
2026-08-27
Écrit par Admin
L’homme qui n’a cessé de vanter les bienfaits du numérique reconnaît, pour la première fois dans une note publiée ce mercredi, que l’intelligence artificielle, qu'il a contribué à bâtir, pourrait bouleverser des pans entiers de l’économie mondiale. « Nous ne nous y préparons pas. Je ne vois aucune preuve que les dirigeants, les experts et les communautés affrontent ces défis de manière adéquate. Il n’existe aucun plan pour faciliter l’entrée dans l’ère de l’IA », confie Bill Gates, cofondateur de Microsoft. Une « priorité mondiale absolue » Dans une longue note, Bill Gates estime que la « priorité mondiale absolue » doit être de faire en sorte que l’intelligence artificielle n’aggrave pas les inégalités et ne fragilise davantage les populations vulnérables. Des systèmes développés par OpenAI, Anthropic et Meta ont récemment réussi à pirater de véritables sites internet lors de tests de cybersécurité censés pourtant être réalisés dans des environnements isolés. « Ces incidents de sécurité sont choquants et devraient faire réagir les gens », a déclaré Bill Gates, plaidant pour la création d’une organisation internationale chargée de superviser l’IA. Si plusieurs dirigeants de la tech, comme le patron de Meta Mark Zuckerberg, insistent sur les avantages de cette technologie, les inquiétudes concernant ses dangers se multiplient également. Trois risques majeurs identifiés Bill Gates distingue trois grandes menaces. La première, la plus concrète, est la destruction massive d’emplois. La deuxième concerne l’augmentation des capacités de nuisance grâce à l’IA : fraudes, désinformation, deepfakes ou encore surveillance pourraient toucher quotidiennement une grande partie de la population. Le troisième risque concerne le développement des enfants et les relations humaines. Gates cite une étude menée par Stanford et Carnegie Mellon auprès de plus de 1 100 utilisateurs de compagnons IA : les personnes les plus isolées socialement étaient davantage susceptibles de s’y réfugier, tandis qu’un usage plus émotionnel était associé à une dégradation de leur bien-être. Ce risque de dépendance affective avait également été identifié par OpenAI lors du lancement de [chat]GPT-4o, conduisant l’entreprise à procéder depuis à plusieurs ajustements de ses modèles. Taxer l’automatisation pour préserver l’emploi Bill Gates constate enfin qu’aucun dirigeant, expert ou communauté ne semble préparer sérieusement l’entrée dans l’ère de l’IA. « Il n’y a pas de plan », écrit-il. Il a notamment indiqué qu’il prévoyait de rencontrer à l’automne le Premier ministre britannique Andy Burnham dans le cadre de ses efforts de sensibilisation. Il propose également de réserver certains métiers aux humains afin de limiter les conséquences de l’IA sur le marché du travail, mais aussi de préserver la dimension humaine et relationnelle de certaines professions. Le milliardaire prévoit une baisse des recettes fiscales provenant des revenus du travail et suggère, pour y remédier, de taxer les contenus générés par l’IA ainsi que les robots. Au-delà de l’objectif fiscal, « une taxe ralentirait un peu la ruée vers » l’automatisation et permettrait de « lever de l’argent pour la formation et le renforcement de la protection sociale », explique-t-il.Après s’être montré optimiste sur l’intelligence artificielle, Bill Gates alerte désormais sur ses risques, notamment les cyberattaques, la disparition d’emplois et la dépendance psychologique. Dans une note, il propose de taxer les contenus générés par l’IA, de réserver certains métiers aux humains et de mettre en place une instance internationale de supervision.