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Armement d’Israël : la mobilisation s’intensifie contre les entreprises françaises

Armement d’Israël : la mobilisation s’intensifie contre les entreprises françaises

2026-10-28

Écrit par Rédaction

Depuis le début du mois d’octobre, des dizaines d’actions ont été organisées en France contre les entreprises accusées de participer à l’approvisionnement militaire d’Israël. Safran, MBDA, Thales et STMicroelectronics figurent parmi les groupes visés. À l’appel de 56 organisations, militants, associations et syndicats réclament l’arrêt des transferts d’armement français.

« Le génocide se fabrique près de chez nous. » Derrière ce mot d’ordre, les organisations pro-palestiniennes entendent dénoncer les responsabilités françaises dans les opérations militaires israéliennes. Blocages d’usines, tractages auprès des salariés et manifestations, se multiplient dans le pays. Les collectifs contestent les justifications gouvernementales concernant les exportations militaires et réclament la fin des coopérations avec Israël.

De Safran à MBDA, les actions se multiplient dans toute la France

Mardi 27 octobre, une vingtaine de militants du collectif Stop Arming Israel France ont bloqué à l’aube un site du groupe Safran, dans l’Essonne. Selon L’Humanité, les participants dénonçaient la poursuite des relations commerciales et industrielles françaises avec l’armée israélienne malgré les crimes documentés à Gaza. Le même jour, à Bourges, le Collectif du Cher pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens organisait des rassemblements devant les établissements de KNDS et de MBDA. Les militants ont distribué des tracts appelant à mettre fin aux transferts de matériel militaire vers Israël.

Ces initiatives s’inscrivent dans une campagne nationale lancée le 1er octobre par l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), BDS France, Stop Arming Israel France et Urgence Palestine, avec le soutien de 56 organisations. À mi-parcours, les organisateurs revendiquaient déjà plus de 30 actions sur le territoire. Des rassemblements ont notamment eu lieu à Toulouse, Montpellier, Dijon, Nantes et Blois. D’autres opérations ont visé les sites de Thales à Lille et Vendôme, de Safran à Créteil et Corbeil, de STMicroelectronics à Montrouge et Rousset, ainsi qu’Exail à Montpellier.

« Dénoncer, bloquer, désarmer les complices » : ce mot d’ordre résume une stratégie visant à interpeller directement les industriels et à sensibiliser leurs salariés. Dans leur appel national, les organisations déclarenet : « Le génocide se fabrique près de chez nous. »

Plus de 525 livraisons militaires exportées depuis octobre 2023

Au cœur de cette mobilisation figure la question des exportations françaises d’armement vers Israël. Selon un rapport publié en avril par le Palestinian Youth Movement et Urgence Palestine, l’État français aurait autorisé plus de 525 livraisons de matériel militaire depuis octobre 2023. Les organisations évoquent des composants pour munitions, drones de combat, véhicules blindés et équipements de vision nocturne. Elles affirment avoir identifié plus de 75 entreprises entretenant des relations industrielles liées à l’armement israélien.

Dans une réponse publiée au Sénat en mai 2026, le ministère des Armées assure que « la France ne livre pas d’armes à Israël », tout en reconnaissant l’autorisation ponctuelle d’exportations de composants destinés à des systèmes défensifs ou à une réexportation vers des pays tiers. Les collectifs rejettent cette distinction et réclament l’arrêt de tous les transferts.

Ils mettent notamment en avant l’intervention syndicale ayant conduit, selon l’AFPS, à l’annulation du chargement de matériel de Mijno Precision destiné à Elbit Systems Land sur un vol Air France du 8 octobre. « Ensemble, nous avons le pouvoir de faire cesser toute coopération militaire et tout commerce d’armement entre la France et Israël ! », affirment les 56 organisations.

Un appel à poursuivre la mobilisation et à sanctionner la colonisation

La campagne entend se poursuivre au-delà du mois d’octobre, jusqu’à l’arrêt des exportations militaires et des collaborations technologiques. Les organisations appellent les citoyens, syndicats et associations à multiplier les initiatives locales, les interpellations d’entreprises et les mobilisations auprès des parlementaires. Une autre échéance se profile désormais à l’Assemblée nationale.

Le 27 octobre, le CCFD-Terre Solidaire, l’AFPS, Oxfam France et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine ont appelé les députés à soutenir une proposition de loi interdisant le commerce avec les colonies israéliennes. Cosigné par 108 députés de huit groupes parlementaires, le texte doit être présenté le 19 novembre. Pour Alexis Gérard-Petit, du CCFD-Terre Solidaire, il y a « urgence à stopper le soutien financier » apporté à la colonisation par les relations commerciales.

Cette initiative, distincte de l’embargo sur les armes, vise les biens, services, investissements et publicités liés aux colonies israéliennes. Les associations réclament ainsi une rupture plus générale avec les activités économiques contribuant à l’occupation des territoires palestiniens.

#Vente d'armes#Israël#France#Urgence Palestine#Génocide#Gaza

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