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29/09/2022
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2e tour des présidentielles 2022 : l’éternel retour du barrage « républicain »

Le système politique français semble nous condamner au perpétuel barrage républicain contre l’extrême droite. Au risque de vider de son sens l’élection. La dernière chronique de Faouzia Zebdi-Ghorab sur Mizane.info.

Certains Français n’aiment pas la France et ce ne sont pas ceux qu’on pense.

Des mesures archaïques face à la pandémie de Covid 19, le checking pour bouger, se museler pour consommer, s’auto remplir un formulaire de sortie pour balader… son chien, s’enfermer à chaque coup de sifflet, plus de loisirs, mais l’émancipation par le travail comme seul horizon, minage en règle de l’éducation nationale, obligation de se reloger dans des habitations neuves hors de prix pour des pseudo raisons écologiques, désolation médicale, de loyaux travailleurs qui n’arrivent plus à boucler leur fin de mois, le mépris répété dans des petites phrases assénées, des yeux éborgnés, des manifestations légales violemment réprimées, des scandales financiers et autres conflits d’intérêts dont on n’a même pas idée…

Pourtant, certains veulent remettre le couvert avec la vaccination obligatoire pour tous, la vaccination des 5-11 ans, le retour au septennat avec tout ce que cela entraine, un RSA conditionné au fait de réaliser 15 à 20 heures d’activité par semaine (travail non payé),50% de formation en entreprise pour des adolescents qui peinent à lire, transformation du système éducatif sur le modèle du fonctionnement des entreprises, etc., etc., etc

La culpabilisation des abstentionnistes

Quelle ironie du sort ! On a débattu, créé des commissions d’enquête, occupé le paysage médiatico-politique pendant des mois pour interdire à une poignée de jeunes filles de porter le niqab. Aujourd’hui, 70 Millions de personnes sont désormais obligées de se masquer.

On a congédié ici et là un prof ou un employé parce qu’ils avaient refusé une poignée de main. Là encore ironie du sort il est devenu interdit pendant les confinements, de serrer la main de sa propre grand-mère.

Au nom de la liberté des femmes « mon corps, mon choix », l’OMS préconise l’avortement sans condition jusqu’à neuf mois. Alors qu’on bafoue le droit à la vie des enfants en les muselant, et en les empêchant de s’épanouir à travers le sourire de leur instituteur(trice) ou de celui de leurs grands-parents.

Idem un Mélenchon qui dans son programme en appelait à supprimer l’enseignement privé hors contrat. En aurait-il oublié la loi du 15 mars 2004 qui interdit aux musulmanes voilées d’intégrer l’école publique.  Il n’y suffisait pas de les en chasser, il faudrait maintenant les priver de toute instruction ?

Le nanisme politique de certains candidats, parlons-en. Quel jeu joue la gauche en se dispersant depuis toutes ces années ? Et ils souhaitent en revanche que les Français soient unis comme un seul homme derrière leur candidature. L’hôpital qui se moque de la charité ?

Idem à droite, quel sens avait la candidature de Zemmour sinon d’occuper les écrans et les esprits durant plusieurs mois cruciaux.

Aux traqueurs de bouc émissaire qui voudraient faire porter aux abstentionnistes, les 18-35 ans la responsabilité exclusive de cette bérézina, il faudrait sans s’attarder les inviter à arrêter les analyses politiques de bazar. Car à force d’écouter les conneries des uns et des autres, ils vont finir par nous convaincre que dans cette affaire ce sont eux qui ont eu le plus de lucidité.

Les électeurs n’auraient pas assez de culture politique. Encore une fois l’hôpital qui se moque de la charité. Les candidats de gauche comme de droite ont fait preuve d’une absence totale de stratégie politique et à minima de bon sens politique.

Un entre-deux tours tout aussi risiblement antistratégique. Mélenchon choisit la façon héroïque et tonitruante : « pas une seule voix pour Marine le Pen ». Visiblement autant de flair, et aussi visionnaire qu’en 2017 !

Un Zemmour a au moins le mérite d’être plus direct en appelant ouvertement ses électeurs à reporter leurs voix sur la candidate du RN.

