Les violences sexuelles infligées par Israël aux détenus palestiniens sont « généralisées ». C’est la conclusion accablante d’une enquête publiée le 12 mai, par le New York Times, qui s’appuie sur les témoignages de quatorze anciens prisonniers recueillis en Cisjordanie occupée, ainsi que sur plusieurs rapports dénonçant le recours systématique aux violences sexuelles dans les centres de détention.
Une enquête du New York Times, basée sur 14 témoignages recueillis en Cisjordanie occupée, fait état de « violences sexuelles généralisées » commises par Israël à l’encontre de prisonniers palestiniens. Ces abus auraient été perpétrés par des gardiens de prison, des soldats, des colons ainsi que des interrogateurs israéliens.
Un schéma de violences sexuelles systématiques
Le reportage de Nicholas Kristof, journaliste du NYT, évoque « un schéma de violences sexuelles israéliennes généralisées visant des hommes, des femmes et même des enfants — commises par des soldats, des colons, des interrogateurs du Shin Bet et surtout par des gardiens de prison ».
Le chroniqueur mentionne également un rapport des Nations unies publié en mars 2025, qui dénonçait « le recours systématique d’Israël aux violences sexuelles, reproductives et à d’autres formes de violence fondées sur le genre » depuis le 7 octobre 2023.
[ 🇮🇱 ISRAËL | 🇵🇸 PALESTINE ]
🔸 Un rapport fondé sur plus de 400 témoins et experts et 10 000 photos/vidéos conclut que le Hamas a eu recours de manière « délibérée et systématique » à des violences sexuelles le 7 octobre 2023 et pendant la captivité des otages à Gaza. Il a été… pic.twitter.com/StnBUsovwE
— Little Think Tank (@L_ThinkTank) May 13, 2026
D’autres rapports viennent appuyer l’enquête du NYT
Dans son enquête, Nicholas Kristof cite aussi un rapport diffusé en avril 2026 par l’ONG Euro-Med Human Rights Monitor, concluant qu’Israël pratiquerait une « violence et une torture sexuelles systématiques », « largement appliquées dans le cadre d’une politique d’Etat organisée ».
L’auteur reconnaît qu’il est « impossible » d’évaluer précisément l’ampleur des faits, tout en affirmant que 14 hommes et femmes lui ont livré des récits détaillés de nombreux sévices.
« Beaucoup ont déclaré qu’on tirait régulièrement sur leurs organes génitaux ou qu’ils étaient frappés aux testicules. Des détecteurs de métaux portatifs ont été utilisés pour sonder l’entrejambe nue des hommes, puis pour frapper leurs parties intimes », écrit-il. Selon d’anciens détenus, les autorités israéliennes demanderaient aux prisonniers de ne pas parler de ces actes.
Lire sur le sujet : Les conditions des détenus palestiniens dénoncées par la Croix-Rouge
Les journalistes palestiniens également ciblés
En février, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avait déjà dénoncé des violences systémiques, y compris sexuelles, visant des journalistes palestiniens détenus dans des prisons israéliennes entre octobre 2023 et janvier 2026.
Dans un message publié sur X, le ministère israélien des Affaires étrangères a contesté l’article du quotidien américain, dénonçant une « campagne anti-israélienne mensongère et soigneusement orchestrée ».
