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François Bayrou, quatrième premier ministre français de l’année 2024

Emmanuel Macron a fait son choix ce matin. François Bayrou est le quatrième Premier ministre nommé, après la chute de l’éphémère gouvernement de Michel Barnier. Allié historique du président, sa nomination a déjà suscité de vives réactions dans la classe politique française. Explications. « Le président de la République a nommé M. François Bayrou Premier ministre, et l’a chargé de former un gouvernement », selon un communiqué de l’Élysée, paru ce vendredi. François Bayrou succède à Michel Barnier qui a démissionné le 5 décembre après un vote de censure historique à l’Assemblée, mettant fin à ses trois mois de mandat. La nomination d’un allié historique François Bayrou a été nommé Premier ministre ce vendredi 13 décembre par Emmanuel Macron, après un délai dépassant la promesse initiale d’une annonce sous 48 heures. Le patron du Modem devra former un gouvernement capable de résister à une Assemblée nationale fragmentée et de faire adopter un budget pour 2025. Fidèle allié de Macron depuis 2017, il fait face à des défis politiques majeurs. Face à la presse, il a souligné mesurer « la difficulté de la tâche » : « Tout le monde se dit qu’il y a un chemin à trouver qui réunisse les gens au lieu de les diviser. Je pense que la réconciliation est nécessaire » Aucune garantie de soutien politique François Bayrou fait face à un paysage politique fragmenté pour former son gouvernement. À droite, Les Républicains restent hésitants et conditionnent leur soutien à son projet. « C’est ensuite que nous pourrons décider d’une éventuelle participation », a affirmé Laurent Wauquiez. À gauche, les Insoumis ont déclaré qu’ils voteront la censure, tandis que les Écologistes menacent de le renverser s’il ne change pas de politique économique et s’il garde « Bruno Retailleau à l’Intérieur ». Les socialistes ne « participeront pas » au nouveau gouvernement et précisent que leurs « votes » dépendront des engagements du nouveau Premier ministre. Le Rassemblement national, pour sa part, précise qu’« il n’y aura pas de censure a priori ». Pour Marine Le Pen, un « prolongement du macronisme » avec François Bayrou « ne pourrait mener qu’à l’impasse ». Sous la menace d’un procès François Bayrou devra également faire face à une menace judiciaire alors qu’il prend ses fonctions. Il sera rejugé dans l’affaire des assistants parlementaires européens du MoDem, après que le parquet a fait appel de sa relaxe en février 2023. Accusé de « complicité de détournements de fonds publics européens », il pourrait devenir le premier Premier ministre en exercice à comparaître devant la justice si le procès en appel a lieu pendant son mandat. A lire aussi :

France : une vague de démissions des maires inquiètent le gouvernement

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Les démissions des maires se multiplient en France, depuis leur élection en 2020. Beaucoup déplorent un sentiment d’abandon de la part des collectivités. Ces retraits, de plus en plus fréquents, font redouter une pénurie de candidats aux élections municipales de 2026. Zoom. Depuis leur élection en 2020, 2 400 maires ont démissionné en France, reflétant un malaise croissant parmi les élus locaux. Lors du congrès de l’Association des maires de France, qui se tient du 19 au 21 novembre à Paris, une inquiétude majeure émerge : le risque d’un effondrement du nombre de candidats aux élections municipales de 2026. 2400 démissons depuis les élections de 2020 La France connaît une vague de démissions des maires et conseillers municipaux, ces dernières années. Train de vie exigeant, manque de reconnaissance salariale et surtout manque d’écoute de la part de l’Etat, les causes sont multiples. Depuis les municipales de juin 2020, « 2 400 maires ont démissionné et 57 000 sièges de conseillers municipaux sont vacants », a précisé, ce lundi, la ministre du partenariat avec les territoires, Catherine Vautrin. En septembre, le maire de Barentin (Seine-Maritime) Christophe Bouillon, sonnait déjà l’alarme : « On n’imagine pas que les élus tombent en panne. Attention ! Si nous n’y prenons garde, le risque est grand qu’une panne des maires entraîne un crash démocratique et même un black-out territorial. » La peur d’un « crash démocratique » Les témoignages ne laissent aucun doute sur la peur d’un « crash démocratique ». « Je pense qu’il y aura beaucoup moins de maires dans deux ans parce qu’on n’en peut plus », déclare Jean-Luc Lentier, maire de Vézac (Cantal) à l’ouverture du congrès de l’Association des maires de France (AMF), qui se tient du 19 au 21 novembre à Paris. Selon une enquête réalisée par le Centre de sociologie des organisations, 91,2 % des maires inclus se disent « sous pression », 86,7 % déclarent avoir des troubles du sommeil et 44,6 % ont déjà pensé à démissionner. « Il existe un risque de dépression collective si notre capacité à agir n’est pas prise en compte » avertit le président du conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard.  Renforcer le statut des élus Lors des municipales de juin 2020, 345 conseils municipaux étaient incomplets et 106 communes n’avaient pas de candidats. « Il y a eu une petite alerte. Il faut éviter que ça se reproduise en 2026 », précise une source à l’Elysée. Une des solutions envisagées, par le gouvernement, est de renforcer le statut des élus. Catherine Vautrin a annoncé son soutien à la proposition de loi, votée en mars par le Sénat, visant à améliorer l’indemnisation et la protection sociale des maires. Pas sur que cela suffise à réduire la « fatigue républicaine » lors des prochaines élections municipales. A lire également :

