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La question israélienne à la lumière du Coran : réflexions préliminaires 1/2

La question israélienne dans le Coran
« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 ». Masjid al Aqsa, la mosquée Al aqsa, construite par le second calife de l’islam, Omar ibn al Khattab, dans le lieu mentionné dans le Coran où le Prophète fit un voyage de nuit de la Mecque à Jérusalem et, selon la tradition musulmane, y accomplit une prière devant une assemblée constituée de tous les prophètes.

Ahmadou Makhtar Kanté est imam, écrivain et conférencier sénégalais, auteur de « Islam, science et société ». Dans un article intitulé « La question israélienne à la lumière du Coran » que Mizane.info publie en deux parties, il nous présente un aperçu du sujet tel qu’il est abordé par deux prophéties du Livre saint. Une approche théologique comparée au service d’une compréhension coranique des enjeux eschatologiques à l’œuvre dans la guerre israélo-palestinienne.  

Juifs et chrétiens face au Temple de Salomon

L’annonce de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale (indivisible et éternelle) de l’Etat d’Israël par le président américain Donald Trump, le mercredi 06 décembre 2017, a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Elle a provoqué un regain d’intérêt relativement aux prophéties de l’Ancien comme du nouveau Testament sur le destin d’Israël et sa relation avec ce qui est communément appelé dans la littérature eschatologique, « la fin des temps ». Selon le judaïsme rabbinique majoritaire, Israël est en attente du Messie qui viendra le sauver, vaincre ses ennemis et lui restituer sa totale souveraineté politique et religieuse. Ce Messie sera en charge de la reconstruction du Temple et du retour de tous les juifs de la diaspora sur la « terre promise » Etant entendu que le Messie qui est attendu, est un descendant du roi David (paix sur lui). Cette attente messianique dure depuis la première destruction du Temple de Salomon (paix sur lui) et la déportation de la majeure partie des israélites habitant le royaume de Juda en 587-586 avant l’ère grégorienne. L’assaut final sur Jérusalem par les forces babyloniennes, a fait suite à un conflit d’une dizaine d’années entre elles et les israélites du royaume de Juda. On voit là un des points de divergence irréductible avec la croyance chrétienne d’un Messie sans père et de filiation divine que serait Jésus (paix sur lui). L’attente messianique s’est accentuée avec la tragédie de la deuxième destruction du Temple par les forces romaines en 70 du calendrier grégorien. Selon toujours le judaïsme rabbinique majoritaire, la troisième reconstruction du Temple de Salomon (paix sur lui) se fera sous la houlette du Messie fils de David, c’est pourquoi il n’appartient pas aux humains d’initier quoi que ce soit en la matière.

Trump et les adeptes de la reconstruction du Temple

La posture rabbinique majoritaire met un bémol aux initiatives et provocations des activistes juifs sous la houlette de l’organisation de l’Institut du Temple créé en 1987 par le rabbin Yisrael Ariel. Cette organisation considère qu’il est légitime pour le peuple juif de hâter la venue du Messie fils de David par un acte volontariste de reconstruction du temple. A cette fin, toutes sortes d’initiatives propagandistes sont prises par les activistes du Temple, qui semble-t-il, attirent de plus en plus l’attention du juif lambda voire le font adhérer à leur cause. In fine, pour cette organisation, il faut que l’Etat d’Israël autorise la reconstruction du temple sans tarder dans son emplacement originel qui serait le lieu actuel de la Mosquée al Aqsa, ce qui suppose la destruction de celle-ci ! Depuis 1948, aucun régime ayant eu à gouverner l’Etat d’Israël, n’a voulu franchir ce pas. Dans ce cadre, la décision du président américain Donald Trump opère comme un catalyseur pour les activistes juifs favorables à la reconstruction du Temple quel qu’en soit le prix à payer pour Israël. En effet, si Jérusalem est reconnue comme la capitale officielle, indivisible et éternelle de l’Etat d’Israël, cela voudra dire que cet Etat a plein droit de prendre des décisions souveraines sur ce territoire et notamment, celle consistant à autoriser la reconstruction du Temple.

