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03/12/2022
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Le paradoxe du libéralisme : le cas des LGBT

La polémique autour du refus du joueur du PSG Gana Gueye de porter le maillot LGBT est le symptôme particulier d’une incohérence plus globale du système libéral. Dans sa chronique publiée sur Mizane.info, Melchisédech al Mahi pointe les contradictions inhérentes à l’individualisme de la modernité.  

Le débat autour du joueur de foot qui refuse de porter le maillot LGBT est symptomatique des contradictions du système libéral. Ce système place l’individualisme comme valeur au-dessus de tout autre valeur. C’est-à-dire qu’un système holiste qui subordonne le choix individuel à un ordre naturel ou métaphysique sera systématiquement perçu comme étant discriminatoire ou « arriéré ».

Un individu ne peut donc s’opposer à l’expression d’une certaine altérité identitaire que si cette altérité s’oppose à l’expression de sa propre identité, qui dans tous les cas, pour être légitime, doit être le fruit d’un choix individuel.

Le choc des individualismes

C’est pourquoi par exemple le débat sur le voile tourne toujours sur le choix des individus qui le portent en proscrivant l’idée que cela puisse légitimement être l’expression d’un système culturel qui par définition s’impose par le haut à l’individu.

Ce système qui s’aveugle sur la réalité de son holisme, puisqu’il se fonde sur sa négation, débouche sur la juridicisation de la société où tout litige doit se régler devant les tribunaux, qui finissent finalement et paradoxalement par ne trancher qu’en fonction de critères subjectifs.

En rêvant une objectivité du droit, réputée n’être fondée sur aucune valeur particulière, c’est la subjectivité dominante qui l’emporte à chaque fois.

Ici dans l’affaire du joueur de foot nous avons l’identité religieuse de l’un qui peut heurter l’identité sexuelle de l’autre et vice versa, si tant est que l’on puisse mettre sur le même plan ces deux types d’identité qui ne peuvent l’être précisément que dans un système libéral.

Ce système génère forcément la guerre de tous contre tous, il est autodestructeur car l’individualisme comme valeur devient une valeur sociale dominante voire écrasante et donc collective qui s’impose par le haut, c’est pourrait-on dire une valeur sociale anti-sociale puisque son objet est d’être précisément ce qu’elle entend dénoncer.

LGBT : le vrai visage du totalitarisme libéral

Le joueur de foot est stigmatisé pour ne pas avoir prôné l’holisme de la « société mondiale contemporaine ».

Au nom des libertés individuelles, en l’occurrence celle de choisir non seulement son orientation sexuelle (LGBT) mais aussi son genre, (voire demain son espèce ?) on l’empêche d’afficher son choix d’appartenir à un autre système de valeur et cela non pas en affichant effectivement ce système de valeur mais simplement en refusant d’afficher celui auquel il n’adhère pas mais qui devrait s’imposer à lui « naturellement ».

On dénonce le prétendu diktat des sociétés traditionnelles, alors que l’on impose l’individualisme comme valeur avec beaucoup plus de brutalité et de technique qu’aucune société traditionnelle n’avait pu le faire avec sa religion et sa métaphysique.

A travers la défense de la « cause LGBT » il ne s’agit pas de combattre la haine de l’homosexualité. Seul un sentimentalisme exacerbé pourrait faire croire à la réalité d’un tel spectacle, idem pour le féminisme ou le racisme.

Il s’agit en fait de combattre tout autre système qui ne soit pas issue du paradigme et de la logique suicidaire de la modernité que l’on imagine à tort comme universel.

C’est l’individualisme comme valeur qui est défendu avec virulence dans toutes les causes même communautaires des uns et des autres.

La négation de la réalité métaphysique

Les identités collectives plus précisément celles héritées d’une culture au sens de tradition, sont réprimés au nom du choix de chacun. Mais paradoxalement lorsque le choix de chacun devient politique, il devient au même moment une idée, une idéologie, un sens commun qui disparait à la vue de ceux qui le prônent.

C’est un système collectif qui finalement s’impose à tous et dont, par son caractère paradoxal, on a bien du mal à dénoncer le mal qu’il engendre.

Au nom de ce sacro-saint choix individuel, on en vient à nier non seulement la réalité métaphysique réputée non objective depuis longtemps mais aussi la réalité biologique, comme on peut le voir dans le « transgenrisme » et le transhumanisme.

L’islam par exemple comme du reste toute religion ne peut se fondre dans un tel système si ce n’est en en sortant ceux qui en sont prisonniers, car il est fondé sur un paradigme « fondationnaliste ».

Si la liberté de l’individu n’est certes pas niée, elle reste subordonnée à une métaphysique qui ne se discute pas, la métaphysique engendre la tradition ou comme on peut le dire aujourd’hui la culture. Cette dernière circonscrit les comportements et les choix individuels.

La révolution anthropologique du libéralisme

La modernité après avoir guerroyée contre la tradition avait remplacé cet objectivisme cosmique par l’objectivisme de la raison. La postmodernité luttant contre le rationalisme a pour sa part fait de la subjectivité, ou comme le disent les religions de la « passion », le seul critère de vertu possible. Il ne doit rien avoir de réel en dehors de l’empire du « bien ».

On nie la réalité car elle ne correspond pas à l’idée qu’on peut s’en faire après évidemment un lavage de cerveau en bonne et due forme, omniprésent, du berceau à la tombe.

L’arraisonnement qu’impose la société globalisée issue de la révolution moderne, qui n’est occidentale que par son origine, s’il est par certain coté plus soft, n’a jamais été aussi coercitif, davantage que dans tout autre système parce que global, permanent et omniprésent.

C’est une révolution anthropologique qu’il met en œuvre.

Si l’on me rétorque que la possible expression de cette réflexion est la preuve de la fausseté de sa thèse je répondrai que si ce texte avait dans les yeux de ses éventuels pourfendeurs, le pouvoir de réveiller les consciences, ce que je ne pense évidemment pas, il ne pourrait être sans souci diffusé.

Melchisédech al-Mahi