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Liban : Israël poursuit ses bombardements et étend sa « zone tampon »

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Israël commence à mener des opérations au-delà de la « ligne jaune » qu’il avait lui-même fixée dans le sud du Liban. Au moins 31 personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants, ont été tuées mardi dans plusieurs villages libanais lors de frappes aériennes israéliennes.

Au sud du Liban, l’agression israélienne s’intensifie autour de la « ligne jaune », cette « zone tampon » établie par Israël jusqu’à 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, sur « plusieurs centaines de kilomètres carrés le long de la “ligne bleue” » qui sert de frontière entre Israël et le Liban.

Une trentaine de morts libanais ce mardi

Au moins 31 personnes ont été tuées et 40 autres blessées mardi dans des frappes aériennes israéliennes menées dans le sud du Liban, selon le ministère libanais de la Santé, cité par l’agence Anadolu. Les bombardements ont visé les localités de Burj al-Shamali, Kawthariyet El Riz, Habboush, Maarakeh et Selaa.

L’agence officielle libanaise NNA a indiqué qu’au moins 10 personnes, dont des femmes et des enfants, ont péri dans une seule frappe à Burj al-Shamali. Le média évoque également au moins trois raids aériens à proximité du barrage de Qaraoun, dans l’est du pays, où se situe la plus grande réserve d’eau du Liban.

Selon des médias israéliens comme Haaretz et Ynet, l’armée affirme « entamer des opérations terrestres au-delà de la ligne jaune au Liban afin de repousser les drones explosifs du Hezbollah ».

Une ligne jaune sur le modèle de Gaza

En avril, Israël avait instauré une zone profonde de 10 kilomètres en territoire libanais, matérialisée par une « ligne jaune », interdite d’accès aux habitants comme aux journalistes, et dans laquelle l’armée mène des opérations de destruction. D’après la presse libanaise, les forces israéliennes multiplient depuis plusieurs semaines les incursions répétées dans des villages situés au-delà de cette ligne.

Comme à Gaza, l’armée israélienne a mis en place cette zone d’exclusion dans le sud du Liban afin de pousser une partie de la population à fuir.

Des images collectées entre novembre 2025 et le 29 avril 2026, publiées par Le Monde, montrent l’ampleur des destructions. À la fin du mois d’avril, environ 45 % des centres urbains et villages situés dans la « zone de défense » avaient été détruits ou endommagés. Certains villages seraient détruits à près de 80 %.

Lire sur le sujet : Sud Liban : entre destructions et « plan de colonisation »

Provoquer le déplacement massif des habitants

Fin mars 2026, le ministre israélien de la Défense Israel Katz déclarait vouloir détruire « toutes les habitations de la zone frontalière libanaise, selon le modèle de Rafah et de Beit Hanoun, dans la bande de Gaza ». Dans l’enclave palestinienne, Israël avait également commencé par instaurer une « zone tampon » avant d’étendre progressivement les destructions et de provoquer le déplacement massif des habitants.

Depuis le 2 mars, l’agression israélienne contre le Liban a fait près de 3 200 morts, plus de 9 600 blessés et plus de 1,6 million de déplacés, selon les chiffres officiels. Côté israélien, 24 personnes ont été tuées, dont 23 soldats.

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