80 personnalités musulmanes appellent au vote « face à la montée du RN »

Alors que le second tour des élections législatives est imminent, 80 personnalités musulmanes issues de la société civile ont signé une tribune collective, initié par le recteur de la Mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz, appelant au vote « face à la montée du RN et ses discours de division ». Focus Une tribune signée par 80 personnalités musulmanes de la société civile, et initié par le recteur de la Mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz, appelle « chaque citoyen doit se lever et faire entendre sa voix » durant le deuxième tour des élections législatives pour ne pas « laisser la peur et l’intolérance déterminer notre avenir » « Le vote est une action sacrée » Dans un texte, publiée ce vendredi sur le site « La Croix« , 80 personnalités musulmanes françaises issues de la société civile dont des professeurs, des médecins, des éditeurs ou encore des avocats, ont signé collectivement une tribune d’appel au vote « face à la montée du RN et ses discours de division ». « Chaque citoyen doit se lever et faire entendre sa voix, non pas par la colère ou la violence, mais par le pouvoir du bulletin de vote. Face aux racistes qui nient le pouvoir du vote, nous devons tous voir, quelles que soient nos convictions, que le vote est une action sacrée » Les signataires dénoncent en introduction la manipulation, « par une rhétorique de peur et de division », d’une partie « de plus en plus de Français agacés, déclassés, inquiets des suites de la mondialisation et de la globalisation » : « Nous ne pouvons accepter qu’une partie d’entre nous, Français, soit pointée du doigt, faussement responsables des maux de la société, rendus boucs émissaires » Le risque d’une fracture profonde de notre société Le texte déplore également le discernement difficile du discours du président de la République « élu sur la promesse d’un dépassement du clivage droite-gauche » qui « a conduit à une perte de repères de ce qui faisait société entre nous, au profit de forces toujours plus divergentes ». La tribune énumère notamment les risques d’une fracture encore plus profonde de notre société « si l’extrême droite venait à gagner les législatives » : « Sa prise de pouvoir entraînera une érosion des droits civiques, une montée de la xénophobie, avec une fracture encore plus profonde de notre société vis-à-vis de tous ceux à qui la parole raciste demande « d’aller à la niche » » « Aujourd’hui », conclut le communiqué, « nous avons l’opportunité de prouver que nos principes d’égalité, de fraternité et de liberté qui forment le socle de notre nation peuvent triompher de la haine et de la division ». A lire aussi :
Législatives 2024 : le racisme assumé des candidats RN

En pleine campagne pour le second tour des élections législatives, plusieurs candidats du Rassemblement national multiplient les déclarations dismicrinatoires et les controverses. Entre prise d’otage dans une mairie, inéligibilité pour « déficience mentale », casquette nazie, paroles racistes…Tour d’horizon des « pires » candidats. Chassez le naturel…Alors que la dernière ligne droite a débuté avant le deuxième tour des élections législatives, les dérapages s’enchaînent du côté des candidats du Rassemblement National. Plusieurs candidats, ayant atteint le second tour des élections, ont fait des déclarations à connotation raciste et antisémite, certaines récentes, d’autres prononcées il y a plusieurs années. Jordan Bardella a reconnu, sur France Bleu, la présence « de brebis galeuses » parmi les candidats investis par son propre camp. Une dédiabolisation qui fait couac La stratégie de dédiabolisation du Rassemblement National ne semble pas avoir produit les résultats escomptés. Plusieurs candidats investis par le RN ont fait des déclarations racistes ou ont eu un passé marqué par des actions discriminatoires. Ludivine Daoudi, candidate dans la 1re circonscription du Calvados, a dû retirer sa candidature après la publication d’une photo la montrant avec une casquette nazie. Annie Bell, candidate dans la 3e circonscription de Mayenne, a fait parler d’elle dans le journal Ouest-France, en 1995, pour une prise d’otage dans une mairie. Paule Veyre de Soras, candidate dans la 1re circonscription de Mayenne, a également suscité des