Cachemire indien : le parti d’opposition remporte une élection historique

Cachemire élection

Pour les premières élections législatives locales en dix ans au Cachemire, région à majorité musulmane, l’opposition l’a emporté face au parti nationaliste de Narendra Modi. Le retour de la rédaction. C’est une première historique dans cette région martyrisée à majorité musulmane. Lors des élections législatives locales, l’opposition a remporté la victoire face au parti de Narendra Modi. Le parti de la Conférence nationale a obtenu quarante-neuf sièges (37,2 % des voix). Le Parti du peuple indien (BJP), dirigé par le Premier ministre, n’a remporté que vingt-neuf sièges (25,6 % des voix). Le coup de force de Narendra Modi au Cachemire Près de neuf millions de Cachemiris ont été appelés aux urnes du 18 septembre au 1er octobre pour élire leurs représentants à l’assemblée du Jammu-et-Cachemire. Depuis plusieurs années, le Cachemire, majoritairement musulman, est divisé en différentes régions. Les élections sont organisées officiellement au Jammu-et-Cachemire, un nouvel État créé par Narendra Modi. En 2019, le Premier ministre a supprimé l’autonomie de la région et interdit la possession de propriétés aux non-Cachemiris. Ces mesures visaient objectivement à marginaliser les musulmans et à priver la région de sa représentation. L’hindouisation forcée la zone étant l’un des principales buts. Une région administrée par le gouvernement de Delhi La région a été isolée du monde durant des mois. Son accès est toujours interdit aux journalistes étrangers. Le Cachemire est passée d’un statut d’État autonome à une région administrée directement par Delhi. L’état a été volontairement scindée en deux entités : le Jammu-et-Cachemire et le Ladakh. Le gouvernement régional a perdu la majorité de ses pouvoirs, désormais sous l’autorité d’un gouverneur nommé par l’Inde. Une victoire électorale historique Après sa victoire aux élections, la Conférence nationale, représentée par Omar Abdullah, devrait former le nouveau gouvernement. Le parti souhaite principalement à annuler les changements politiques et constitutionnels survenus après la révocation de l’autonomie du Cachemire. Son père, Farooq Abdullah, considère les résultats comme un « verdict contre le gouvernement de Narendra Modi ». Malgré les promesses de prospérité du premier ministre, la région reste en proie à de nombreux problèmes socio-économiques (chômage massif, insécurité, corruption..). A lire aussi :

