Ce mardi 12 mai s’est ouvert le Festival de Cannes 2026. Dès les premières conférences de presse, l’événement a été marqué par des prises de position politiques et des critiques visant l’industrie hollywoodienne. Le scénariste écossais et membre du jury Paul Laverty a notamment accusé Hollywood d’écarter certains acteurs en raison de leur opposition au génocide à Gaza.
Comme chaque année, stars internationales, réalisateurs et journalistes ont investi Cannes pour deux semaines consacrées au cinéma. Dès l’ouverture du festival, un membre du jury a accusé Hollywood d’avoir marginalisé Susan Sarandon, Javier Bardem et Mark Ruffalo en raison de leurs prises de position contre « le meurtre de femmes et d’enfants à Gaza ».
Des acteurs blacklistés pour leurs opinions propalestiniennes
Présent lors de la conférence de presse du jury, le scénariste britannique Paul Laverty a vivement critiqué le traitement réservé à certaines célébrités américaines ayant dénoncé le génocide à Gaza. « C’est fascinant de voir comme Susan Sarandon, Javier Bardem ou Mark Ruffalo ont été blacklistés pour leurs opinions contre le meurtre de femmes et d’enfants à Gaza », a-t-il déclaré sous les applaudissements du public.
Parallèlement, d’après Le Canard enchaîné, le réalisateur palestinien Mohammed Alshareef, 36 ans et originaire de la bande de Gaza, se heurte à un refus des autorités françaises concernant sa demande de visa. Le cinéaste devait présenter son documentaire Super Sila le 17 mai au Festival de Cannes, une projection désormais compromise faute de document de voyage.
🎞️ #Cannes2026: lors de sa tribune, Paul Laverty, juré du festival et connu comme le scénariste fétiche de Ken Loach, a critiqué la mise à l'écart des acteurs Susan Sarandon, Javier Bardem et Mark Ruffalo après qu'ils se soient exprimés contre la guerre à Gaza ⤵️ pic.twitter.com/NSPdVVOJwT
— Agence France-Presse (@afpfr) May 13, 2026
Un réalisateur gazaoui interdit de visa
Le ministère français des Affaires étrangères a expliqué que cette situation était liée à l’absence de conditions d’évacuation sécurisées et à l’impossibilité actuelle de quitter la bande de Gaza, selon la même source..
Cette justification intervient toutefois alors que plusieurs pays européens, dont l’Espagne et l’Italie, ont récemment facilité l’évacuation d’artistes et de chercheurs palestiniens vers leur territoire.
Sur le réseau social X, l’eurodéputée Rima Hassan a dénoncé une politique systématique visant à entraver les voix palestiniennes, rappelant que la France avait également refusé l’entrée au directeur de l’ONG Al-Haq, Shawan Jabarin, contraint de saisir la justice administrative.
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Le ministère de l’Intérieur sourd aux appels
De son côté, le député européen écologiste Mounir Satouri, président de la commission des Droits humains, a affirmé sur la même plateforme que les demandes de visa des ressortissants palestiniens faisaient l’objet d’un blocage systématique de la part du ministère de l’Intérieur.
Le documentaire Super Sila, réalisé par Mohammed Alshareef, explore la création de récits imaginaires destinés à préserver l’enfance dans un contexte de guerre et de siège. L’École nationale supérieure Louis-Lumière a confirmé son accord pour accueillir le cinéaste dans le cadre du programme Pause, mais cette garantie institutionnelle demeure insuffisante sans délivrance du visa consulaire.
Enfin, Hervé Rony et Anja Unger, respectivement directeur général et présidente de la Scam, ont adressé le 27 avril un courrier aux ministres concernés afin de demander un déblocage immédiat de la situation, sans avoir reçu de réponse jusqu’à présent.