réactions en déclarant, pour justifier le « non racisme » de son parti, qu’elle avait « comme ophtalmo un juif » et « comme dentiste un musulman ». Elégant… « Toutes les civilisations ne se valent pas » Frédéric Boccaletti, député sortant de la 7e circonscription du Var, condamné en 2000 pour « violence en réunion avec armes », a proposé en 2018 d’enrôler les clandestins dans la Légion étrangère « et de les renvoyer faire la guerre dans le pays qu’ils ont quitté ». Il a obtenu 48 % des voix au premier tour des élections législatives. En Bretagne, une enquête a été ouverte concernant les propos de Françoise Billaud, candidate dans les Côtes-d’Armor, qui avait partagé en 2021 une publication montrant la tombe de Pétain avec la légende « 23 juillet 1951, mort en détention de Philippe Pétain, Maréchal de France ». Marie-Christine Sorin, candidate dans la 1re circonscription des Hautes-Pyrénées, avait affirmé en janvier sur X que « toutes les civilisations ne se valent pas » et que certaines « sont juste restées au-dessous de la bestialité dans la chaîne de l’évolution ». Un candidat fantôme Le florilège continue…Julie Apricena, suppléante du candidat RN Pierre Gentillet dans le Cher, a été photographiée aux côtés de skinheads néonazis avec un t-shirt « Fierté blanche mondiale ». Brigitte Barèges, candidate en Occitanie et membre des Républicains ayant rejoint l’alliance avec le RN, avait qualifié en 2014 un candidat noir de « tâche ». Dans le Jura, Thierry Mosca, candidat RN, a obtenu 32,76 % des voix mais ne pourra pas siéger à l’Assemblée en cas de victoire : il a été placé sous curatelle renforcée depuis la fin de l’année 2023. Après ces révélations, Jordan Bardella, président du RN, a admis la présence de « brebis galeuses » parmi les candidats de son parti dont il « n’avait pas connaissance ». Autre phénomène : depuis le 9 juin, une trentaine d’agressions racistes ont été recensées en France, soit plus d’une par jour selon Mediapart. Dans de nombreux cas, les auteurs des agressions ont fait référence au Rassemblement national. A lire également :
Législatives 2024 : résultats et principales leçons de ce premier tour

Les Français ont massivement voté dimanche 30 juin pour élire leurs députés. Plusieurs leçons sont à tirer de ce premier tour : l’affaiblissement sans précédent du camp présidentiel, la percée de l’extrême droite dans l’ensemble des régions du pays et la forte résistance du Nouveau Front Populaire. Zoom. Trois semaines après une dissolution surprise de l’Assemblée nationale et au terme d’une campagne électorale déterminante, le premier tour des législatives a été marqué par une participation très élevée, estimée à 67,5 %, la plus forte depuis 1997. Le Rassemblement national (RN), rejoint par les transfuges LR d’Eric Ciotti, confirme sa percée et sa place de première force politique du pays avec 29,25 % des voix, tandis que le Nouveau Front populaire (NFP) résiste bien, et talonne l’extrême droite, avec 28 %. L’ex-majorité présidentielle est clairement distancée et enregistre un échec cuisant avec 20,5 % des suffrages. Forte mobilisation électorale Depuis 1997, les élections législatives n’avaient jamais enregistré une participation aussi élevée, estimée à 67,5 %, bien au-dessus des 47,5 % de 2022 et des 48,7 % de 2017. Le ressentiment général contre le président de la République et la peur de l’extrême droite ont mobilisé partout en France. Le scrutin a confirmé la tripartition de la vie politique française, avec 76 candidats d’ors et déjà élus : 39 du Rassemblement national (RN), 32 du Nouveau Front populaire (NFP), deux de la majorité présidentielle Ensemble, un de LR, et un issu de l’alliance d’Eric Ciotti et du RN. Par ailleurs, 306 triangulaires sont possibles pour le second tour (circonscriptions dans lesquelles aucun des candidats n’a été élu au premier tour et où un troisième candidat, autre que les deux premiers en tête, a obtenu un nombre de voix égal ou supérieur à 12,5 %). Percée du RN et effrondrement du macronisme Le premier tour des législatives révèle un affaiblissement inédit du mouvement du président de la République et une propagation de l’extrême droite dans presque toutes les couches de la société et les départements. Avec 29,25 % des suffrages, le Rassemblement national (RN), avec ses alliés du camp LR d’Eric