France : un nouveau gouvernement déjà sous le feu des critiques

Emmanuel Macron a validé, samedi 21 septembre, les 39 membres du gouvernement de Michel Barnier. Ce gouvernement, marqué fortement à droite, est le résultat d’une fragile coalition entre le camp présidentiel et Les Républicains. Elle suscite déjà des critiques de l’ensemble des partis politiques du pays. Zoom. Trois mois et demi après la dissolution de l’Assemblée nationale et onze semaines après des législatives qui ont laissé le pays sans majorité, la France a enfin un nouveau gouvernement. Le nouveau premier ministre, Michel Barnier, a dévoilé son gouvernement ce samedi 21 septembre par l’intermédiaire d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée. La nouvelle composition a immédiatement suscité des réactions critiques de l’ensemble de l’échiquier politique français. Un « gouvernement de perdants » Le gouvernement plutôt uniforme de Michel Barnier, nouvellement formé, est immédiatement marqué par des tensions provenant de tous les partis politiques du pays. Des sympathisants d’Emmanuel Macron à l’extrême droite, en passant par le Nouveau Front Populaire, tous critiquent une équipe jugée trop à droite, avec un programme politique flou. Le NFP arrivé en tête des législatives, qui revendiquait le droit de gouverner, a promis de s’opposer fermement au nouveau gouvernement. Jean-Luc Mélenchon a appelé à se « débarrasser aussitôt que possible de ce gouvernement des perdants des élections législatives, qui est entre les mains de l’inquiétant ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau ». Lucie Castets, candidate du NFP pour Matignon, ajoute : « On nous promettait un gouvernement de concorde, on a un gouvernement de droite dure. C’est la démocratie qui est humiliée ce soir avec la fin de ce suspense de papier ». La gauche a déjà annoncé qu’elle voterait une motion de censure contre ce gouvernement à l’Assemblée. L’avenir du nouveau gouvernement aux mains du RN ? La cheffe des députés Rassemblement National, Marine Le Pen, a fustigé « un gouvernement remanié, éloigné du désir de changement et d’alternance exprimé en juin dernier ». Le RN a le pouvoir de faire tomber le nouveau gouvernement en votant, avec la gauche, une motion de censure. Jordan Bardella, président du RN, exprime également sa déception : « Ce nouveau gouvernement signe le retour du macronisme par une porte dérobée. Ce que les Français ont démocratiquement sanctionné, à deux reprises, ne peut revenir par de lamentables jeux d’appareils et calculs politiciens. C’est donc un gouvernement qui n’a aucun avenir » L’arrivée de Bruno Retailleau, chef des sénateurs Les Républicains, au poste de ministre de l’Intérieur avec des positions semblables aux idées du RN, a suscité le mécontentement des macronistes et du MoDem. D’autres nominations à la « droite de la droite » ont provoqué la polémique, notamment Laurence Garnier au ministère de la Consommation et Annie Genevard à l’Agriculture. Qui sont les nouveaux nominés ? Sébastien Lecornu et Rachida Dati, issus de LR, sont les seuls à conserver leurs postes respectifs aux Armées et à la Culture. Parmi les transferts de ministères, Jean-Noël Barrot est promu aux Affaires étrangères, tandis que les macronistes Catherine Vautrin et Agnès Pannier-Runacher passent respectivement aux Territoires et à la Transition écologique. Au ministère de l’Économie, Antoine Armand, jugé « peu expérimenté » dans ce domaine, hérite du portefeuille. Les Comptes publics sont attribués à l’ex-député Laurent Saint-Martin. La députée Renaissance Anne Genetet est nommée à l’Éducation. La MoDem Geneviève Darrieussecq devient ministre de la Santé et le LR François-Noël Buffet prend en charge les Outre-Mer. Seule prise de gauche, Didier Migaud ex-député socialiste, est nommé ministre de la Justice. La nouvelle équipe se réunira autour d’Emmanuel Macron ce lundi pour un premier Conseil des ministres. A lire aussi :