Le retour du Messie vu par les chrétiens

Voyons maintenant du côté du christianisme ce qu’il en est de l’attente messianique. En général, les auteurs chrétiens considèrent qu’il existe des prophéties bibliques sur ce que deviendra Israël avant la seconde venue de Jésus (paix sur lui), le Messie que ce même Israël n’a pas reconnu ou a rejeté. Grosso modo, la littérature chrétienne sur la « Fin des temps » mentionne qu’Israël va connaitre maintes tribulations avec ses ennemis mais qu’il va se convertir en reconnaissant Jésus (paix sur lui), lors de sa seconde venue, comme le Messie jadis rejeté et fils de Dieu qui a accepté de se faire crucifier pour racheter les péchés de l’humanité. Selon cette posture, toute reconstruction du Temple de Salomon avant la seconde venue de Jésus (paix sur lui) sera l’occasion pour le faux Messie (l’Antéchrist), de s’y installer et de se déclarer Dieu. C’est ainsi que les juifs, parce que pressés et gagnés par la fièvre de l’attente messianique, seront séduits et trompés par le faux Messie qui accomplira des « miracles » et se fera obéir de partout dans le monde qu’il va parcourir de bout en bout.

Le récit sur les fils d’Israël est le plus récurrent et le plus détaillé dans le Coran de même que Moïse (Mûsâ dans le Coran – paix sur lui) est le prophète le plus cité dans ce Livre

Finalement, c’est Jésus (paix sur lui) qui viendra à bout de cet homme démoniaque. Pour les auteurs chrétiens, les prophéties du Nouveau Testament sur le destin d’Israël sont à prendre très au sérieux étant donné que selon l’Evangile, Jésus (paix sur lui) avait annoncé que le Temple juif serait détruit, qu’aucune pierre n’en restera et c’est arrivé. En 70 du calendrier grégorien, les troupes romaines sous le commandement de Titus détruisent à nouveau le Temple qui avait été reconstruit, puis agrandi par Hérode le Grand vers les années 20 avant l’ère grégorienne. S’y ajoute que selon la croyance chrétienne, le temps du Temple physique est révolu, il ne peut s’agir depuis la première venue de Jésus (paix sur lui) que du Temple spirituel que devient le cœur de la personne elle-même qui croit en Jésus comme le rédempteur de l’humanité. C’est la foi en Jésus comme fils de Dieu qui sauve et c’est l’Eglise qui devient le peuple de Dieu. Il en découle que les pays où l’Eglise a encore de l’influence ne verront pas d’un bon œil et ne soutiendront aucune initiative ayant pour but la reconstruction du Temple et répétons-le encore, la destruction de la mosquée d’al Aqsa que cela suppose.

Moïse, prophète le plus cité du Coran

Le Coran se dit être une source de discernement (furqân), de guidance (hudan) ainsi que d’éclaircissement (Tibyân) de toute chose. Il existe d’autres noms et attributs ou qualificatifs du Coran qui indiquent chacun une dimension de ce Livre que les musulmans croient être le couronnement de la révélation dont Dieu a fait de la descendance d’Abraham le dépositaire depuis qu’il a fait de ce dernier le guide spirituel de l’humanité à travers l’établissement de l’Alliance (‘ahd).

La question israélienne dans le Coran

Ahmadou Makhtar Kanté analyse les enjeux théologiques de la question israélienne à la lumière du Coran.

Dans les lignes qui suivent, le but est de recenser dans les récits du Coran portant sur les fils d’Israël (« Banî isrâ-îl » dans le Coran), ce qui peut éclairer notre lanterne au sujet du destin de ce peuple en rapport avec le Temple. Rappelons juste que le récit sur les fils d’Israël est le plus récurrent et le plus détaillé dans le Coran de même que Moïse (Mûsâ dans le Coran – paix sur lui) est le prophète le plus cité dans ce Livre. Notons aussi qu’Israël est un autre nom de Jacob (ya ‘qûb dans le Coran – paix sur lui), fils d’Isaac (Ishâq dans le Coran – paix sur lui), fils d’Abraham (Ibrâhîm dans le Coran – paix sur lui). C’est utile de retenir aussi que Muhammad (saws) est un lointain descendant d’Ismaël (ismâ ‘îl dans le Coran – paix sur lui), fils aîné d’Abraham (paix sur lui).

Deux énigmatiques promesses de punition rappelées par le Coran

Autant le Coran est une révélation qui traite de dogme, de culte, de morale, de récits sur les prophètes (paix sur eux), de licite et d’illicite, autant il contient des prophéties. Une de ces prophéties a mentionné la victoire des Romains plus précisément des Byzantins (Empire romain d’Orient) sur les Perses. Voici les versets en question : « Alif, Lâm, Mîm (1), les Romains ont été vaincus (2) dans la terre voisine, mais après leur défaite, ils seront vainqueurs (3), dans quelques années. A Dieu appartient la décision, avant comme après. Et ce jour-là, les croyants se réjouiront (4) du secours d’Allah. Il accorde la victoire à qui Il veut, et Il est le Tout-Puissant, le Tout Miséricordieux (5). C’est une promesse de Dieu, Qui ne manque jamais à Sa promesse quoique la plupart des gens ne le sachent pas (6) » (Coran 30 : 1-6).