Ciotti, pourrait obtenir la majorité absolue et devenir le groupe majoritaire à l’Assemblée nationale. Le RN compte 385 candidats qualifiés pour le second tour, auxquels s’ajoutent 61 candidats LR-RN, totalisant 446 circonscriptions. Cette expansion touche désormais toutes les zones de l’hexagone, à l’exception des grandes métropoles. En revanche, le macronisme s’effondre, n’obtenant que 20 % des voix et ne se qualifiant que dans 321 circonscriptions (contre 419 en 2022). Arrivé deuxième au niveau national (28 %), le bloc du Nouveau Front Populaire réalise une performance notable. En plus de ses 32 élus du premier tour, le NFP aborde le second tour en tête dans 128 circonscriptions (contre 191 en 2022) et se qualifie dans 414 circonscriptions (contre 386 en 2022). L’importance cruciale des triangulaires La France insoumise (LFI) a 164 candidats qualifiés pour le second tour, le Parti socialiste 121, les Verts 68, et le Parti communiste français 33. En contraste, le parti Les Républicains (LR) est en grande difficulté, avec seulement 19 de ses représentants en tête, mettant en péril sa capacité à former un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Le parti d’extrême droite, bien que dominant dans de nombreuses régions sauf les grandes villes, n’est pas encore assuré d’avoir la majorité absolue. Les places à l’Assemblée nationale dépendront des nombreux duels et triangulaires à venir. Les désistements à gauche, suite aux appels des leaders de retirer leurs candidats lorsque l’extrême droite est en tête, devraient être nombreux avant mardi à 18 heures. Le bloc macroniste, de manière moins claire, a aussi appelé à faire barrage au RN tandis que LR refuse de se prononcer. Le RN est en tête dans 132 triangulaires. A lire aussi :
Un collectif musulman invite la communauté à voter « Front Populaire »

« Face au danger imminent que représente l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite », un collectif de jeunes musulmans a publié un tract compilant plusieurs avis et arguments religieux, en faveur du vote, pour dissiper les doutes d’une partie de la communauté musulmane et appeler « à une mobilisation massive dans les urnes les 30 juin et 7 juillet 2024 ». Zoom Alors que les élections législatives des 30 juin et 7 juillet approchent, plusieurs organisations musulmanes se mobilisent pour inciter la communauté musulmane à voter « face au danger imminent que représente l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite pour nos droits et notre liberté de culte ». C’est le cas du collectif de musulmans « Vote Musulman », basés en Île-de-France, qui publie une tribune compilant plusieurs arguments juridiques et religieux pour convaincre et dissiper les doutes des plus récalcitrants. Une compilation d’arguments juridiques et religieux « Voter c’est haram », « ils sont tous pourris », « il faut faire Hijra », alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir à l’issue des prochaines élections législatives, une part- certes minoritaire – des musulmans en France restent dubibatifs face à la nécessité du vote et à l’urgence de faire barrage au Rassemblement Nationale. C’est dans ce contexte, que le collectif « vote musulman » a publié ces derniers jours, un tact compilant des avis et des arguments religieux pour « une mobilisation massive de la communauté dans les urnes les 30 juin et 7 juillet 2024 » : « Il est crucial que nous fassions communauté, que nous nous mobilisions et que nous votions contre l’extrême droite. Nous devons protéger nos droits fondamentaux » Le collectif énumère donc plusieurs paroles de théologiens musulmans, connaissant le contexte politique français, assurant que « voter pour les partis les moins nuisibles aux musulmans est non seulement autorisé mais requis pour réduire les préjudices ». Un vote de survie Face à ceux qui objecteraient l’argumenet que « la Hijra est possible et préférable », le texte répond que « ce n’est pas le cas pour tous nos frères et sœurs » et qu’il est de « notre responsabilité de musulmans de choisir le moindre mal, pour nous-mêmes » mais aussi pour les « plus vulnérables, que ce soit en France mais aussi en Palestine » (soulignant notamment la position favorable du Front Populaire) : « Plusieurs initiatives d’appel au vote musulman ont vu le jour lors d’élections aux États-Unis et au