Michel Barnier nommé premier ministre : les premières réactions

Deux mois après le second tour des élections législatives du 7 juillet, Emmanuel Macron a nommé, jeudi 5 septembre, l’ex-commissaire européen de droite, Michel Barnier, au poste de Premier ministre. Le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une élection qui « a été volée ». La rédaction fait le point. Au terme de sept semaines d’attente après le second tour des élections législatives du 7 juillet, qui a vu la coalition du Nouveau Front populaire (NFP) arriver en tête, Emmanuel Macron a enfin nommé, ce jeudi, Michel Barnier, issu du parti Les Républicains (LR), au poste de Premier ministre. Cette nomination a suscité la colère des membres du Nouveau Front populaire et des réactions plutôt favorables des leaders des partis de droite (RN et LR). Un mépris du « choix issu des urnes » Emmanuel Macron a demandé à Michel Barnier de « constituer un gouvernement de rassemblement au service du pays », a annoncé ce jeudi l’Elysée. Ce choix survient après une longue série de consultations par le président de la République. Les deux autres « prétendants », Bernard Cazeneuve et Xavier Bertrand, ont été écartés mercredi. Bernard Cazeneuve a été écarté en raison de sa volonté de maintenir un programme de gauche tandis que Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, a été écarté à cause des menaces de censures simultanées du NFP et du Rassemblement national (RN). La nomination de Michel Barnier au poste de Premier ministre a provoqué des réactions hostiles du Nouveau Front populaire. Le chef du parti de La France insoumise (LFI)Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une élection qui « a été volée ». « Emmanuel Macron refuse de respecter la souveraineté populaire et le choix issu des urnes alors que le Nouveau Front populaire a obtenu le plus grand nombre de sièges lors du second tour des élections législatives » Un précedent « dramatique et dangereux » pour la démocratie Jean-Luc Mélenchon a appelé à une « mobilisation la plus puissante possible » le 7 septembre pour s’opposer à la nomination de Michel Barnier comme Premier ministre. Olivier Faure, chef du Parti socialiste, considère cette nomination comme une preuve d’une « crise de régime » : « Dans toutes les démocraties du monde, c’est la coalition arrivée en tête qui est appelée à former un gouvernement. Jamais le parti qui a perdu l’élection. Créer ce précédent serait dramatique et dangereux pour les institutions elles-mêmes » Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti Les Écologistes, rappelle que « le président a fait les yeux doux à l’extrême droite » afin d’obtenir une non censure du gouvernement. Ian Brossat, porte-parole du Parti communiste français (PCF), a qualifié la nomination de Michel Barnier de « foutage de gueule total ». La droite exulte Le Rassemblement national (RN) a accueilli plutôt favorablement la nomination de Michel Barnier. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, a indiqué que le nouveau Premier ministre « semble répondre au moins au premier critère que nous avions réclamé ». « Michel Barnier semble répondre au moins au premier critère que nous avions réclamé, c’est-à-dire un homme qui soit respectueux des différentes forces politiques et capable de pouvoir s’adresser au Rassemblement national, qui est le premier groupe de l’Assemblée nationale, de la même façon qu’aux autres groupes » Pour le parti présidentiel Renaissance, Emmanuel Macron a « rempli son rôle constitutionnel » en vue d’un « gouvernement stable ». Laurent Wauquiez, chef de file des députés de la Droite républicaine, s’est dit très enthousiaste et souligné que Michel Barnier « est un homme d’une grande qualité qui a tous les atouts pour réussir dans cette difficile mission qui lui est confiée ». Pour rappel, Michel Barnier s’était déclaré, dans les colonnes du Figaro, favorable à l’interdiction du voile « dans l’espace public et dans les universités ». A lire aussi :

Le Conseil d’État saisi sur un éventuel « abus de pouvoir » d’Emmanuel Macron

Suite au refus du président de la République de nommer Lucie Castets – proposée par la coalition de gauche – au poste de Premier ministre, le leader du Parti socialiste, Olivier Faure, a interpellé mercredi le Conseil d’État sur de potentiels « abus de pouvoir » du gouvernement démissionnaire. Le mardi 23 juillet, le président Emmanuel Macron, sur le plateau de France 2, refusait de nommer Lucie Castets, candidate proposée par le Nouveau Front populaire (NFP), au poste de Première ministre. Cette proposition de dernière minute, rejetée d’un revers de main, a provoqué l’indignation des responsables du NFP. Ce mercredi, Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste, a interpellé le Conseil d’État dans une lettre publiée sur son compte X, évoquant un éventuel « abus de pouvoir » de la part du gouvernement démissionnaire. Un « déni de démocratie insupportable » « La question n’est pas un nom » a rétorqué le président Emmanuel Macron, sur le plateau de France télévision, à propos d’une éventuelle nomination de Lucie Castets au poste de Première ministre. « La question, c’est quelle majorité peut se dégager à l’Assemblée pour qu’un gouvernement de la France puisse passer des réformes, passer un budget et faire avancer le pays » a-t-il ajouté pour justifier son refus. Face à ce « déni de démocratie insupportable », selon le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, plusieurs cadres de la NFP ont dénoncé l’aveuglement du chef de l’Etat. Certains ont notamment évoqué un « coup d’État institutionnel » après les controverses soulevées par la réelection de Yaël Braun-Pivet à la présidence de l’Assemblée nationale. Malgré les sollicitations du NFP, Emmanuel Macron ne cesse de botter en touche depuis la victoire du bloc de gauche aux élections législatives. Pour le président, « la gauche n’a pas gagné et n’a pas de majorité ». Selon des sources, il souhaite plutôt, en allongeant volontairement l’activité du gouvernement, sceller un accord avec la droite et pousser les socialistes à rompre avec LFI. Lettre au Conseil d’État Ce mercredi 24 juillet, le premier secrétaire du parti socialiste, Olivier Faure, a interpellé le Conseil d’État dans une lettre publiée sur son compte X. Il exprime ses inquiétudes concernant certains actes réglementaires, en particulier une série de nominations qu’il considère comme « excédant les prérogatives du gouvernement démissionnaire ». « On peut légitimement s’interroger sur l’exercice du pouvoir réglementaire, et la récente série de nominations à des postes de direction au sein de l’administration centrale avec des dates de prise de fonction différées » Olivier Faure souligne que « jamais à notre connaissance un gouvernement n’aura dû gérer aussi longtemps les affaires courantes », rappelant qu’Emmanuel Macron a annoncé qu’il ne nommerait pas de nouveau gouvernement avant la mi-août. Sous la Ve République, un gouvernement démissionnaire n’est jamais resté en place plus d’une dizaine de jours. Le Premier secrétaire socialiste met ainsi en garde contre un éventuel « abus de pouvoir » et interroge le Conseil d’État sur son « appréciation en droit ».  A lire aussi :

