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L'AES : la décolonisation de la politique étrangère suffit-elle ?

L'AES : la décolonisation de la politique étrangère suffit-elle ?

2026-08-20

Écrit par Ousmane Timera

Docteur en philosophie, Ousmane Timera nous livre une analyse géopolitique éclairante sur l'héritage néocolonial des états africains. Sans une décolonisation préalable, aucune émancipation africaine ne sera envisageable, défend-il sur Mizane.info.

Le 16 juillet 2026, à Yaadga puis dans la région du Yatenga, dans le nord du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré s'adresse aux Forces vives de la Nation dans un discours qui va rapidement dépasser les frontières du pays[1]. Il y annonce le rapatriement forcé de près d'un millier d'étudiants burkinabés inscrits dans des filières de charia en Arabie saoudite, menaçant de déchéance de nationalité ceux qui refuseraient de rentrer. Il y affirme également que le monde arabo-musulman aurait, par l'esclavage, « cherché à exterminer l'Afrique » durant près d'un millénaire. Ces prises de position s'inscrivent dans un climat déjà tendu : quelques semaines plus tôt, le 26 mai 2026, l'imam Kindo, président des Oulémas sunnites du Burkina Faso, avait été arrêté après avoir critiqué la loi d'encadrement des pratiques religieuses adoptée le 19 mars 2026.

Cette prise de parole a suscité de nombreuses réactions. Beaucoup y ont vu une simple déclaration de politique intérieure ; d'autres, une réponse légitime aux défis sécuritaires auxquels le Burkina Faso est confronté. Les uns ont dénoncé une stigmatisation de l'islam, les autres ont salué une volonté de lutter contre l'extrémisme.

À nos yeux, le véritable enjeu est ailleurs.

#monde musulman#Afrique#Ousmane Timera#Ibrahim Traoré#Burkina Faso#Islam#Civilisation musulmane

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