Division, dispersion, incohérence de nos suffrages, mais face à une incohérence encore plus criminelle des gérants de la France.

La déception des Mélenchonistes

Les intentions de vote du second tour annoncent que 1/3 des mélenchonistes vont d’une certaine manière suivre les consignes indirectes du grand chef en votant Macron. Fichtre, en voilà bien une consigne de vote historiquement héroïque lancée hardiment quelques minutes seulement après l’annonce des premiers résultats. On voit que le temps de la réflexion stratégique et politique y sont. Cela sent-il un poste ou un strapontin dans le prochain gouvernement ? Sincèrement, je compatis à la déception des mélenchonistes. Tant d’espoir, tant d’engagements, tant de dévouement pour ça !

Quelques jeunes dégradent un abri bus et nous aurons les images en boucle pendant une semaine. Et de ceux qui torpillent littéralement la France ?

L’élection présidentielle en France aujourd’hui  a plus l’allure d’une expédition punitive que l’image de l’expression démocratique d’un peuple.

Dans les transports publics, des annonces lunaires annonciatrices d’un autre monde abreuvent nos cerveaux du matin au soir et du soir au matin. Des milliers d’yeux vissés à leur téléphone portable, dans la rue, dans les métros, dans les escalators, en couple, au bistrot, au lit, au resto… Un tel flux d’informations pour une culture politique qui se délite. Où est l’erreur ?

Faouzia Zebdi-Ghorab.

Face à l’irrationalité triomphante, il ne nous reste plus qu’à prier que la tempête passe sans faire trop de dégâts. Parce que nous, à la différence de tous ces nantis de la république, nous n’aurons pas le choix entre prendre les transports publics ou un taxi. Nous n’aurons pas le choix entre prendre la voiture ou prendre le train ou l’avion. Nous n’aurons pas la liberté de circuler en cas de reconfinement… Aucune immunité ni passe-droit, diplomatique ou politique ou

On a beau retourner les choses dans tous les sens. Aucune explication rationnelle au résultat de ces élections.

Au second tour, les partisans du ≠toutsaufmacron resteront-ils sur leur logique ?

Idem, les partisans du ≠toutsaufMLP resteront-ils sur leur logique ?

Glanées ici et là les phrases du type : « Je suis musulmane, donc je ne peux pas me permettre de voter pour Marine Le Pen »

Quels seraient alors les arguments qui valideraient un vote Macron ? (Lire mon article sur le 1er tour des élections :

 La drague du second tour est ouverture. En avançant des arguments clefs. Non, mais en faisant jouer la corde émotive. On sort le violon et le tour est joué ?

Le silence manqué des représentants de l’islam de France

Des représentants de l’Islam en France sortent du silence et appellent à faire barrage à MLP dont l’idéologie et le programme seraient aux antipodes des valeurs républicaines, de l’état de droit, de la démocratie, du vivre ensemble etc… Euh, l’idéologie et le programme de Macron ne le sont pas ?

Ils s’excusent de sortir de leur silence mais ils auraient mieux fait d’y rester car rappelons-leur qu’ils ont ratifié la loi séparatisme qui pose la séparation de la religion et de la politique !

Au nom de la loi séparatisme, nous réclamons que les religieux s’occupent de religion et laissent les citoyens faire de la politique !

Rappelons que l’obligation 1re du musulman est de préserver son intégrité physique et mentale ; condition sine qua non de la réalisation de toutes les autres obligations.

Le conditionnement des musulmans à voter systématiquement à gauche interroge vraiment.

Peut-on n’avons-nous plus assez suffisamment faim… de liberté ? Peut-être l’a-t-on remplacé par une faim de conditionnement, de robotisation et de technique à outrance qui donne un faux sentiment de puissance et de liberté.

Peut-être faudra-t-il attendre [qu’à Dieu ne plaise !] que nous ayons faim, tout court, pour qu’enfin nous sortions de nos tanières mentales et de nos prisons idéologiques ;

En attendant prions Dieu « que tous nous veuille absoudre ». Et que les générations futures n’aient pas contre nous le cœur endurci de ce que nous leur léguons du fait de nos résignations et de nos abandons successifs et de nos compromissions.

Faouzia Zebdi-Ghorab