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18/06/2021
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Les Palestiniens ont le droit de se défendre, la France doit les soutenir

Le Comité justice et libertés (CJL) condamne fermement les exactions des forces d’occupation israéliennes à l’encontre des civils palestiniens. Mizane.info publie leur communiqué.

Qu’elles soient le fait de la police dans les quartiers Est de Jérusalem, de colons armés agissant en véritables milices supplétives, où de l’armée qui déverse un déluge de feu sur les habitants de Gaza, c’est le peuple palestinien dans son ensemble, qui est pris pour cible, de part et d’autre de la ligne verte.

Les événements en cours ont été déclenchés par les menaces d’expulsions forcées de familles palestiniennes résidentes du quartier de cheikh Jarrah, à Jérusalem Est, au bénéfice de colons juifs israéliens. Des menaces accompagnées de manifestations de haine, organisées par des colons extrémistes, scandant « mort aux arabes » et appelant au nettoyage ethnique.  De véritables expéditions punitives qualifiées par une partie de la presse israélienne de « ratonnades ».

Les derniers jours du mois de Ramadan, ont été, en outre, marqués par une offensive des forces d’occupation israéliennes sur l’esplanade des mosquées et au sein même de la Mosquée Al Aqsa, prise d’assaut à de multiples reprises. Balles en caoutchouc, gaz lacrymogène et grenades assourdissantes ont été utilisés contre les fidèles regroupés devant et à l’intérieur du lieu de culte.

Simultanément, Israël a intensifié son offensive militaire contre la bande de Gaza, massant des troupes le long de la frontière et bombardant sans relâche l’enclave densément peuplée. A l’heure où nous rédigeons ce communiqué plus de 100 palestiniens ont déjà été tués, dont un tiers d’enfants et plusieurs centaines ont été blessées. Parmi les cibles des avions de chasse de l’armée israélienne figurent plusieurs immeubles d’habitations, laissant de nombreuses familles sans abri.

Un habitant de Gaza qui a survécu à trois campagnes de bombardements menées par les forces israéliennes au cours des 15 dernières années, a déclaré au CJL que celle de la nuit du 11 mai était de loin « la plus brutale et la plus agressive» qu’il ait jamais connue.

Alors que la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur les crimes de guerre commis durant la guerre de 2014, le moins que l’on pourrait attendre du gouvernement français serait qu’il condamne ceux qui sont actuellement perpétrés. Or en lieu et place de condamnations, le président de la République a au contraire apporté son soutien aux bombardements israéliens.

Alors que la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur les crimes de guerre commis durant la guerre de 2014, la France devrait condamner de la manière la plus ferme les opérations militaires en cours de l’armée israélienne. Or en lieu et place de condamnations, le président de la République a  délibérément apporté son soutien à ce qui ne saurait se traduire autrement que par un massacre de population civile, lequel pourrait déboucher sur une autre inculpation de la CPI.

L’occupation de Jérusalem-Est, théâtre d’un nettoyage ethnique, ainsi que le blocus terrestre, aérien et maritime illégal et dévastateur de la bande de Gaza depuis 2007,  constituent l’un et l’autre des crimes de guerre aux yeux du droit international. Mais ce que l’on appelle communément la « communauté internationale » a depuis longtemps abandonné le peuple palestinien à son sort et n’a jamais entrepris quoi que ce fût pour contraindre Israël à cesser ses crimes. Ce dernier n’a jamais eu à répondre de ses actes.

Non seulement Israël n’a jamais été sous le coup de sanctions politiques, diplomatiques où économiques mais continue, aujourd’hui encore, de jouir d’accords commerciaux préférentiels avec les nations occidentales. Celles ci lui assurent en outre un approvisionnement en armes qu’Israël retourne inlassablement contre la population civile palestinienne. Une attitude qui confine à la complicité de crimes de guerre.

La crise actuelle ne relève ni d’un dysfonctionnement, ni d’une soudaine radicalisation du peuple palestinien mais d’une augmentation des violences physiques et symboliques qui lui sont infligées. Toutes les politiques menées par Israël convergent vers le même objectif : achever le nettoyage ethnique débuté en 1948, lequel s’est traduit, en premier lieu,  par l’expulsion de 700.000 palestiniens et la destruction de centaines de villages et de centres urbains.

Le CJL soutient pleinement les revendications du peuple palestinien. Qu’il s’agisse du droit inaliénable au retour des réfugiés comme de leur droit à résister et à se défendre contre toutes ces agressions qui rythment le quotidien d’un peuple vivant sous occupation.

Le CJL appelle toutes les organisations de la société civile, les communautés concernées et les individus à:

Rejoindre les manifestations du samedi 15 mai qui se déroulent dans toute la France (lien)

Renouveler le soutien au mouvement BDS (Boycott Désinvestissement et Sanctions) appelé par la société civile palestinienne.

-Appeler tous les représentants de l’État à mettre fin à tout accord bilatéral avec Israël jusqu’à ce que l’occupation et le blocus soient levés et que les réfugiés aient été autorisés à rentrer chez eux.

Le CJL appelle le gouvernement français à:

-Appeler à une réunion urgente du Conseil de Sécurité des Nations Unis pour exiger un embargo international sur les armes contre Israël.

-Envoyer la marine française en mission humanitaire pour briser le blocus illégal de Gaza.

-Interdire à tout citoyen français de rejoindre l’armée israélienne et poursuivre en justice quiconque est impliqué dans les crimes de guerre en cours contre les Palestiniens.

Le CJL est une organisation de défense des droits humains et des libertés publiques basée à Paris. Contact presse: contact@cjl.ong