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08/12/2022
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Le blocage d’un lycée à Nanterre dégénère en garde à vue pour 14 mineurs

Un rassemblement des élèves du lycée Joliot Curie, sur la ville de Nanterre, a brutalement basculé hier matin en affrontement avec les forces de l’ordre. 14 lycéens ont été placés en garde à vue pour des jets de projectiles. Les élèves dénoncent l’usage excessif de la violence du côté policier et des tirs de LBD.

C’est la stupeur et la colère qui règnent ce mercredi devant le commissariat de Nanterre, où s’est crée un rassemblement spontané, après le placement en garde à vue de 14 jeunes suite au blocus de leur lycée contre la mutation d’un prof syndiqué.  « Les auditions de ces jeunes, dont des lycéens, et les investigations se poursuivent. L’enquête a été confiée au commissariat de Nanterre. » précise le parquet de Nanterre.

Ce mardi, les élèves du lycée Joliot Curie avaient tentés un deuxième jour consécutif de mobilisation devant l’établissement, ce qu’ils avaient déjà fait la veille. La protestation visait principalement la mutation arbitraire d’un enseignant syndicaliste mais, plus globalement, sur « l’organisation du lycée, les modalités d’évaluation du bac, l’organisation pédagogique ainsi que le règlement intérieur » ajoutait l’académie de Versailles.

La ville de Nanterre a souligné dans quelles conditions s’est déroulée l’intervention policière.

« Le rassemblement organisé ce matin devant l’établissement, et qui a réuni environ 150 personnes, a dégénéré en affrontements avec la police, qui a fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement. Suite à des jets de projectiles et des tirs de mortiers, onze jeunes ont été interpellés et placés en garde à vue. Les parents de plusieurs de ces jeunes ont été reçus à la mairie de Nanterre. »

La ville de Nanterre a pris également plusieurs dispositions pour créer les conditions d’un retour à une situation apaisée.

« Une équipe de médiateurs est présente sur place, ajoute le communiqué de la ville, ainsi que des élus municipaux qui ont dialogué avec des jeunes, des enseignants et des parents. »

Une mobilisation active des professeurs depuis la rentrée

La contestation des élèves fait suite à la mobilisation et aux rassemblements réguliers des enseignants du lycée face à la suspension conservatoire puis la mutation de leur collègue, professeur de mathématique, Kai Terada. D’abord justifié par « l’intérêt du service et la garantie d’un fonctionnement serein », cette mutation soudaine aurait vraisemblablement pour cause, selon certaines sources, le militantisme syndicale du professeur.

En effet Kai Terada est syndiqué chez Sud Éducation. Une partie du corps enseignant est donc entrée en grève reconductible depuis la rentrée (le 5 septembre) et dénonce « une répression syndicale évidente ». De multiples actions de soutien sont ainsi organisées ainsi que plusieurs rassemblements et démarches juridiques.

Un site de mobilisation en soutien au professeur Kei Terada est en ligne

Ces diverses démarches n’ont pas été vaines car une délégation de huit huit délégués syndicaux et Kai Terada a été reçue par le ministère de l’éducation. Un entretien finalement peu concluant, le ministère les renvoyant à la décision de l’académie de Versailles :

« Le ministère a assuré qu’il n’y avait ni sanction, puisqu’il (Kai Terada) continue à percevoir son traitement, ni répression syndicale »

Des paroles évasives laissant ainsi les collègues, et soutiens de l’enseignant de Nanterre, toujours dans l’incompréhension de sa suspension puis de sa mutation.