Crise au Nouveau Front populaire

Dix jours après être arrivée en tête au second tour des législatives, Le Nouveau Front Populaire n’arrive toujours pas à s’accorder sur un nom de Premier ministre. Devant le blocage des discussions entre les partis de gauche, les électeurs et les sympathisants du NFP expriment leurs exaspérations et leurs inquiétudes. Focus. Depuis que le Nouveau Front Populaire (NFP) est arrivé en tête des élections législatives, les partis s’avèrent incapables de proposer une candidature commune pour le poste de Premier ministre. Le rejet par les socialistes de la candidature d’Huguette Bello et le veto des Insoumis à celle de Laurence Tubiana ont fortement tendu les relations au sein de l’alliance de gauche. Une large partie des électeurs et des sympathisants du NFP partagent un sentiment d’exaspération et d’inquiétude face à cette impasse politique. Des négociations au point mort Les négociations au sein du Nouveau Front Populaire (NFP), la coalition de gauche arrivée en tête des élections législatives, restent tendues et sans issue apparente. Depuis plusieurs semaines, les discussions pour nommer un Premier ministre traînent, révélant des fissures béantes au sein de la coalition. Nathalie Oziol, députée LFI, a accusé le « Parti socialiste de refuser systématiquement et sans raison toutes les propositions » pour la nomination d’un nouveau Premier ministre, notamment la candidature d’Huguette Bello. Un autre nom, Laurence Tubiana, a également été proposé, mais LFI s’y oppose fermement, la considérant trop proche du pouvoir et trop « Macron-compatible« . « Madame Tubiana a été le soutien de François Hollande, elle a été contactée par les macronistes pour succéder à Edouard Philippe et donc c’est une candidature Macron-compatible » Le désarroi des cadres du NFP Cette situation exaspère les électeurs et sympathisants de gauche, qui aspirent à une unité au sein de la coalition. Caroline De Haas, fondatrice du collectif « Nous Toutes« , exprime sa frustration face à l’impasse des négociations au sein du NFP : « Je ne minimise pas les désaccords entre partis mais l’urgence les oblige à trouver une solution. Vous êtes chiants, gérez vous ! » Marine Tondelier, la dirigeante des écologistes, a également critiqué les difficultés des négociations et a lancé un appel à la reprise immédiate des discussions : « Je suis en colère, je suis écœurée, j’en ai marre. Je suis fatiguée et je suis désolée du spectacle qu’on donne aux Françaises et aux Français. (…) Si on attend la pureté de la solution qui est idéale pour chacun, on la trouvera pas » Le 18 juillet, les 577 députés éliront le successeur de Yael Braun-Pivet à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette élection se tiendra dans un contexte politique très incertain. Une pétition pour élire des candidats ? D’après le président du groupe socialiste, Olivier Faure, les discussions entre les Insoumis et le PS ont repris, ce mardi, pour les désignations des postes à Matignon . Au sein de la coalition du Nouveau Front populaire (NFP), « nous sommes d’accord pour une candidature unique au perchoir [la présidence de l’Assemblée nationale] » a t-il assuré. Une pétition en ligne a d’ailleurs été lancée, mercredi 17 juillet, par le comité « Victoires Populaires« . Elle appelle à « procédez à un vote entre les députés du Nouveau Front Populaire pour désigner dans un premier temps la candidature pour la présidence de l’Assemblée nationale, puis du ou de la Premièr(e) ministre ». la pétition a récolté plus de 26 000 signatures à ce jour. « Ne nous trahissez pas, votez ! », titre en introduction et en conclusion, le communiqué du comité « Victoires Populaires » (ex Primaires Populaires). A lire aussi :

