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Zinédine Gaid : Avec l'IA, il va nous falloir aimer le savoir, à nouveau

Zinédine Gaid : Avec l'IA, il va nous falloir aimer le savoir, à nouveau

2026-10-23

Écrit par Zinédine Gaid

Enseignant de Philosophie et de Sociologie des Sciences et des Techniques, Zinédine Gaid se saisit du problème redoutable de l'aliénation de l'IA. L'IA va-t-elle nous déposséder de tout notre savoir ? Oui, dit-il sans sourciller. Mais, ajoute-t-il, l'Homme pourrait surmonter cette redoutable adversité émergée de ses propres mains, en redécouvrant les vertus secrètes de l'amour de la connaissance. Une chronique à lire sur Mizane.info.

719 problèmes de mathématiques résolus en quelques heures par les intelligences artificielles d’Open AI. Un mathématicien, Hugo Duminil-Copin, une nuit, en larmes. Ces larmes, à eux les mathématiciens, je les craignais plus que tout. J’ai pleuré avec lui, avec eux. De plus en plus, l’angoisse monte autant que le désarroi, le déboussolement, la désorientation – quand bien même sur les plateaux de télévison, on continue de présenter les choses avec tendancielle légèreté, distance et humour, façon Don’t Look-up. Le choc, spectral pour certains, mais bien réel pour d’autres, dont on commence tout de même à ressentir violemment les premières secousses, est tel, qu’il empêche la seule réaction rationnelle et attendue face à l’ampleur de la catastrophe : la colère. Nous sommes frappés de stupeur, tantôt fascinés et tantôt effrayés, aussi enthousiasmés que terriblement tétanisés par ce qui advient.

Les mathématiciens vont-ils devenir obsolètes ? La réponse est oui. Les artistes vont-ils devenir obsolètes ? Oui. Les juristes, les marketeurs, les médecins, les écrivains, les traducteurs, les informaticiens, les élèves et les enseignants. Tous, nous allons inexorablement vers le devenir-obsolète de tout travail, de tout savoir. Qu’on attende seulement le développement de la robotique – Elon Musk ou Yann Le Cun s’en donnent à cœur joie – pour voir l’ensemble des autres savoir-faire, eux aussi, ramenés à leurs états de vanité des vanités.

Mais il y a encore des bonimenteurs – les technophiles de la première heure – pour nous balancer cette tarte à la crème de bêtise : ‘‘L’IA va certes remplacer certains emplois, mais elle va en créer d’autres.’’ La fameuse et bienheureuse « destruction créatrice » de Schumpeter. Le théorème de Shumpi consiste donc à dire : toute innovation produit nécessairement son lot de destruction mais aussi de création. C’est une loi de la nature techno-économique, dit-on : l’imprimerie, la machine à vapeur, l’informatique, toussa, toussa…

Alors, il va nous falloir être quelque peu sérieux à un moment donné. De la même façon que Clausewitz distingue le concept pur de la guerre, compris comme logique d’anéantissement, et la réalité effective de la guerre comme limitation de cette violence par le politique ; eh bien, de la même façon, si l’IA dans son concept pur, dans son Idée pure et pur Idéal, est censée imiter, reproduire, accomplir, et même, plus parfaitement encore que leurs piètres modèles, les facultés et activités « intellectuelles et créatives » pour reprendre Éric Sadin[1], des simples humains trop humains, alors, en toute rigueur logique : c’est bel et bien l’ensemble des activités intellectuelles que l’IA sera censée pouvoir produire, c’est bel et bien le tout de la praxis théorique que l’IA se donne pour charge de s’approprier sans reste. Et donc, de nous exproprier sans reste. C’est d’une tautologie confondante. L’IA est machine de prolétarisation de l’esprit (Stiegler), c’est-à-dire que le savoir du travailleur « est passé dans la machine de telle sorte que ce n’est plus lui qui s’individue en portant et pratiquant ses outils [manuels ou spirituels, N.D.A] : c’est la machine-outil qu’il sert, et qui est devenue, cette machine, l’individu technique »[2], comme la machine à vapeur aura été prolétarisation de la force et de l’intelligence physique, animale et humaine – tel est aussi le sens du fameux « Fragment sur les machines » de Marx dans ses Grundrisse –, dont la robotique fine finira de discréditer l’ensemble des subtilités encore non grammatisées – reste à savoir si l’IA peut effectivement reproduire l’ensemble des facultés créatives et intellectuelles de l’Homme, ce qu’André Gorz mettait déjà en doute, à raison selon nous.