Royaume-Uni, où les imams locaux ont alors encouragé les musulmans à se saisir des enjeux électoraux. Nous vous renvoyons aux prêches de Yasir Qadhi, théologien américain et docteur à Yale » Le collectif rappelle notamment à « ceux qui ne croient pas en l’utilité du vote » qu’il ne s’agit pas ici d’un « vote d’opinion » mais d’un « vote de survie » en rappelant que face à la discrimination islamophobe crée « les lois dites « séparatisme » de Macron » : « L’extrême droite propose une version encore plus radicale de ce texte, ciblant ce qu’ils appellent les « idéologies islamistes » sans faire de distinction entre islamistes et musulmans ordinaires » Des mesures islamophobes impactantes Après avoir énuméré les mesures phares du RN « impactant directement les musulmans en France » (à l’interdiction du voile dans l’espace public, fermeture de mosquées, d’instituts et d’écoles privées musulmanes…), la tribune souligne que ces « mesures auraient des conséquences graves et directes sur la vie quotidienne des musulmans en France ». Pour conclure, le collectif appelle « chaque musulman et chaque personne solidaire de notre cause à se lever, à voter et à faire entendre sa voix ». A lire aussi :
Le Conseil des mosquées du Rhône appelle à « faire barrage au RN »

Après la Grande Mosquée de Paris et le CFCM, c’est au tour du Conseil des mosquées du Rhône (CMR) de publier un communiqué incitant les musulmans à aller voter contre le Rassemblement National. « L’heure est grave » insiste le recteur de la Grande Mosquée du Rhône, Kamel Kabtane. Zoom. Alors que les élections législatives des 30 juin et 7 juillet approchent, le Conseil des mosquées du Rhône (CMR) a publié un communiqué jeudi dernier, appelant la communauté musulmane à « faire barrage au Rassemblement National aux prochaines élections ». Le CMR rejoint ainsi le CFCM, et la Grande Mosquée de Paris, qui avaient déjà émis des communiqués similaires les semaines précédentes. « L’heure est grave » « Nous sommes à présent au pied du mur, face à la menace de l’arrivée au pouvoir du RN » déplore le Conseil des mosquées du Rhône dans son communiqué. Le CMR appelle ainsi la communauté musulmane à « faire barrage au RN » L’instance souligne notamment que l’abstention revient à « donner une voix de plus à l’extrême droite islamophobe et raciste ». « L’heure est grave », s’alarme ainsi le recteur de la Grande Mosquée du Rhône, Kamel Kabtane dans une tribune : « Quand on voit une partie de la droite traditionnelle, qui a construit la France pendant des années, rendre les armes et se placer sous les ordres du RN, on ne peut qu’être inquiet […]. Il n’y a pas que les musulmans qui sont inquiets. » Les imams doivent « éveiller les consciences » Le texte du Conseil des mosquées du Rhône (CMR) s’ajoute aux communiqués du Conseil français du culte musulman (CFCM) et de la Grande Mosquée de Paris (GMP), qui ont également appelé à se rendre aux urnes pour les élections législatives. Dans son communiqué, publié le 14 juin, le CFCM avait indiqué entendre « l’inquiétude de nos concitoyens de confession musulmane face aux récents événements politiques majeurs ». « Cette inquiétude doit inciter nos concitoyens de toutes confessions et convictions à accomplir leur devoir en allant voter lors des prochaines élections législatives anticipées du 30 juin et du 7 juillet 2024 » La GMP avait notamment exhorté « les imams et les responsables religieux à utiliser leur tribune pour éveiller les consciences » soulignant que « leur inaction pourrait permettre aux forces de la division et de la haine de s’installer au cœur de notre République ». A lire aussi :
Ghaleb Bencheikh : « L’extrême droite n’a jamais été si proche du pouvoir »