Lettre d’Emmanuel Macron aux Français : « Un déni de démocratie »

Emmanuel Macron a adressé, ce mercredi, une « lettre aux Français » abordant les suites à donner aux élections législatives. Le chef de l’état demande aux « forces politiques républicaines » de « bâtir une majorité solide » tout en estimant que « personne ne l’a emporté aux législatives ». « Un déni de démocratie » pour les députés de gauche. Zoom. Trois jours après les élections législatives anticipées, le président de la République a publié mercredi après-midi une « lettre aux Français » dans plusieurs titres de la presse régionale. Emmanuel Macron estime, dans cette missive, que « personne ne l’a emporté dimanche », et appelle les forces politiques « républicaines » à « bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle, pour le pays ». Plusieurs députés de gauche dénoncent un « déni de démocratie ». Des élections sans vainqueur pour Emmanuel Macron Dans une « lettre aux Français » publiée mercredi après-midi, le président de la République a pris la parole trois jours après le 2e tour des élections législatives dans lequel les français ont « clairement refusé que l’extrême droite accède au Gouvernement » précise Emmanuel Macron dans sa lettre. Elections où le bloc du Nouveau Front populaire est aussi ressorti, factuellement, avec le plus grand nombre de sièges obtenus à l’Assemblée nationale. Or pour le président, dimanche dernier « personne ne l’a emporté » : « les blocs ou coalitions qui ressortent de ces élections sont tous minoritaires ». La députée Renaissance Céline Calvez explicite la parabole du président : « Le président a raison de dire que personne n’a gagné. Il nous faut une coalition avant d’arriver à la question du Premier ministre. Et pour cela, nous devons faire un pas vers les autres partis, sauf la France insoumise et le Rassemblement national » Un gouvernement sans le RN ni LFI Pour le quotidien Politico, « La coalition du Nouveau Front populaire est arrivée inopinément en tête, mais selon (Macron), cela ne compte pas comme une victoire ». Le journal américain y voit là un « verdict peu gracieux du président, qui ne manquera pas de provoquer un tollé à gauche ». Le chef de l’État appelle également les forces politiques « se reconnaissant dans les institutions républicaines » à « bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle, pour le pays ». Excluant de facto le Rassemblement national, Emmanuel Macron précise : « Ce que les Français ont choisi par les urnes – le front républicain, les forces politiques doivent le concrétiser par leurs actes ». Avant la nomination d’un nouveau premier ministre, le président estime qu’il faudra « laisser un peu de temps aux forces politiques pour bâtir ces compromis ». En attendant, « d’ici là, le Gouvernement actuel continuera d’exercer ses responsabilités ». Le président doit s’incliner devant le « résultat des urnes » Plusieurs députés NFP ont dénoncé une lettre « ahurissante »  et « un déni de démocratie ». Pour la député insoumise, Clémence Guetté, Emmanuel Macron n’est « n’est pas à la hauteur de l’histoire » et doit « accepter la démocratie » : « Il n’est pas à la hauteur de l’histoire. Il avait jeté la France dans les bras de l’extrême droite, nous l’avons évité. Maintenant, le Nouveau Front populaire doit gouverner. Le président doit accepter la démocratie » Le fondateur de LFI Jean-Luc Mélenchon déplore, dans, un tweet, que « le président refuse de reconnaître le résultat des urnes » et dénonce « un coup de force, un abus de pouvoir ». [Emmanuel Macron] « doit s’incliner et appeler le Nouveau Front Populaire. C’est tout simplement la démocratie ». conclut l’ancien député. A lire aussi :