En disant cela il ne s’agit nullement de tomber dans une sorte d’hystérie technophobe, mais d’être simplement rigoureux et conséquent avec le concept même d’IA. Qu’est-ce que l’imprimerie ? Une technique de production et de reproduction de l’écriture, à une époque où celle-ci était essentiellement manuelle. Dès lors, tombe fatalement sous son imperium le qalam et ceux qui en faisaient profession. Qu’est-ce que la machine à vapeur ? Une technique de mise en mouvement – on devrait déjà parler ici au vrai de technologie. Dès lors, tombe sous son imperium potentiel tout ce qui peut être mis en mouvement. Qu’est-ce que l’IA ? Une technique de reproduction des facultés intellectuelles et créatives. Dès lors, tombent sous son imperium potentiel toutes les facultés intellectuelles et créatives. Nulle « heuristique de la peur » ici au sens d’Hans Jonas, mais le simple déploiement du concept en son propre projet. La logique du pire est ici une pure logique du concept poussée jusqu’à ses pleines conséquences idéelles.

Donc, la question n’est pas de savoir si cela va arriver : cela va arriver, et cela arrive déjà. Car assurément, désormais, « Tout ce qui est techniquement réalisable sera réalisé » prophétisait Jacques Ellul, et ce en vertu du principe de raison mis en évidence par Parménide au VIème siècle av. J.C : « Pensée et être sont le même », cœur au fond de toute onto-logie – donc de la métaphysique occidentale[3] –, que Leibniz requalifiera de « principe de raison suffisante », et qui sera retraduit dans sa version moderne par Hegel sous la sentence célèbre : « Le réel est rationnel, le rationnel est réel », annonçant ainsi le règne de la Raison et, conséquemment, l’arraisonnement planétaire (Gestell) déferlant sur tout ce qui est (Heidegger).

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A ce titre, notons que les performances mathématiques de l’IA ne devraient pas nous étonner. Puisque les mathématiques se caractérisent, comme le notait Descartes, par la méthode et la certitude. Les Mathématiques, sont « beaucoup plus certaines que les autres disciplines ». Pourquoi ? : « (…) c’est qu’elles sont les seules à porter sur un objet si pur et si simple qu’elles n’ont à faire absolument aucune supposition que l’expérience puisse rendre douteuse et qu’elles sont tout entières composées de conséquences à déduire rationnellement. » (Regulae ad directionem ingenii). En d’autres termes, Descartes nous explique ici que la force épistémique des mathématiques réside précisément dans leur caractère a-expérientiel, a priori comme on dit – j’ose dire, non-vivant. Et c’est pour cette raison qu’il fonde l’entièreté du savoir sur la Mathesis universalis, comme avant lui Platon qui, par ses formes idéales (eidos), a reformulé le concept de vérité des présocratiques entendu comme aléthéia (dévoilement) vers celui d’orthotès, c’est-à-dire d’exactitude (Heidegger). L’IA procède de ce paradigme mathématique. La mathématique se caractérise par son peu d’ambiguïté, son univocité, sa clarté, sa déductibilité et implicativité logique et son universalité ; raison pour laquelle, par exemple, Leibniz encore, voulut inventer un nouveau langage (la characteristica universalis) sur des bases entièrement logico-mathématiques pour parer au caractère intrinsèquement interprétatif de toute langue humaine – source, selon lui, de tout dissensus. (Notons tout de même qu’il existerait une forme d’interprétation en mathématiques, ce que Jean-Michel Salanskis a appelé l’« herméneutique formelle », reste qu’elle semble tout de même sans commune mesure avec l’herméneutique du langage naturel. Parenthèse dans la parenthèse : l’avenir sera désormais, probablement, aux Humanités.)

Mais, la prolétarisation inéluctable du savoir a des conditions et des coordonnées particulières. Le ‘‘problème’’ du savoir moderne – au moins depuis la révolution industrielle – c’est que, sous la pression du Capital et de la raison d’État, ledit savoir a épousé, bon gré mal gré, les formes mêmes de la logique économique et stato-bureaucratique, autrement dit, pour reprendre Ellul à nouveau, le savoir s’est confondu avec une exigence principielle d’efficacité, de performance et d’applicabilité aux desiderata de l’industrie et/ou de l’État. Ce qui compte le plus dans le savoir, ce n’est pas son esthétique théorique, mais son effectivité pratique – et nous devons toujours préciser : économico-pratique, politique et militaire. D’ailleurs, la théorie pure elle-même quand elle existe n’a de sens réel que si et seulement si elle peut, enfin et précairement, trouver une application pratique, c’est-à-dire industrielle. Et tel est le champ et le règne de ce qu’on a appelé la techno-science. Une journaliste relate le récent et important investissement du mécène Bernard Arnault dans l’École polytechnique et son nouvel institut de mathématiques et de sciences fondamentales, elle explique qu’il s’agirait par cette opération de « transformer le raisonnement mathématique en application concrète » (ce qui a toujours été l’objectif de la recherche, même ‘‘fondamentale’’), puis de citer l’homme d’affaires et milliardaire français : « Les mathématiques et les sciences fondamentales peuvent façonner le monde en inventant demain ce que personne n’imagine aujourd’hui ». Un peu comme le problème de Navier-Stokes, par exemple…

