Dans un récent entretien accordé au journal algérien TSA, Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a évoqué le « sentiment d’injustice et de saturation » ressenti par les musulmans de France face à la multiplication des lois les visant. Il dit craindre l’émergence progressive d’un « régime d’exception ».
Dans une interview au journal algérien en ligne TSA, publiée ce mercredi, le recteur de la Grande Mosquée de Paris – Chems-Eddine Hafiz – est revenu sur sa rencontre avec le Pape Léon XIV, la situation inquiétante des musulmans en France ainsi que sur les relations franco-algériennes.
Une rencontre « spirituelle et humaine » avec le Pape Léon XIV
En ouverture de l’entretien, le recteur décrit sa rencontre avec le Pape Léon XIV au Vatican : « J’ai été reçu avec les principaux participants d’un colloque organisé par le dicastère pour le Dialogue interreligieux et l’Institut royal d’études interconfessionnelles de Jordanie. Le Pape Léon XIV a insisté sur le fait que la compassion et l’empathie sont des valeurs essentielles, communes au christianisme et à l’islam ».
Il affirme avoir remercié le souverain pontife pour sa visite en Algérie, « elle a une portée spirituelle, symbolique et humaine très forte » précise-t-il.
𝐄𝐍𝐓𝐑𝐄𝐓𝐈𝐄𝐍 | « L’extrême droite veut faire des musulmans une menace existentielle ».
Dans une interview accordée au journal en ligne TSA, le recteur de la Grande Mosquée de Paris revient sur sa rencontre avec le pape Léon XIV ce lundi, la situation des musulmans en…
— Grande Mosquée de Paris (@mosqueedeparis) May 14, 2026
L’inquiétude des musulmans de France
Interrogé sur les projets de loi visant « l’entrisme islamiste », Chems-Eddine Hafiz reconnaît « la nécessité pour l’État de lutter contre l’extrémisme et toutes les atteintes à la République », tout en soulignant que cette lutte doit être menée « avec discernement, dans le respect des libertés fondamentales et sans stigmatisation collective ».
Il déplore également que de nombreux musulmans aient aujourd’hui le sentiment que « leur appartenance religieuse est constamment placée sous suspicion ou instrumentalisée à des fins politiques ». Affirmant craindre la possible émergence d’un « régime d’exception » visant les musulmans de France, il rappelle que « la loi ne peut en aucun cas cibler un groupe ou des individus en raison de leur religion ».
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Evolution positive ente la France et l’Algérie
Le recteur de la GMP revient aussi sur ses critiques de « l’extrême droite », après les attaques consécutives à sa dénonciation du banquet du Canon français. Il estime que ses propos ont été « manipulés » et accuse certains de chercher à « normaliser les idées racistes » et à « ostraciser tous ceux qui les combattent ».
Enfin, il évoque le rapprochement diplomatique entre la France et l’Algérie après plusieurs mois de tensions, saluant « une évolution positive » et les récents gestes entre les deux pays. Il estime qu’« il existe une volonté de reprendre le chemin du dialogue ».
