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Yémen : 1,6 million d'enfants menacés par une crise de l'eau

Yémen : 1,6 million d'enfants menacés par une crise de l'eau

2026-10-21

Écrit par Rédaction

L’intensification des combats au Yémen menace l’approvisionnement en eau de 3 millions de personnes dans la région de Taëz, dont 1,6 million d’enfants, a alerté l’UNICEF mardi 20 octobre. Les pénuries de carburant, le blocage des routes et l’afflux de déplacés aggravent une situation humanitaire déjà catastrophique.

Comment les habitants de Taëz peuvent-ils survivre alors que l’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins devient chaque jour plus difficile ? Entre affrontements militaires, déplacements massifs de populations, explosion des prix, malnutrition infantile et risques épidémiques, les Nations unies alertent sur une crise humanitaire qui menace particulièrement les enfants, dans un pays ravagé par plus d’une décennie de guerre.

A Taëz, chercher de l'eau devient une épreuve quotidienne

La situation humanitaire se dégrade rapidement à Taëz, dans le sud-ouest du Yémen. Lors d’une conférence de presse à Genève, ce mardi, Akhil Iyer, représentant de l’UNICEF au Yémen, a alerté sur les conséquences de l’intensification des affrontements pour les populations civiles. « À Taëz, au Yémen, l’intensification des combats et les pénuries de carburant menacent le fonctionnement des systèmes d’approvisionnement en eau de l’UNICEF, qui desservent environ 3 millions de personnes, dont au moins 1,6 million d’enfants », a-t-il déclaré.

Depuis septembre, les affrontements entre les houthis et les forces gouvernementales perturbent les voies de communication et l’acheminement des produits essentiels. Environ 120 000 personnes ont été déplacées vers le gouvernorat de Taëz, selon l’UNICEF. Nombre de ces familles ont déjà dû abandonner leur domicile à plusieurs reprises et trouvent refuge dans des communautés où les ressources disponibles ne suffisent plus.

Les combats perturbent notamment le corridor reliant Taëz à Aden, par lequel transitent habituellement carburants et fournitures humanitaires. Or, le fonctionnement des stations de pompage dépend largement du diesel. Selon l’UNICEF, le prix de l’eau transportée par camion a triplé depuis la dernière escalade militaire. Le coordinateur humanitaire des Nations unies au Yémen, Laurent Bukera, a également confirmé que la production d’eau dans la ville avait été réduite de moitié.

Malnutrition et choléra : les enfants particulièrement exposés

À cette crise s’ajoute une aggravation de l’insécurité alimentaire. Le Programme alimentaire mondial prévient que les stocks de farine de blé sont presque épuisés dans les secteurs de Taëz affectés par les combats. Les chiffres de la malnutrition infantile sont particulièrement alarmants. Depuis le début de l’année 2026, l’UNICEF a examiné plus de 168 000 enfants dans le gouvernorat. Parmi eux, plus de 52 000 présentaient une malnutrition aiguë, soit près d’un tiers des enfants dépistés.

La raréfaction de l’eau potable augmente également les risques sanitaires. La consommation d’eau contaminée et l’insuffisance des installations d’assainissement favorisent la propagation du choléra et des maladies diarrhéiques, particulièrement dangereuses pour les enfants malnutris. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le nombre hebdomadaire de cas suspects de choléra recensés au Yémen est passé de 221 début septembre à 673 début octobre.

Les pénuries de carburant menacent également l’alimentation électrique des établissements hospitaliers et les réserves d’oxygène médical, mettant en danger plusieurs centaines de patients.

L'ONU réclame un accès humanitaire sans entrave

Face à l’urgence, les agences des Nations unies tentent de maintenir les infrastructures essentielles. L’UNICEF fournit notamment du carburant pour assurer le fonctionnement des installations de pompage desservant environ 3 millions d’habitants. L’organisation apporte également une assistance d’urgence en eau et assainissement à plus de 300 000 personnes. Près de 8 000 cartons d’aliments thérapeutiques ont été prépositionnés pour soigner les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère.

Ces interventions demeurent néanmoins tributaires de l’accès aux territoires touchés. Les routes coupées, l’insécurité et les restrictions imposées aux convois compliquent considérablement les opérations de secours. Le 20 octobre, Laurent Bukera a appelé les autorités houthies à permettre le passage sécurisé des marchandises, médicaments, produits alimentaires et aides humanitaires destinés à Taëz.

Les organisations humanitaires redoutent qu’une prolongation des affrontements ne provoque une dégradation supplémentaire des conditions de vie dans cette région stratégique, disputée depuis des années entre les Houthis et les forces gouvernementales.

#Enfants#Yémen#Houthis#ONU#Aide alimentaire

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