Plusieurs personnalités, issus d’instances musulmanes en France, ont réagi à la victoire sans appel du RN aux élections européennes et à la dissolution de l’Assemblée Nationale. Le recteur de la Grande mosquée de Paris a notamment appelé les musulmans à voter lors des législatives du 30 juin pour « s’opposer fermement à l’extrême droite ». Zoom. « La vie politique française est à un tournant historique » alerte, dans une vidéo publiée hier, le président de la Fondation de l’Islam de France (FIF), Ghaleb Bencheikh. Face au score du Rassemblement National aux élections européennes, les choses sont claires pour l’islamologue : « jamais dans l’histoire de la Ve république, l’extrême droite n’a été si proche d’accéder au pouvoir ». Dans un billet hebdomadaire, le recteur Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz a de son côté exhorté les mosquées à « sensibiliser les fidèles sur les dangers imminents qui guettent notre nation et d’encourager ceux qui se sont réfugiés dans l’abstention » et à aller voter aux législatives anticipées du 30 juin. Une dissolution qui ouvre la voie « aux héritiers du maréchal Pétain » Les dernières secousses politique en France n’ont pas laissé de marbre les instances musulmanes du pays. Dans son éditorial hebdomadaire, publiée lundi, Chems-eddine Hafiz réagit face au « coup de théâtre » de la dissolution annoncée par Emmanuel Macron dimanche qui « plonge le pays dans une période d’incertitude et de questionnements profonds » : « Cette dissolution pourrait même paver la voie de l’Élysée aux héritiers du maréchal Pétain, nous ramenant aux heures les plus obscures de notre histoire, avec une cible bien connue » Pour le recteur, « le rôle majeur joué par les médias mainstream dans la montée en puissance de Marine Le Pen et de son mouvement », se traduisant par une victoire spectaculaire aux élections européennes, est indéniable : « Le « maghrébin » et le « musulman« sont devenus les boucs émissaires, les symboles de tout ce qui est perçu comme menaçant, comme étranger, comme incompatible avec une identité nationale supposément homogène » La démocratie et la paix civile sont en jeu Même constat du Président de la Fondation de l’Islam de France (FIF), Ghaleb Bencheikh, qui explique ce plébiscite électorale par « un contexte de triomphe idéologique des thèses d’extrême droite en Europe » : « Des députés au parlement Européen n’ont eu de cesse de mener campagne contre tout ce qui est islamique, avec un discours de haine, de détestation, d’exécration, contre les musulmans » Face au séisme politique actuel, « ce qui se joue c’est le sort de la démocratie et de la paix civile » averti l’islamologue dans une vidéo invitant à assister l’évènement, prévu ce vendredi 14 juin, organisé par la FIF : « ISLAM, Le Grand Jury ». Inciter les musulmans à « l’implication citoyenne » Pour le recteur de la Grande mosquée, « il est crucial de rappeler les valeurs fondamentales de notre République – Liberté, Égalité, Fraternité – et d’insister sur le fait que ces idéaux ne peuvent être défendus que par une participation active et éclairée » : « Nos mosquées doivent devenir des foyers de résistance pacifique contre toute forme d’extrémisme et de discrimination, en encourageant le dialogue, la solidarité et l’implication citoyenne » Chems-eddine Hafiz lance donc un appel solennel à l’ensemble des mosquée afin de « sensibiliser les fidèles sur les dangers imminents qui guettent notre nation et d’encourager ceux qui se sont réfugiés dans l’abstention à prendre part activement au choix de la société qu’ils souhaitent pour demain ». A lire aussi :
Elections européennes 2024 : « un véritable séisme politique » en France

Marquées par une forte poussée de l’extrême droite, les élections européennes ont provoqué dimanche un séisme politique en France. A la suite des résultats, Emmanuel Macron a annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale et la tenue anticipée des élections législatives le 30 juin et 7 juillet 2024. Mizane Info fait le point. Les résultats des élections européennes ont montré une nette progression des droites nationalistes et un revers cuisant pour les feux premières puissances de l’Europe : le chancelier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron qui a notamment annoncé la dissolution de l’Assemblée française. Ce week-end, plus de 360 millions d’électeurs ont voté pour élire 720 députés au parlement européen. En France, le Rassemblement National mené par Jordan Bardella a remporté le scrutin avec plus de 31,5 % des voix, surpassant le parti Renaissance du président Macron (15,2 %). La victoire des nationalismes en Europe Les Pays-Bas ont inauguré les élections européennes ce jeudi en confirmant la poussée du parti d’extrême droite de Geert Wilders. En Italie, le parti post-fasciste Fratelli d’Italia (FDI) de Giorgia Meloni est sorti grand gagnant du scrutin. En Allemagne, les conservateurs sont arrivés largement en