Le propre de la science moderne, c’est qu’elle est performative, c’est-à-dire qu’elle crée les réalités dont elle parle, qu’elle décrit, mais aussi qu’elle produit ce qu’elle énonce, qu’elle co-construit le réel par ses découvertes et ses inventions techniques ; la science moderne ne se contente plus de décrire ce qui est, elle produit ce qui peut ou ce que l’on veut voir être. En cela, elle est effectivement techno-science. Avant la Révolution industrielle au XVIIIe siècle, la science était encore massivement « contemplative »,

« [elle] n’avait pas vocation à transformer le monde, mais à l’établir dans sa vérité, à le ‘‘décrire’’ comme ce qui est ; et, en l’occurrence, comme ce qui est stable, continuant imperturbablement le règne de la Création de Dieu : elle était en ce sens une ontologie. Et comme cette ontologie en appelait à ce que Kant nomme l’être suprêmement réel, c’est-à-dire, Dieu, c’était aussi et nécessairement une théologie. À partir du XIXe siècle, la science devient performative, C’est-à-dire qu’au lieu d’avoir pour rôle, comme jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, de décrire ce qui est comme toujours stable et identique à soi-même, c’est au contraire le devenir qui devient l’objet de la pensée, de l’investigation, de l’expérimentation, et de ce qui est désormais la transformation scientifique ; où la science est devenue une technoscience qui inscrit ses propositions dans un réel qu’elle ne décrit donc plus, parce qu’elle le modifie. Elle devient ainsi intrinsèquement et littéralement révolutionnaire. »[4]

Le savoir moderne n’a pas (plus) de valeur en tant que pure contemplation mais en tant que praxis – assurément rentable.

Or, c’est bel et bien cette contemplation qui, aujourd’hui, fait défaut et devrait être remise au goût du jour, celle-là même qui irriguait l’Antiquité et le Moyen-Âge comme théoria, soit littéralement : contemplation de l’Absolu, de l’Inconditionné, du théos. C’est pourquoi il va nous falloir re-aimer le savoir pour le savoir, et non pas pour ses usages et applications mondaines. Il va nous falloir (re)comprendre que l’acquisition du savoir est à elle-même sa propre fin, qu’il est autotélique, qu’il est une valeur et un bien en soi. Mais cela implique la ré-introduction de l’otium, c’est-à-dire le loisir studieux des Romains, tout aussi bien que la skholè des Grecs, c’est-à-dire ce temps libéré des contraintes et impératifs sociaux, de cette pression de l’urgence de résultats chiffrés et pratico-pratiques. Apprendre à prendre le temps de jouir du savoir pour lui-même.

Or, l’école et l’université sont précisément de ces « appareils idéologiques d’État » (Althusser) imprégnés jusqu’à la moelle des impératifs sociaux, c’est-à-dire : économiques et civico-politiques. Le savoir de l’école et de l’université n’est pas le savoir du loisir studieux et de l’apesanteur sociale, celui du jeu, mais celui de l’impératif de performance, de résultat, du bourrage de crâne, du stress, de l’angoisse, de l’accélération généralisée et de la menace de l’échec scolaire donc professionnel, c’est-à-dire social. L’élève travaille pour la note, pour le diplôme, pour pouvoir entrer sur le marché du travail – de plus en plus concurrentiel et cruel, avec des diplômes eux-mêmes devenus de plus en plus obsolètes –, pour assurer sa subsistance et sa reproduction matérielle – de plus en plus difficiles à assurer – ainsi que son existence sociale, tenant lieu final de toute consistance, de toute vie bonne, de toute justification d’exister – « J’ai un travail (bien rémunéré, de préférence), donc je suis ». Le savoir ici n’est jamais une fin en soi mais un pur moyen de vie et de survie matérielle.

C’est cette (non-)finalité du savoir que l’IA rend caduque, puisqu’elle prolétarise tendanciellement tout porteur-de-savoir prêt-à-l’emploi. La question se pose donc : l’effort d’acquisition du savoir, de la connaissance, sert-il encore à quelque chose, puisque le Capital via la tekhné peut désormais outrepasser et court-circuiter les médiums jusque-là ‘‘traditionnels’’ de la connaissance : l’école, l’université, les instituts de recherche et les humains porteurs de ces savoirs ?

