
2026-08-13
Écrit par Redaction
Asphyxiée par le manque de financements, la Fondation de l’islam de France perd sa reconnaissance d’utilité publique. Son président, Ghaleb Bencheikh, tente désormais de préserver l’œuvre culturelle de l’institution malgré un avenir incertain. Un décret paru le 13 août au Journal officiel formalise la décision du ministère de l'Intérieur : la Fondation de l’islam de France (FIF), dédiée à la promotion de la culture islamique, perd son statut d’utilité publique. « La raréfaction et puis l’extinction de [ses] financements ont eu raison de sa destinée », a déploré auprès de l’AFP Ghaleb Bencheikh, aux commandes depuis 2018 de cet organisme laïque créé après les attentats de 2015, succédant à Jean-Pierre Chevènement (2016-2018). En 2024, ce chercheur et théologien réformateur tirait la sonnette d’alarme. Faute de contributions, la structure visant à soutenir l’éducation, le civisme et la recherche n’affichait que 40 000 euros de réserves, l'équivalent d'un seul mois de trésorerie. « Nous avons fait appel (...) à la générosité publique pour finir quelques projets et ça n’a pas été suffisant », explique M. Bencheikh. Prévoyant, « à moins d’un miracle », cette sanctuarisation perdue, il rappelle qu'elle conférait « une dotation minimale de 1,5 million d’euros (...) et la présence de l’Etat au sein de son conseil d’administration ». Le retrait de cette homologation survient généralement en cas d'interruption des missions d’intérêt général ou d'incapacité à réaliser l’objet social d'origine. « Nous avons besoin de mécénat privé, mais nous n’avons pas assez de notoriété pour en attirer suffisamment », regrettait déjà l'universitaire en mars 2024 dans Le Monde. Il expliquait : « Lors de la création de la FIF, nous avions reçu des dons d’entreprises mécènes, comme Aéroports de Paris, la SNCF ou la Caisse des dépôts et consignations, filiale habitat. Mais, depuis, nous n’avons plus de rentrée d’argent, à part quelques petites donations privées ici ou là. » Par ailleurs, l’engagement de 10 millions d’euros formulé par Emmanuel Macron lors du discours des Mureaux le 2 octobre 2020 n'a jamais été honoré. « Nous ne l’avons toujours pas reçue et la survie de l’institution en est affectée », confiait Ghaleb Bencheikh. Le président entend toutefois poursuivre sa mission, si besoin via un nouveau véhicule associatif « sur d’autres critères ». En une décennie, la FIF aura marqué le paysage culturel, notamment avec l’exposition itinérante « Arts de l’Islam, un passé pour un présent » menée avec le Louvre et la RMN-Grand Palais, tout en finançant plus de 250 bourses universitaires pour les futurs cadres religieux. Ecrit avec l'IA.Promesses non tenues et nouvel horizon