tête, devant les sociaux-démocrates et l’AfD (Alternative für Deutschland). En France, le Rassemblement national sort grand vainqueur de ces élections et signe leur meilleure score depuis 40 ans. Les grandes villes ont placé la liste de Jordan Bardella en tête avec plus de 30 % des suffrages exprimés, comme à Marseille, Nice, Reims ou Le Havre. Au-delà des communes rurales, ce sont également dans les villes moyennes que le RN a réalisé une percée spectaculaire. De Meaux à Cholet, de Compiègne à Narbonne, de Lorient à Grasse, de très nombreuses sous-préfectures ont offert des victoires à Jordan Bardella, dans des zones où le RN ne jouit pas forcément d’implantation locale. Emmanuel Macron dissout l’Assemblée nationale À la suite de la victoire du Rassemblement National, Emmanuel Macron a annoncé hier soir, lors d’une allocution télévisée, la dissolution de l’Assemblée nationale, qualifiant cette décision de « grave et lourde » : « Après avoir procédé aux consultations prévues à l’article 12 de notre Constitution, j’ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote (…) L’issue du scrutin européen n’est pas un bon résultat pour les partis qui défendent l’Europe. La montée des nationalistes et des démagogues est un danger pour notre nation » Des élections législatives se tiendront donc le 30 juin et 7 juillet prochains. Concernant les résultats des autres partis en lice, Raphaël Glucksmann de Place Publique et du PS a terminé en troisième position avec 13,8 %, derrière Valérie Hayer du camp présidentiel avec 15.2 %. Manon Aubry de La France Insoumise a obtenu 10,1 %, et François-Xavier Bellamy des Républicains 6,8 %. Le parti Reconquête! représenté par Marion Maréchal a obtenu 5,2% des suffrages, ce qui lui permet d’envoyer des représentants à Strasbourg. Le candidat du PCF n’a pas atteint les 3 % nécessaires pour le remboursement des frais de campagne. Un électeur sur deux n’est pas allé voter L’abstention lors des récentes élections européennes a atteint 48,50 %, soit son plus bas niveau depuis trente ans, selon les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur. Près d’un électeur sur deux n’a pas voté. L’abstention a été particulièrement élevée en Seine-Saint-Denis (56,7 %) et dans les territoires d’outremer (86,8 % en Guadeloupe, 87,7 % en Martinique, 90 % en Guyane et 73,6 % à La Réunion) où, malgré le fort taux d’abstention, le RN est arrivé en pôle position. Plus globalement, dans l’Hexagone, le taux d’abstention est plus fort dans l’ouest du pays, « il s’agit de zones où la population de moins 65 ans est moins importante à l’ouest de la France », explique Céline Braconnier, professeure de sciences politique. A lire aussi :
Elections européennes : plus d’un jeune sur deux compte s’abstenir

Des élections européennes boycottées par la moitié des jeunes Français de moins de 30 ans ? Dans une enquête de l’institut Ipsos, plus d’un jeune Français sur deux (58%) prévoient de s’abstenir et affirme ne pas vraiment saisir les objectifs de ces élections. Zoom. Selon une enquête Ipsos pour France Télévisions et Brut, publiée mercredi 29 mai, 58% des jeunes Français de moins de 30 ans ont l’intention de s’abstenir (28%) ou seront potentiellement abstentionnistes (30%) durant des élections européennes. Seulement 11% sont presque certains de voter et 31% se disent certains de voter. Cela laisse présager une forte abstention parmi cette tranche d’âge, lors d’un scrutin qui attire généralement moins d’un électeur sur deux. Des élections incompréhensibles pour un jeune sur deux Les jeunes Français semblent être les principaux abstentionnistes des élections européennes, selon une enquête Ipsos réalisée du 16 au 20 mai 2024 auprès de 1 165 personnes âgées de 18 à 29 ans. D’après ce sondage, seuls 53% des 18-29 ans déclarent bien comprendre les enjeux du scrutin du 9 juin. Environ un jeune sur deux (52%) s’intéresse à ces élections, tandis que l’autre moitié (48%) ne le sont pas ou moyennement. Parmi ceux certains ou presque de voter, la principale motivation reste « le devoir citoyen » (32%), suivi par le soutien aux idées d’un parti politique (21%). Les abstentionnistes citent le manque d’information sur les programmes comme principale raison de leurs hésitations (32%), avec un score plus élevé (47%) chez les plus jeunes. Le RN en pôle position des