Législatives 2024 : victoire suprise et désillusions, retour sur le second tour

La France se réveille, ce lundi 8 juillet 2024, sans majorité absolue mais avec des résultats électoraux inattendus. Le Nouveau Front Populaire sort en tête du deuxième tour des élections législatives devant le parti présidentiel qui se maintient grâce aux désistements. Le RN arrive en 3e position et déchante après avoir rêvé de Matignon. Le tour d’horizon de la Rédaction. Alors que le Rassemblement national avait largement remporté le premier tour des législatives dimanche dernier, le verdict du second tour donne une topographie inédite loin des dernières estimations : victoire du Nouveau Front populaire, retour en grâce du camp présidentiel et des Républicains (suite aux désistements) et amère désillusion pour le RN. La participation lors du second tour des élections législatives anticipées ce dimanche s’élève à 66,63%, selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur. La France n’avait pas enregistré de participation aussi élevée depuis 27 ans, au second tour des élections législatives de 1997 (71,1%). « Le Nouveau Front populaire doit gouverner » C’est la grande surprise de la soirée : le Nouveau Front populaire (182 sièges) sort en tête de ces législatives. Mais avec moins de 200 députés, ils sont loin d’avoir le nombre requis pour obtenir la majorité absolue, il va donc falloir trouver une coalition pour gouverner. En quatre semaines, la gauche a monté une coalition qui a réussi à s’imposer dans le débat et dans les urnes. Pour Jean-Luc Mélenchon, le président a « le devoir d’appeler le Nouveau Front populaire à gouverner ». Dans le même ton, et déjà projeté dans l’après-élections, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, assure qu’il « doit y avoir un avant et un après 7 juillet [2024] ». En raison des appels au barrage face au RN et des désistements, le parti Ensemble ! parvient à subsister et sort en deuxième place des législatives avec 163 sièges. Cette performance limite les dégâts pour le Premier ministre Gabriel Attal, dont le président Emmanuel Macron vient de refuser la démission « pour le moment » afin « d’assurer la stabilité du pays » a annoncé l’Élysée. Bien que le parti ait obtenu « trois fois plus de députés » qu’annoncé dans les sondages, Ensemble « ne dispose pas d’une majorité pour gouverner », a souligné Gabriel Attal. Édouard Philippe a appelé hier les forces politiques à « favoriser la création d’un accord sans le Rassemblement national ni la France insoumise ». Gueule de bois pour le Rassemblement National Le Rassemblement National a sans doute crié victoire trop tôt. Malgré une percée historique au Palais Bourbon, avec 143 sièges, le parti d’extrême droite termine troisième et voit s’évaporer le rêve de hisser son jeune chef, Jordan Bardella, à Matignon. Les appels au barrage et les scandales à répétition des candidats RN ont probablement dissuadé une partie des Français de voter de nouveau en leur faveur. Jordan Bardella a dénoncé, hier, une « alliance du déshonneur » : « L’alliance du déshonneur et les arrangements électoraux dangereux passés par Emmanuel Macron et Gabriel Attal avec les formations d’extrême gauche privent ce soir les Français d’une politique de redressement » Le parti Les Républicains (LR) se maintient en vie avec 68 sièges notamment grâce aux barrages face au Rassemblement national dans les circonscriptions rurales. Ce score pourrait permettre à la droite, malgré la dissidence d’Eric Ciotti, de jouer un rôle significatif à l’Assemblée. Les grands perdants des législatives On peut noter aussi la déroute de plusieurs personnalités politiques comme Olivier Véran, ancien ministre de la Santé, battu par un candidat du Nouveau Front Populaire (NFP). Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction publique, nettement battu dans la 3e circonscription de Paris, tout comme Sarah El Haïry, ministre du gouvernement, défaite dans la 5e circonscription de Loire-Atlantique. Défaites surprises également pour Meyer Habib, député apparenté LR de la 8e circonscription des Français de l’étranger, et pour Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne depuis 27 ans, battu par le candidat du NFP Bérenger Cernon. Malgré la victoire du Nouveau Front Populaire, la France se retrouve sans majorité absolue à l’Assemblée et avec trois blocs politiques distincts. Dans ces conditions, il sera difficile de gouverner sans une coalition politique inévitable. Reste à savoir avec qui et comment, sachant que le camp présidentiel a affirmé ne pas vouloir d’accord avec les Insoumis…. A lire aussi :

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