Tant que le modèle ‘‘industriel’’ du savoir persistera, alors assurément la réponse sera pleinement positive. Contrairement à ce qu’énonce Giuliano da Empoli : il n’est pas vrai de dire que « les ‘‘fondateurs’’ de la tech nous ont imposé leur modèle de société », ce sont plutôt nos sociétés techno-capitalistes telles qu’elles sont depuis des lustres, qui ont rendu possibles ces mêmes fondateurs, leurs inventions et leurs projets, et qui confirment et affirment toujours davantage ce même modèle de société. Il faut donc rompre avec ce modèle si l’on veut mettre fin à cette inéluctable prolétarisation de tout savoir et de toute vie.

Quid du savoir ? Doit-on encore acquérir un quelconque savoir dès lors que celui-ci est désormais dans la machine, prêt à l’emploi, prêt à l’usage, immédiatement ? Si l’employabilité du savoir est l’objectif premier et dernier de son acquisition et de sa cultivation, alors, assurément, celui-ci devient vain pour les sujets-supposé-savoir que nous sommes et devrions être. Mais que nous disent les larmes de notre mathématicien ? Ces larmes disent deux choses : la prise de conscience de sa potentielle vanité ; mais aussi et surtout, elles disent la profonde tristesse corrélative de l’immense joie que provoquait en lui le savoir mathématique. Les mathématiques en elles-mêmes rendent – je n’ose écrire ‘‘rendaient’’… – Hugo Duminil-Copin heureux. Elles l’élèvent, elles l’individuent pour reprendre Simondon et Stiegler, parce qu’elles sont pour lui, objet de désir, donc objet d’amour, objet de soin, objet de grandeur :

« Quand je désire un objet, dit Stiegler, [quand je désire] un être, quand je le désire, pas quand je veux le consommer, quand je le désire, je pose que cet objet – que ce soit un objet d’amour humain, un homme ou une femme, un enfant, que ce soit un objet théorique comme le théorème du géomètre, que ce soit un objet comme cette sculpture d’art moderne –, à partir du moment où il devient l’objet de mon désir, il me dépasse. Il comporte quelque chose d’intrinsèquement plus grand que moi. Et comme j’essaie de le rejoindre, je suis obligé de m’agrandir moi-même, de m’élargir. Donc il m’élève. Ça c’est une tendance qui m’habite en tant qu’être humain. Tendance à l’élévation. »[5]

Savoir et joie sont liés selon Spinoza. La béatitude suprême, dit-il, c’est celle de la connaissance, la connaissance rationnelle de Dieu, c’est-à-dire, de l’Absolu. Contrairement aux dires de l’Ecclésiaste, Spinoza considère que quiconque accroît sa connaissance accroît par là même son bonheur. Mais, cette joie n’est pas seulement dans le plaisir intrinsèque du savoir, il est plus que tout dans cette découverte de l’absence de perfection en nous au moment même où l’effort de tendre vers elle s’accomplit. C’est autant le dévoilement de la perfection que le manque de cette perfection en nous qui nous procure cette joie immense et qui suscite encore et encore cette libido sciendi. C’est, dit Spinoza, « le passage de l’homme d’une moindre perfection à une plus grande » qui constitue la joie véritable. Passage, car, ajoute-t-il, « la joie n’est pas la perfection elle-même. Si en effet l’homme naissait avec la perfection à laquelle il passe, c’est sans affect de joie qu’il la posséderait ». Frédéric Worms de commenter : « Ainsi la joie n’est pas dans le plaisir positif lui-même, n’est pas dans la perfection. Elle est dans la découverte de la perfection à partir de son absence, à partir de son manque, à partir de la tristesse. La joie, c’est le passage du négatif au positif, c’est le passage de la souffrance à sa cessation et même à une satisfaction. Et donc la joie, c’est dans le passage, dans la différence, dans la résistance à son contraire qu’on la trouve. » Autrement dit, ce dont (veut) nous prive(r) l’IA, c’est précisément de cette joie qui ne peut advenir que par le manque même et l’effort de le combler en vue d’une plus grande perfection.

L’IA est – cela est un truisme – l’inverse d’une technologie conviviale au sens d’Ivan Illich. Elle est une technologie inhospitalière, antisociale, de contrôle, inhumaniste ; une technologie du désespoir, du chagrin, et de mort.

« Dis : ‘‘Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en œuvres ? Ceux dont l’effort, dans la vie présente, s’est égaré, alors qu’ils s’imaginent faire le Bien.’’ »

Zinedine Gaid

Notes :

[1] Éric Sadin, Le désert de nous-même, L’échappée, Paris, 2025

[2] Bernard Stiegler, Pour une nouvelle critique de l’économie politique, Galilée, Paris, 2009, p.53

[3] Voir Jean Vioulac, Penser la technique avec Marx et Heidegger, PUF, Paris, 2026

[4] Bernard Stiegler, Constituer l’Europe, 2. Le motif européen, Galilée, Paris, 2005, p.61

[5] Bernard Stiegler, « Éthique et dignité », https://www.fondationostadelahi.tv/interviews/bernard-stiegler-ethique-et-dignite/

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