intentions de vote Concernant les sujets préférentiels des jeunes sondés, le climat devrait être la priorité de l’Union européenne pour les prochaines années (33%), suivi par la lutte contre la pauvreté et les inégalités (25%), le combat pour un avenir meilleur en Europe (24%) et la limitation de l’immigration (24%). Pour les choix politiquet le Rassemblement national recueille 34% d’intentions de vote de la jeunesse, avec un soutien allant jusqu’à 54% chez les jeunes actifs dans les catégories socioprofessionnelles inférieures, comme les employés et les ouvriers. En revanche, Valérie Hayer et sa liste Renaissance n’obtiennent que 7,5% d’intentions de vote, avec un désaveu particulièrement fort chez les catégories socioprofessionnelles supérieures (8%), pourtant soutiens traditionnels d’Emmanuel Macron. Les partis de gauche plutôt bien classés La France insoumise se classe en deuxième position chez les jeunes avec 14% d’intentions de vote, surpassant la liste Parti socialiste de Raphaël Glucksmann à 12%. Tendance similaire chez Marie Toussaint et les Écologistes-EELV avec 11% d’intentions de vote, et même 18% chez les 18-21 ans. Enfin le parti Reconquête (4,5%) et Parti communiste (2,5%) ne semblent pas vraiment intéressés les sondés et ne franchissent pas le seuil de 5% nécessaire pour envoyer des élus au Parlement européen. A lire également :
L’islamophobie comme argument électoral en Inde

En pleine campagne pour les élections législatives en Inde, le premier ministre Narendra Modi a qualifié – dans un meeting – implicitement les musulmans « d’infiltrés » qui font « le plus d’enfants ». Ces propos ont suscité l’indignation dans ce pays où la minorité musulmane représente 15% de la population. Focus. Lors d’un meeting au Rajasthan, Narendra Modi, premier ministre indien, a tenu des propos ouvertement islamophobes en ciblant implicitement les musulmans qualifié « d’infiltrés » qui font « le plus d’enfants ». Cette prise de parole intervenait deux jours après l’ouverture des bureaux de vote pour les élections législatives qui se termine le 1er juin. Plus de 2 000 citoyens indignés ont écrit à la commission électorale, ce lundi, pour demander des mesures à l’encontre du premier ministre indien. La stratégie politique islamophobe du BJP Durant un meeting électoral au Rajasthan dimanche dernier, le Premier ministre indien Narendra Modi a accusé le Congrès, le principal parti d’opposition, de vouloir distribuer la richesse nationale aux « infiltrés » qui ont le plus d’enfants visant, sans les nommer, la minorité musulmane du pays : « Ils rassembleront toutes vos richesses et les distribueront à qui ? A ceux qui ont le plus d’enfants. Ils les redistribueront aux infiltrés. Pensez-vous que l’argent que vous avez durement gagné devrait être donné aux infiltrés ? Approuvez-vous cela ? » Cette rhétorique s’inscrit dans le contexte d’une stratégie du parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), qui stigmatise les musulmans comme une menace démographique. Depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014, des lois anticonversion ont été adoptées dans plusieurs États gouvernés par le BJP, discriminant les minorités religieuses musulmanes et chrétiennes sur des simples accusations de vouloir convertir les hindoues. La commission électorale appelée à prendre des sanctions Les propos islamophobes de Narendra Modi ont suscité une forte réaction. Le Congrès a saisi la commission électorale pour pour demander des sanctions contre ces déclarations « ciblant de manière flagrante une communauté religieuse ». Plus de 2000 citoyens ont également appelé la commission à prendre des mesures contre le Premier ministre. Le chef du gouvernement du Kerala, Pinarayi Vijayan, a aussi condamné « l’islamophobie » de Narendra Modi et les « tactiques communautaires » du BJP. Un député musulman du Parlement indien, Asaduddin Owaisi, a notamment réfuté les affirmations de Modi sur la fécondité musulmane : « Modi a dit que les musulmans avaient plus d’enfants. C’est un mensonge. Le taux de fécondité a baissé dans la communauté et, selon les données officielles, il est de 2,36 % » Le porte-parole du BJP a réagi aux déclarations polémiques du Premier ministre, dans la presse indienne, en affirmant que Narendra Modi avait simplement appelé « un chat un chat ». A lire aussi :