
2026-05-15
Écrit par Ibrahim Ajan
Le juge fédéral Richard Leon a suspendu, mercredi 13 mai, les sanctions imposées à Francesca Albanese par l’administration américaine en soutien à Israël. Il a estimé que « protéger la liberté d’expression est toujours dans l’intérêt public », rappelant la légitimité des critiques formulées par la rapporteuse spéciale de l’ONU. Protéger la liberté d'expression « Protéger la liberté d’expression est toujours dans l’intérêt public », a écrit le juge fédéral dans son ordonnance, prononçant une injonction temporaire contre les sanctions. Francesca Albanese, visée depuis juillet 2025 après avoir dénoncé publiquement la politique de Washington à Gaza, a salué cette décision sur les réseaux sociaux : « Ensemble, nous ne faisons qu’un. » La rapporteuse spéciale de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour les territoires palestiniens occupés avait été sanctionnée après avoir critiqué la position américaine concernant la bande de Gaza. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, lui reprochait également d’avoir soutenu les demandes de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Son rapport intitulé « De l’économie d’occupation à l’économie de génocide », qui met notamment en cause des entreprises américaines, ainsi que sa dénonciation du projet « illégal » et « complètement absurde » d’occupation de Gaza défendu par Donald Trump, avaient aussi provoqué la colère de la Maison Blanche. Francesca Albanese, qui dénonçait des sanctions « calculées pour affaiblir [sa] mission », a réagi après la décision judiciaire, remerciant - sur X - « tous ceux qui [lui] ont apporté leur aide ». Lire sur le sujet : Francesca Albanese accuse les États-Unis de vouloir la faire taire Un lobbying massif contre la rapporteuse de l'ONU Ces derniers mois, plusieurs soutiens d’Israël ont multiplié les attaques contre la rapporteuse spéciale. En février dernier, de nombreuses personnalités – parmi lesquelles le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot – avaient notamment relayé une citation erronée attribuée à Francesca Albanese : « Israël est l’ennemi commun de l’humanité. »Le juge fédéral Richard Leon a suspendu, mercredi 13 mai, les sanctions prises par la Maison Blanche contre Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés. Dans son ordonnance, le magistrat a estimé que « protéger la liberté d’expression est toujours dans l’intérêt public ».