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Attentat raciste de Trappes : « Nous savions que les mots de la haine finiraient par tuer »

Attentat raciste de Trappes : « Nous savions que les mots de la haine finiraient par tuer »

2026-10-27

Écrit par Rédaction

Plus d'une centaine d'artistes, sportifs et intellectuels français ont signé, ce mardi, une tribune publiée dans Politis après l'attentat raciste de Trappes et de La Verrière. Parmi eux, Omar Sy, Camille Cottin, Kery James, Lilian Thuram et Abd Al Malik dénoncent la banalisation du racisme et mettent en cause la responsabilité des médias et du monde politique dans la montée de la haine.

Les discours de haine ont fini par tuer. Quatre jours après l'assassinat de Pengo Bossio Wangi, 26 ans, une mobilisation du monde culturel français interpelle les pouvoirs publics. Pour les signataires, l'attentat du 23 octobre n'est pas un événement isolé, mais l'aboutissement d'un climat de stigmatisation visant les populations noires, arabes et musulmanes. Ils dénoncent également les différences de traitement entre les victimes du racisme et réclament une réaction nationale.

« Il n'a pas fallu plus de 6 jours »

La mort de Pengo Bossio Wangi suscite une prise de parole collective particulièrement sévère. Dans leur tribune publiée par Politis, les signataires établissent un lien entre la multiplication des discours racistes et l'attentat commis le 23 octobre à Trappes et à La Verrière, qui a également fait cinq blessés, dont une enfant de 12 ans. Les auteurs affirment que le passage des violences verbales aux violences physiques était prévisible.

Ils évoquent notamment les polémiques médiatiques ayant suivi les mobilisations du 17 octobre, durant lesquelles les jeunes des quartiers populaires auraient été systématiquement présentés comme responsables des violences et des pillages. Les signataires dénoncent ainsi un harcèlement collectif sans fondement, encouragé par l'absence de réaction suffisamment ferme des autorités.

Six jours après les premières mobilisations, Pengo Bossio Wangi était tué à proximité de mosquées, un vendredi, jour de prière musulmane. Les auteurs considèrent que les victimes ont été ciblées en raison de leur origine ou de leur religion réelle ou supposée. Parmi les signataires figurent Omar Sy, Ramzy Bedia, Camille Cottin, Marina Foïs, Aïssa Maïga, Gilles Lellouche, Kery James, Abd Al Malik, Fianso, Gazo, La Fouine, ainsi que Lilian Thuram, Christian Karembeu et Marie-José Pérec.

« L'extrême droite en majesté » : les médias accusés

Au cœur de cette tribune figure une dénonciation de la responsabilité politique et médiatique dans la banalisation des discours racistes. Les signataires estiment que les plateaux de télévision et certains responsables politiques ont largement contribué à diffuser des représentations hostiles aux populations issues de l'immigration. Ils dénoncent particulièrement la désignation répétée des habitants des quartiers populaires comme responsables des troubles sociaux.

Le texte met directement en accusation l'extrême droite et son idéologie, décrite comme profondément raciste, islamophobe, négrophobe et antisémite. Mais les auteurs ne limitent pas leur critique aux mouvements politiques. Ils reprochent également aux médias d'accorder une visibilité croissante à ces discours sans mesurer leurs conséquences concrètes sur les personnes visées.

Cette banalisation favorise, pour les auteurs, une déshumanisation progressive des minorités, contraintes de justifier continuellement leur appartenance à la communauté nationale. Les personnalités mobilisées dénoncent ainsi une société dans laquelle les citoyens noirs, arabes ou musulmans peuvent devenir des cibles désignées.

« Nous refusons d'être des cibles »

Pour les signataires, l'attentat de Trappes s'inscrit dans une succession de violences racistes et islamophobes ayant marqué la France depuis 2025. Ils rappellent notamment l'assassinat d'Aboubakar Cissé dans une mosquée de La Grand-Combe, celui de Hichem Miraoui à Puget-sur-Argens et la mort d'Ismaël Aali, retrouvé sans vie dans le Rhône en janvier 2026. Ils évoquent également les tirs contre un groupe d'enfants à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire, qui avaient blessé un garçon de 10 ans.

À travers ces affaires, les auteurs dénoncent l'insuffisance des réactions institutionnelles. La tribune établit également une comparaison avec l'hommage parlementaire rendu à Quentin Deranque, militant d'extrême droite mort en février 2026 à Lyon. Concernant Aboubakar Cissé, une minute de silence avait finalement été observée à l'Assemblée nationale après un refus initial.

Les signataires réclament désormais un hommage parlementaire à Pengo Bossio Wangi et appellent à soutenir les familles des victimes ainsi que les collectifs antiracistes.

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