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CNews, BFMTV, Europe1 : les grands médias face à la gronde populaire

CNews, BFMTV, Europe1 : les grands médias face à la gronde populaire

2026-10-28

Écrit par Rédaction

Depuis les mobilisations sociales du 17 octobre 2026 et l'attentat raciste de Trappes, plusieurs équipes de télévision ont été prises à partie dans les manifestations. BFMTV, CNews, Europe 1 et Franceinfo font parallèlement l'objet de critiques pour leur traitement des quartiers populaires, de l'immigration et de l'islamophobie. Une défiance qui gagne jusqu'aux rédactions de ces médias.

« Honte à vous, vous avez du sang sur les mains ! » Ce cri lancé contre des journalistes de BFMTV à Trappes illustre la rupture entre une partie de la population et les chaînes d'information. Propos racistes sur les plateaux, traitement caricaturale des mobilisations, complaisance envers l'extrême droite : la colère dépasse désormais les réseaux sociaux. Mais derrière les accusations, ce sont aussi les journalistes de terrain qui subissent les conséquences d'une crise de confiance profonde.

De Trappes à Lyon, les médias confrontés à la colère populaire

Samedi 24 octobre, au lendemain de l'attentat raciste de Trappes, une équipe de BFMTV est poursuivie par plusieurs personnes alors qu'elle couvre les réactions dans la ville. Selon Le Parisien, la reporter et sa caméraman doivent quitter les lieux sous protection. « Elles ont été prises pour des journalistes de CNews », confie une source interne. À Lyon, le 13 octobre, deux journalistes de BFMTV avaient déjà été pris à partie pendant une manifestation lycéenne.

Entre les 23 et 24 octobre, quatre équipes de BFMTV ont également subi des violences verbales à Paris et Marseille, selon les représentants syndicaux. Dans la capitale, le siège commun de CNews et Europe 1 avait été visé par des dégradations le 17 octobre. Les deux médias avaient dénoncé des actes d'intimidation. Ces incidents illustrent la gravité des tensions entre une partie du public mobilisé et les médias audiovisuels. Au sein de BFMTV, un journaliste résume ce malaise dans Le Parisien : « On prend pour tous les médias. »



. « Le racisme tue » : les journalistes dénoncent leurs propres antennes

La particularité de cette crise est que les critiques viennent également des journalistes eux-mêmes. Dans un communiqué du 25 octobre, les syndicats de RMC-BFM dénoncent la banalisation des discours d'extrême droite. « Le racisme décomplexé, qui a désormais place nette sur notre antenne, a des conséquences directes et irrémédiables sur notre société », écrivent-ils.

Ils citent notamment les déclarations d'Éric Ciotti évoquant une « intifada française » et celles d'Éric Zemmour parlant de « racaille arabo-musulmane », après les manifestations du 17 octobre. Les syndicats reprochent aux présentateurs de ne pas avoir suffisamment contredit ces discours. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, avait lui-même interpellé les chaînes d'information après l'attentat : « C'est aussi sur ces plateaux que se fabrique le discours idéologique qui permet à des personnes de planifier leur attentat. »

Europe 1 fait aussi l'objet d'une décision du régulateur. Le 26 octobre, l'Arcom a rendu publique une mise en demeure après des propos de Christine Kelly sur les migrants, jugés susceptibles d'inciter à la haine. Le service public n'échappe pas aux critiques. Le 27 octobre, le SNJ-CGT de Radio France s'étonne qu'aucune édition spéciale n'ait été déclenchée sur Franceinfo après l'attentat de Trappes. « Quel message cela envoie-t-il ? », demande le syndicat, qui dénonce un traitement susceptible de donner aux habitants des quartiers populaires le sentiment d'être des citoyens de seconde classe.

Seulement 29% des Français font confiance à l'information

Cette contestation s'inscrit dans une crise de confiance plus ancienne. Selon le Digital News Report 2026 du Reuters Institute, seuls 29 % des Français interrogés déclarent faire confiance aux informations en général. Le rapport souligne que BFMTV et CNews bénéficient d'une confiance nettement inférieure à celle des médias publics et de la presse locale.

Par ailleurs, 66 % des répondants français estiment que les propriétaires des médias influencent leur couverture de l'actualité, révélant une méfiance envers les intérêts économiques qui structurent l'information. Les organisations syndicales dénoncent également les choix éditoriaux de France Télévisions. Le 20 octobre, la CGT a critiqué un reportage du journal de France 2 consacré aux manifestations, accusé d'accorder une place excessive aux violences au détriment des revendications sociales.


#Journalisme#CNews#BFMTV#racisme#islamophobie

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