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Les trois mesures choc du rapport Karoui pour un islam de France

Un rapport de l’institut Montaigne piloté par le conseiller Hakim Karoui va être remis au président Macron. Il propose trois mesures importantes qui pourraient constituer la trame du « plan islam » annoncé par le chef de l’état à l’automne. Le zoom de la rédaction.

Annoncé à l’automne, le plan du président Macron pour un islam de France devrait s’appuyer sur un rapport de l’institut Montaigne qui vient d’être finalisé. Piloté par Hakim Karoui, ce rapport comporte trois mesures phares : contrôle des flux financiers étrangers, contrôle des acteurs du hajj, mise en place d’une taxe pour le halal.


Les trois propositions phares du rapport de l’institut Montaigne pour un islam de France pilotées par Hakim Karoui : 

1-Mise en place d’une tour de contrôle des flux financiers et des dons, sur le modèle d’une « structure pilotée par Bercy pour lutter contre la fraude, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette structure rejoindrait la future Association pour le financement et le soutien du culte musulman (AFSCM) voulue par les grandes fédérations de mosquées et lancée début juillet. »

2-Contrôle et régulation renforcés du système opaque des voyagistes qui organisent les pèlerinages à La Mecque.

3-Taxation des produits halal pilotée par une institution nouvelle chargée d’organiser et de financer le culte musulman : l’Association musulmane pour l’islam de France (AMIF). Le marché du halal est évalué à cinq ou six milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année en France.


Des mesures qui confortent une fois encore la vision sécuritaire de l’Etat sur le dossier de l’islam, vision axée sur le contrôle et la pénalisation. Ces mesures démontrent également son incohérence concernant les flux financiers provenant d’Etats étrangers avec lesquels Paris a signé des accords de partenariats, a contrario du discours proclamant la nécessité de faire émerger un islam français. Si des mesures de contrôle du marché anarchique du hajj sont les bienvenues étant donné les pratiques de prédation financières qui sanctionnent les fidèles et que nous avions dénoncé dans une investigation précédente, la tonalité générale de l’approche du gouvernement consiste à favoriser les intérêts sécuritaires et financiers de l’Etat au détriment d’une approche institutionnelle et pragmatique reposant sur la légitimité des acteurs consultés et sur la résolution des problèmes que rencontre les musulmans dans la pratique de leur culte. Pratique garantie par la loi dont l’Etat devrait être l’exécuteur.

Cette approche confirme enfin l’échec actuel de la communauté musulmane à faire émerger un projet institutionnel autonome, solide et pérenne, un organe religieux ancré localement et structuré régionalement puis nationalement qui mutualiserait les ressources, les expériences, et ferait émerger de ce fait une doctrine et une pratique islamique conforme à la fois aux sources de l’islam et à la réalité des musulmans en France. Un projet qui associerait collégialement les acteurs légitimes du culte musulman, les acteurs engagés socialement et les intellectuels organiques de la communauté musulmane pour que les dimensions religieuse, pratique et intellectuelle soient réunies, loin de toute démarche personnalisée et politiquement partisane. Un tel projet sérieux, légitime et structuré permettrait à l’Etat d’avoir un interlocuteur solide et incontournable sur le dossier de l’islam et ne lui laisserait plus le champ libre pour imposer aux fidèles ses mesures pensées et dictées dans des cabinets par des conseillers et fonctionnaires qui, outre leur illégitimité statutaire, ignorent le plus souvent tout des réalités du culte. Voici en image la présentation des mesures du dernier rapport de l’institut Montaigne par Europe 1.

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