
2026-09-02
Écrit par Rédaction
Malgré le cessez-le-feu, l’armée israélienne poursuit ses bombardements au Liban. Dans une alerte consacrée au pays, un comité d’experts des Nations unies a établi, mercredi dernier, un lien entre l’ampleur des agressions militaires israéliennes et les déclarations de responsables politiques visant à « déshumaniser une partie de la population libanaise ou de légitimer des punitions collectives ». Infliger le même niveau de destruction qu'à Gaza Saisi dans le cadre de sa procédure d’alerte et d’action urgente, le comité se dit préoccupé, dans un communiqué publié mercredi, par l’aggravation de la situation humanitaire depuis le 2 mars 2026. Plus de 4 300 personnes ont été tuées et au moins 12 200 blessées au cours des agressions israéliennes menées dans des zones densément peuplées du sud du Liban. Les experts indépendants pointent les frappes aériennes, les bombardements et l’emploi d’armes explosives dans ces secteurs. Dans le sud du pays, des villages ont été vidés de leurs habitants et rendus inhabitables par la destruction de logements, d’écoles, de structures médicales, de réseaux d’eau et d’électricité, de lieux de culte et de terres agricoles. Le CERD se dit surtout « profondément alarmé » par des déclarations publiques de responsables israéliens évoquant la possibilité d’infliger au Liban « le même niveau de destruction que celui infligé à Gaza ». Le comité cite également les propos du ministre israélien de la Défense désignant comme « ennemis » les habitants chiites de 24 villages du sud du Liban. Bombardements incessants et écocide L’intensité des bombardements israéliens n’a pas diminué malgré la signature, en juin, d’un protocole d’accord irano-américain incluant un cessez-le-feu au Liban, puis d’un accord-cadre entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Des frappes et des tirs d’artillerie israéliens continuent d’être signalés dans le sud, où des troupes israéliennes occupent toujours une partie du territoire libanais. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), plus de 800 000 personnes avaient commencé à regagner leur région d’origine au 30 juillet. Quelque 360 000 autres restaient déplacées, dont environ 27 000 hébergées dans des centres d’accueil publics. Plus de 16 000 hectares ont brûlé au Liban depuis octobre 2023, selon les autorités libanaises. Cette année, les feux sont « dramatiques », s’inquiète George Mitri, professeur de sciences de l’environnement à l’université de Balamand et expert des politiques de gestion des incendies de forêt au Liban. « Nous avons déjà enregistré 5 000 hectares brûlés depuis le début d’année, dont l’immense majorité sont causés par les bombardements israéliens. Seulement 10 à 15 % sont dus à la sécheresse », dénonce-t-il. La destruction environnementale du Liban Selon lui, les Israéliens utiliseraient volontairement du glyphosate pour rendre la végétation plus inflammable, ainsi que du phosphore blanc pour créer de multiples départs de feux, extrêmement difficiles à stopper, puisqu’ils s’entretiennent eux-mêmes et ne s’éteignent qu’en étant recouverts de terre. « C’est la recette idéale pour déclencher de grands incendies. Ce que nous avons constaté en cartographiant ces zones brûlées, c’est que les attaques sont répétées sur plusieurs années dans plusieurs “hot spots”, notamment le long de la frontière : Israël cherche à y détruire le couvert végétal », explique-t-il. Le Liban, comme toute la région méditerranéenne, devient chaque année plus sensible au réchauffement climatique, qui multiplie les sécheresses et les maladies. « Si nous continuons sur la même tendance, nous nous dirigeons vers une dégradation des sols, une chute de la biodiversité, et même l’effondrement des écosystèmes forestiers du Sud-Liban, qui perdraient ainsi leur capacité de régénération », alerte George Mitr. Texte rédigé avec l'aide de l'IAPlus de 4 300 personnes tuées, par l'armée israélienne, au Liban, des villages du sud du pays devenus inhabitables, une rhétorique visant particulièrement la population chiite… Des experts indépendants de l’ONU alertent sur l’intensification des agressions d'Israël et sur les déclarations de certains responsables politiques évoquant une destruction du Liban comparable à celle infligée à Gaza.