupés. Netanyahou et Eisenkot refusent tous deux la création d'un État palestinien indépendant. Ils défendent également le maintien du contrôle sécuritaire israélien et envisagent une reprise des opérations militaires à Gaza si le Hamas ne désarme pas. Leurs divergences concernent principalement les modalités de la colonisation.

Eisenkot s'oppose certes à l'annexion totale de la Cisjordanie mais il soutient néanmoins le maintien de colonies reconnues par les autorités israéliennes, mais illégales au regard du droit international. Les partis arabes réclament, eux, la fin des guerres, de l'expansion coloniale et des discriminations institutionnelles. Leur influence dépendra cependant des alliances qu'ils pourront obtenir. Un soutien extérieur à un gouvernement minoritaire pourrait leur donner un semblant de pouvoir de négociation sans leur permettre de déterminer la politique d'Israël.


#Benyamin Netanyahou#sionisme#Gaza#Cisjordanie#Colons israéliens#vote

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