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17 octobre 1961 : 61 maires réclament des excuses ou la démission de David Lisnard

17 octobre 1961 : 61 maires réclament des excuses ou la démission de David Lisnard

2026-10-22

Écrit par Rédaction

Les déclarations de David Lisnard sur le massacre du 17 octobre 1961 provoquent une vague d'indignation. Dans une lettre ouverte, publiée ce mercredi, le maire de Stains, Azzédine Taïbi, réclame des excuses publiques et, à défaut, la démission du président de l'Association des maires de France (AMF).

Les propos outrancier de David Lisnard, vivement condamnés par plusieurs élus, ont provoqué une mobilisation autour de la reconnaissance de ce crime d’État. Dans une lettre ouverte, soutenue par une soixantaine de maires, l'édile de Stains, Azzédine Taïbi, exige des excuses publiques et réclame sa démission de la présidence de l’Association des maires de France.

« J'en ai rien à foutre » : les propos outranciers de David Lisnard

La polémique est née lundi 19 octobre, sur le plateau de LCI. Interrogé par une étudiante sur la répression sanglante des manifestations algériennes du 17 octobre 1961, David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France, a répondu : « Non mais je m'en fous madame, j'en ai rien à foutre, j'en ai rien à cirer, j'étais pas né, depuis il y a eu l'indépendance de l'Algérie. »

Le candidat à l'élection présidentielle de 2027 a poursuivi : « J'ai des potes algériens, heureusement mes potes d'origine algérienne ils ont bien compris qu'on était passé à autre chose. » Il a ensuite reconnu que les événements étaient « très graves » et « dramatiques », avant d'affirmer qu'ils ne constituaient pas son problème aujourd'hui. Ces déclarations ont provoqué de nombreuses réactions, notamment parmi les élus engagés dans la reconnaissance du massacre.

Dans une lettre ouverte datée du 20 octobre, Azzédine Taïbi, maire de Stains, dénonce des paroles « indignes d'un maire de la République ». Il interpelle directement son homologue : « Monsieur Lisnard, la mémoire des victimes du 17 octobre 1961 mérite le respect, pas votre mépris ! » L'élu de Seine-Saint-Denis conteste notamment l'argument selon lequel David Lisnard ne serait pas concerné par des événements antérieurs à sa naissance. Il lui demande s'il tiendrait des propos comparables à propos de la rafle du Vélodrome d'Hiver de juillet 1942.

61 maires réclament la reconnaissance d'un crime d'Etat

Cette controverse intervient dans un contexte de mobilisation mémorielle. À l'initiative d'Azzédine Taïbi, 61 maires issus de différentes sensibilités politiques ont signé un appel demandant à l'État français de reconnaître pleinement sa responsabilité dans les massacres du 17 octobre 1961. Les signataires réclament notamment l'inscription de cette date au calendrier des commémorations nationales, la poursuite de l'ouverture des archives et une meilleure reconnaissance des victimes et de leurs familles.

Le 17 octobre 1961, des milliers d'Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire imposé par les autorités françaises. Sous l'autorité du préfet de police Maurice Papon, la répression fit de nombreuses victimes. Des manifestants furent tués, certains jetés dans la Seine, tandis que des milliers d'autres furent arrêtés.

Soixante-cinq ans après les faits, leur reconnaissance demeure un enjeu mémoriel et politique. Si plusieurs initiatives officielles ont condamné cette répression, les signataires de l'appel estiment que la République doit encore aller plus loin. « On ne construit pas la réconciliation sur le déni, pas davantage que l'on ne construit la fraternité sur le mépris », écrit Azzédine Taïbi.

David Lisnard sommé de s'excuser : sa présidence de l'AMF contestée

Au-delà de la polémique mémorielle, les déclarations de David Lisnard suscitent des interrogations sur son rôle à la tête de l'Association des maires de France. Azzédine Taïbi demande au maire de Cannes de retirer ses propos, de présenter publiquement ses excuses aux familles des victimes et de réaffirmer son attachement au devoir de mémoire. D'autres responsables de l'association ont également exprimé leur désapprobation.

Dans un courrier révélé par Le Monde, André Laignel, premier vice-président de l'AMF, et Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse, qualifient les déclarations de David Lisnard d'« inacceptables ». Ils lui demandent de corriger publiquement ses propos et de distinguer plus clairement ses prises de position personnelles de ses responsabilités institutionnelles. Les deux élus ne remettent toutefois pas en cause, à ce stade, l'accord de gouvernance conclu avec lui au sein de l'association.

De son côté, David Lisnard conteste les accusations de mépris. Il affirme avoir voulu dénoncer l'utilisation d'un drame historique pour justifier les violences contemporaines. Pour Azzédine Taïbi, cet argument ne dispense cependant pas un responsable public de respecter la mémoire des victimes. Dans sa lettre, il rappelle qu'un élu de la République ne peut se soustraire à son devoir historique au seul motif qu'il n'a pas personnellement vécu les événements.

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