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Cisjordanie : la récolte des olives vire au cauchemar pour les Palestiniens

Cisjordanie : la récolte des olives vire au cauchemar pour les Palestiniens

2026-10-22

Écrit par Rédaction

La récolte des olives tourne au cauchemar pour les agriculteurs palestiniens de Cisjordanie occupée. Selon un rapport de l'ONU publié le 19 octobre, 199 attaques de colons israéliens ont été recensées entre le 1er septembre et le 12 octobre. Une campagne de violences qui menace les moyens de subsistance de dizaines de milliers de famille.

Attaques physiques, vols de récoltes, destructions d'arbres et restrictions militaires privent progressivement les Palestiniens de l'accès à leurs terres. Alors que l'ONU documente une intensification des violences, des militants israéliens et américains tentent de protéger les agriculteurs, au risque d'être eux-mêmes interpellés par les forces israéliennes.

Près de 200 attaques contre les récoltes palestiniennes

Dans les collines de Cisjordanie, la saison des olives se déroule cette année sous la menace des violences de colons israéliens. Selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 199 attaques liées aux récoltes ont été documentées entre le 1er septembre et le 12 octobre 2026, dont 166 durant les deux dernières semaines de cette période. Elles ont provoqué la mort d'un Palestinien, blessé 124 personnes et endommagé plus de 2 500 arbres et jeunes plants.

Le 7 octobre, un Palestinien de 44 ans a notamment été tué lors d'une attaque de colons contre des récoltants près de Burqa, dans la région de Naplouse. Les violences ne se limitent toutefois pas aux agressions physiques. Dans une enquête publiée jeudi 22 octobre, Reuters rapporte des vols de récoltes organisés jusque dans les pressoirs des avant-postes de colons.Ahmed Salem, agriculteur palestinien vivant près de Lubban al-Gharbi, raconte avoir assisté, impuissant, au pillage de ses oliviers.

Le phénomène touche également les familles qui tentent simplement de poursuivre leur travail. À Turmus Ayya, Amal Abu Awad, une Palestinienne de 62 ans, a dû interrompre à plusieurs reprises sa récolte le 19 octobre, après des avertissements concernant l'approche de colons. Pour ces agriculteurs, chaque journée dans les oliveraies peut désormais se transformer en confrontation.

Une offensive contre les terres et les ressources palestiniennes

Au-delà des violences, les attaques menacent directement l'économie rurale palestinienne. Selon l'OCHA, la récolte des olives constitue une ressource essentielle pour 80 000 à 100 000 familles de Cisjordanie. La production d'huile pourrait atteindre environ 21 000 tonnes en 2026, contre 7 000 tonnes en 2025, à condition que les agriculteurs puissent accéder à leurs parcelles. Or cet accès devient de plus en plus difficile.

Les restrictions imposées par l'armée israélienne concernent désormais environ 88 kilomètres carrés de terres agricoles nécessitant une coordination préalable. Dans plusieurs villages, les agriculteurs dénoncent des situations où des colons pénètrent sur leurs terres tandis que les forces israéliennes empêchent les propriétaires de s'en approcher. Ces pratiques alimentent les accusations d'une stratégie de dépossession progressive.

En empêchant les habitants de cultiver leurs terres, les violences et les restrictions menacent leur autonomie économique et renforcent les risques de déplacement. L'olivier occupe également une place particulière dans la société palestinienne. Cultivé depuis des générations, il représente un patrimoine familial, une activité économique et un symbole d'attachement à la terre.

Des militants juifs solidaires des agriculteurs, arrêtés par Israël

Face à ces attaques, des organisations israéliennes et internationales mobilisent des volontaires pour accompagner les agriculteurs pendant les récoltes. Leur présence vise à dissuader les agressions et à documenter les violences. Parmi eux figure Brad Lander, candidat démocrate à la Chambre des représentants des États-Unis, venu en Cisjordanie aux côtés de militants juifs israéliens et américains.

Le 21 octobre, alors qu'il participait à une récolte près de Bethléem, l'homme politique a été interpellé par les forces israéliennes, en même temps que plusieurs dizaines de volontaires, dont des rabbins américains. Il a été libéré quelques heures plus tard. Dans un entretien accordé au Monde, Brad Lander explique que son engagement répond à la volonté de dénoncer les violences commises contre les Palestiniens au nom des Juifs.

L'organisation israélienne Rabbis for Human Rights dénonce également les restrictions imposées aux récoltants.Mais ces initiatives demeurent insuffisantes face à l'ampleur des attaques.

#Colons israéliens#Cisjordanie#agriculture

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