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mardi 18 juin 2024

Houellebecq : l’UMF maintient sa plainte

L’Union des mosquées de France présidée par Mohammed Moussaoui s’est réunie dimanche 4 juin et a décidé de maintenir sa plainte contre l’écrivain Michel Houellebecq, le philosophe Michel Onfray et la direction de la Revue Front Populaire. Les explications de Mizane.info.

Fin 2022, le philosophe Michel Onfray invite l’écrivain Michel Houellebecq pour un entretien dans sa revue Front Populaire. Un long entretien qui traite de nombreux sujets. Au cours de cette entrevue, Michel Houellebecq va tenir un certain nombre de propos racistes, et d’autres susceptibles de relever de l’apologie de terrorisme.

Des déclarations outrancières

« Le souhait de la population française de souche, dit-il, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent. »

« Quand des territoires entiers seront sous contrôle islamique, je pense que des actes de résistance auront lieu. Il y aura des attentats et des fusillades dans des mosquées, dans des cafés fréquentés par les musulmans, bref des Bataclan à l’envers. »

Le repentir de Michel Houellebecq

Depuis la publication de la revue, plusieurs mois se sont écoulés. Le temps pour l’écrivain français de réfléchir sur ses propos, d’exprimer des regrets et de présenter des excuses aux musulmans.

D’abord, à l’occasion d’une rencontre avec le recteur de la Grande mosquée de Paris qui envisageait de déposer plainte pour « provocation à la haine contre les musulmans ». A la suite des excuses présentées par Houellebecq à Chems Eddine Hafiz, ce dernier avait annoncé abandonner les poursuites judiciaires.

« Je présente mes excuses à tous les musulmans que ce texte a pu offenser – c’est-à-dire, j’en ai bien peur, à peu près tous les musulmans. J’avais atteint, à titre personnel, la quasi-perfection de la connerie » avait récemment déclaré l’auteur de « Soumission » dans l’émission « La Grande librairie ».

Houellebecq avait promis de publier ses excuses dans un ouvrage qui entre temps est sorti le 24 mai dernier sous le titre Quelques mois dans ma vie.

Maintien de la plainte : les raisons de l’UMF

De son côté, l’Union des mosquées de France présidée par Mohammed Moussaoui avait également déposé plainte contre Houellebecq ainsi que contre Michel Onfray et la direction de la revue Front Populaire.

Malgré les excuses présentées publiquement par Houellebecq dans son livre et dans l’émission « La Grande librairie », l’UMF, dont le président a lu Quelques mois dans ma vie, a maintenu son dépôt de plainte et s’en est expliqué dans un communiqué consulté par Mizane.info.

« Certes, notre foi nous enjoint d’être bienveillants avec celui qui reconnaît ses tords et exprime ses remords. Cependant, sans préjuger de l’appréciation par la justice des faits que nous lui reprochons, nous avons aussi le devoir de protéger notre collectivité par le recours à la justice pour dénoncer des propos que nous estimons dangereux. Nous ne rendrons pas service à la collectivité en abandonnant une procédure qui vise à faire condamner non pas les personnes mais les faits qui leur sont reprochés », précise le texte.

Le Bataclan à l’envers !

Tout en rappelant que Houellebcq avait demandé le retrait de la revue du Front Populaire contenant cet entretien, l’UMF estime que « les explications données par M. Houellebecq sur deux passages incriminés de son entretien ne sont pas suffisantes pour faire oublier leur contenu initial. »

Une décision justifiée par la position de l’auteur sur la citation concernant le Bataclan à l’envers.

« Il n’est pas sûr que l’explication ainsi que la rectification qu’il en donne soient de nature à rassurer les musulmans de France. Selon lui, ceux qui ont interprété ce passage comme « un appel à des attentats dirigés contre les musulman » seraient « des individus particulièrement venimeux et des faux ».

L’UMF estime également que Houellebecq a sous-estimé la gravité de « son soutien à la dangereuse et nauséabonde théorie du grand remplacement ». Par ailleurs, Houellebecq rapporte dans ce livre que Mohammed Moussaoui lui a été décrit comme un homme « peu recommandable et suspect d’extrémisme ». Des propos calomnieux que l’UMF attribue à un manque de vérification de l’auteur.

L’UMF s’est dit également choquée et reproche à l’auteur d’avoir noyé les quelques pages relatives à l’islam dans un livre accordant une grande place à ses péripéties pornographiques, qualifiées par un journaliste de l’Express d' »abjection ».

Eviter un nouveau Christchurch

Autant de raisons donc qui ont convaincu le bureau de l’UMF de maintenir sa triple plainte, y compris contre l’écrivain français.

« Il ne faut pas sous-estimer la dangerosité et la menace que représentent certaines déclarations. Ceux qui les tiennent ou continuent à les diffuser doivent prendre la mesure de la lourde responsabilité qui est la leur (…) Par ce que nous refusons de voir se reproduire un attentat similaire à celui de Christchurch en Nouvelle-Zélande, l’Assemblée Générale de l’UMF, réunie ce jour, a décidé à l’unanimité de maintenir sa plainte contre M. Houellebecq, M. Onfray et la direction de Front populaire », conclut l’association.

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