
2026-08-27
Écrit par Rédaction
En 2017, au début de son premier quinquennat, Emmanuel Macron promettait de garantir un toit à toutes les personnes sans abri. En 2022, le gouvernement s’engageait à ne plus laisser « aucun enfant à la rue ». Trois ans plus tard, le nombre de mineurs privés d’hébergement d’urgence après que leur famille a contacté le 115 a augmenté de 42 %, selon le baromètre de l’Unicef et de la Fédération des acteurs de la solidarité, publié mercredi. Le nombre d’enfants à la rue ne cesse d’augmenter Quatre ans après la promesse gouvernementale de « zéro enfant à la rue », le nombre de mineurs sans logement stable poursuit sa hausse : +42 % depuis 2022 et +9 % en un an. Parmi les enfants laissés sans solution d’hébergement, 514 sont âgés de moins de trois ans, dont 173 ont moins d’un an. Ces chiffres ont été dévoilés mercredi dans le huitième baromètre annuel de l’Unicef consacré aux « enfants à la rue ». Les conséquences de cette précarité peuvent commencer avant même la naissance. D’après une étude du Samu Social de Paris, une femme enceinte sans domicile peut connaître jusqu’à 36 lieux de vie différents entre le début de sa grossesse et les premières semaines de vie de son enfant. La mortalité néonatale y est huit fois supérieure à la moyenne nationale. Le recensement reste toutefois incomplet : il ne prend pas en compte les familles qui ne sollicitent plus le 115, celles vivant dans des squats ou des bidonvilles, ni de nombreux mineurs non accompagnés. Dormir dehors ne représente ainsi que la partie la plus visible de la crise. « Cette situation découle de choix politiques » Plus de 26 000 enfants vivent aujourd’hui avec leur famille dans des hôtels, souvent dépourvus de cuisine ou d’espace adapté pour travailler. Les déménagements à répétition provoquent chez ces jeunes fatigue, isolement et ruptures dans leur scolarité ou leur suivi médical. Pour Nathalie Latour, directrice générale de la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS), cette situation découle de choix politiques. Le parc national d’hébergement d’urgence, financé par l’État et stabilisé autour de 203 000 places, demeure insuffisant et pourrait perdre 10 000 places faute de moyens. Les structures ont par ailleurs reçu tardivement des budgets en diminution, jusqu’à 10 % à Paris et en Île-de-France. Face à l’inflation et à l’augmentation des besoins, certaines associations réduisent leur activité, tandis que des travailleurs sociaux sont contraints d’interrompre des accompagnements et de remettre des personnes à la rue. Cette saturation s’explique principalement par le manque de logements accessibles. Près de 330 000 personnes sont sans domicile et 2,9 millions de ménages sont en attente d’un logement social. La construction de logements aidés a diminué, alors que 30 500 expulsions locatives avec le concours de la force publique ont été recensées en 2025, un niveau record. Les associations réclament davantage de moyens L’Unicef et la FAS demandent le maintien des 203 000 places d’hébergement existantes, ainsi que la création de 10 000 places supplémentaires, dont 2 500 réservées aux femmes enceintes ou sortant de maternité. Les deux organisations réclament également un budget 2027 « sincère », établi dès le départ à partir des dépenses réellement nécessaires, ainsi qu’une augmentation du nombre de logements très sociaux, proposant les loyers les plus accessibles. Elles appellent enfin à la mise en place d’un plan spécifique pour les territoires ultramarins, notamment Mayotte et la Guyane, particulièrement touchés par la précarité et le mal-logement. Texte rédigé à l'aide de l'IAD’année en année, le nombre d’enfants contraints de dormir à la rue en France ne cesse d’augmenter. En 2022, le gouvernement d’Emmanuel Macron s’était fixé l’objectif de « zéro enfant à la rue ». Quatre ans plus tard, plus de 2 350 enfants dorment encore dehors, faute de solution après avoir appelé le 115, soit une hausse de 42 % par rapport à 2022.