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Malgré l'attentat raciste de Trappes, l'extrême droite maintient son agenda idéologique

Malgré l'attentat raciste de Trappes, l'extrême droite maintient son agenda idéologique

2026-10-29

Écrit par Rédaction

Six jours après l'attentat terroriste raciste de Trappes, plusieurs mouvements d'extrême droite préparaient trois événements consacrés à la « remigration », du 30 octobre au 1er novembre 2026. Ce jeudi, les autorités ont interdit deux rassemblements, tandis que le parquet de Paris enquête sur des appels au meurtre de musulmans diffusés sur X.

Un mort à Trappes, des menaces terroristes sur les réseaux sociaux et des colloques pour promouvoir la déportation des immigrés. Malgré le choc provoqué par l'attentat raciste du 23 octobre, les mouvements identitaires poursuivent leur offensive idéologique. En parallèle, la justice enquête sur de violents appels à la haine antimusulmane sur X.

La « remigration » au programme de trois événements d'extrême droite

Moins d'une semaine après l'attentat raciste de Trappes et de La Verrière, plusieurs organisations d'extrême droite préparaient trois rendez-vous politiques en région parisienne, consacrés à la « remigration ». Vendredi 30 octobre, le militant identitaire autrichien Martin Sellner doit présenter son ouvrage Rémigration lors d'une séance de dédicaces dans une librairie du 7e arrondissement de Paris.

Samedi 31 octobre, Polémia, organisation dirigée par Jean-Yves Le Gallou, ancien cadre du Front national, devait organiser un colloque intitulé « France remigration, ouvrons le débat », à la Maison des Arts du Plessis-Robinson. Parmi les intervenants annoncés figuraient Éric Zemmour, Renaud Camus, Alice Cordier ainsi que des représentants de l'AfD allemande et du Vlaams Belang belge. Enfin, dimanche 1er novembre, le collectif Objectif Remigration prévoyait une manifestation dans la capitale, avec la participation annoncée de militants issus de la mouvance identitaire.

Derrière le terme de « remigration », ces mouvements défendent un projet de départ massif des populations issues de l'immigration, pouvant également viser, dans ses conceptions les plus radicales, des citoyens français en raison de leurs origines. Ces événements interviennent alors que l'auteur présumé de l'attentat de Trappes avait reconnu avoir délibérément ciblé des personnes « de type musulman, africain ou nord-africain ».

Deux rassemblements interdits après une mobilisation antifasciste

Face à cette succession d'événements, plusieurs élus et organisations ont réclamé une intervention des pouvoirs publics. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, avait saisi le préfet de police pour demander l'examen des possibilités d'interdiction. « L'extrême droite ne doit pas avoir à Paris un terrain pour développer son projet raciste », avait-il dénoncé. La députée écologiste Sabrina Sebaihi, plusieurs parlementaires insoumis et le sénateur communiste Pierre Ouzoulias avaient également demandé l'interdiction du colloque du Plessis-Robinson.

Les organisations syndicales CGT, CFDT, FO, FSU et Solidaires des Hauts-de-Seine ont dénoncé la tenue d'un événement identitaire dans un équipement culturel. Plusieurs associations antifascistes ont parallèlement appelé à des contre-rassemblements. Ce jeudi, ces mobilisations ont débouché sur deux interdictions officielles. À la demande du ministre de l'Intérieur, le préfet des Hauts-de-Seine a interdit le colloque du Plessis-Robinson, tandis que le préfet de police de Paris a interdit la manifestation prévue dimanche.

Ces décisions ont été prises « au regard des risques de troubles à l'ordre public notamment à la suite de l'attentat de Trappes », précise la préfecture des Hauts-de-Seine. « Nos lieux de culture sont faits pour rassembler, pas pour diviser. L'extrême droite n'y a pas sa place », s'est félicitée Sabrina Sebaihi sur X. Polémia conteste toutefois cette interdiction et a engagé un référé-liberté.

Sur X, des appels à tuer des musulmans visés par la justice

Parallèlement, une autre affaire illustre la violence des discours islamophobes circulant sur les réseaux sociaux. Mardi 27 octobre, le parquet de Paris a confirmé l'ouverture d'une enquête concernant un salon audio, appelé Space, diffusé sur X, dans lequel plusieurs participants ont proféré des menaces explicites contre les musulmans. Certains appelaient à « reconquérir le territoire » et à mettre fin à l'« islamisation » des quartiers français. D'autres évoquaient l'« empoisonnement », le « mitraillage » et le « sulfatage ».

« Il va falloir tuer beaucoup de monde », déclarait notamment un intervenant. Le député insoumis Thomas Portes avait alors annoncé saisir la procureure de Paris, dénonçant des « appels aux meurtres » et une « incitation à la haine raciale ». La brigade criminelle est chargée des investigations, notamment pour provocation publique à la haine ou à la violence et provocation directe à un acte de terrorisme.

Six jours après un attentat raciste meurtrier, la succession des évènements d'extrême droite interroge néanmoins la banalisation des discours présentant les musulmans et les populations issues de l'immigration comme des ennemis intérieurs.

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