Les arabes mecquois et idolâtres éprouvaient beaucoup de sympathie pour les Perses qui étaient à cette époque zoroastriens, adorateurs du Feu. Ils se réjouirent de la cuisante défaite d’Héraclius qui commandait l’armée byzantine face aux Perses en 614 à Jérusalem. Son armée fut presque anéantie. De leur côté, les chrétiens étaient effondrés ainsi que le prophète Muhammad (paix sur lui) et les premiers musulmans en raison de leur statut commun de gens du Livre et d’appartenance à la tradition abrahamique. Un redressement et une victoire des Byzantins sur les Perses semblaient impossibles à court et moyen terme, étant donné l’ampleur du désastre avec des conséquences dépassant largement la dimension militaire du conflit. Les Perses étaient tellement puissants et revigorés par leur victoire sur les Byzantins qu’ils envahirent l’Egypte après cette victoire.

Les prophéties coraniques sur les fils d’Israël

Pourtant, de façon humainement imprédictible dans le contexte de l’époque, et de surcroit pour un arabe illettré résident à la Mecque, comme le fut Muhammad (PBDSL), le Coran annonce une victoire prochaine à travers l’expression « Fî bid ‘i sinîn ». Les commentateurs du Coran, surtout ceux qui sont le plus versés dans la linguistique nous disent que cette expression était employée chez les arabes dans le sens d’un intervalle de temps entre trois (3) et neuf (9) années, ou selon une autre expression « moins de dix (10). » Cela suppose que la victoire prophétisée par le Coran aller advenir et d’autre part pas au-delà de 10 ans révolus. Abu Bakr, futur premier Calife des musulmans après le rappel à Dieu du prophète (paix sur lui), qui avait fait un pari avec des mecquois idolâtres qui n’y croyaient pas fut très inquiet quand cinq (5) ans après cette prophétie coranique, il ne voyait toujours rien venir.

Nous avons annoncé aux fils d’Israël dans le Livre : ‘Par deux fois, vous ferez œuvre de corruption sur terre et vous ferez montre d’une grande arrogance (Coran, sourate 17)

L’accomplissement de la prophétie coranique porte donc sur le relèvement et la victoire spectaculaires et extraordinaires des byzantins sous le commandement d’Héraclius face aux Perses à partir de 622 et notamment en 623-624 ! Voyons maintenant en rapport avec notre sujet, les prophéties coraniques relatives aux fils d’Israël. Nombre d’annonces faites à Moïse (paix sur lui) et mentionnées dans le Coran se sont réalisées comme prédites. Par exemple, Dieu dit à Moïse (paix sur lui) de quitter nuitamment l’Egypte (Exode dans la Bible) tout en lui signifiant qu’il sera poursuivi avec ses compagnons par Pharaon et son armée qui finiront tous engloutis dans les eaux. Ce qui arriva exactement comme annoncé. C’est dans le même registre que le Coran mentionne deux promesses de punition à l’encontre des fils d’Israël qu’il n’est pas facile de décrypter de prime abord. Cependant, nous soutenons la thèse selon laquelle, la première de ces deux promesses s’est accomplie alors que l’autre est à venir. Voici les versets en question et la traduction provisoire annotée que nous en proposons :

La question israélienne dans le Coran

« Gloire et Pureté à Celui qui fit voyager Son serviteur[1] de nuit, de la Mosquée Sainte[2] à la Mosquée la plus éloignée[3] dont Nous avons béni le(s) alentour(s), afin de lui faire voir certains de Nos signes. Il est vraiment Celui qui entend et voit tout. (1) Et Nous avions donné à Moïse le Livre et Nous en avons fait un guide pour les enfants d’Israël[4] : ‘Ne prenez pas de protecteur[5] en dehors de Moi’. (2) Descendants de ceux que Nous avons transportés dans l’arche avec Noé. Il était vraiment un serviteur fort reconnaissant. (3) Nous avons annoncé aux fils d’Israël dans le Livre : ‘Par deux fois, vous ferez œuvre de corruption[6] sur terre et vous ferez montre d’une grande arrogance[7]’ (4) Lorsqu’adviendra la promesse de la première des deux[8], Nous enverrons contre vous des serviteurs à Nous d’une dureté implacable au combat, qui défileront à l’intérieur des demeures. Et ainsi, la promesse s’accomplira. (5) Puis, Nous vous donnâmes la revanche sur eux et Nous vous renforçâmes en biens et en enfants.
Et Nous fîmes que vous disposiez de plus de soutiens[9]. (6) Si vous faites le bien, vous le faites pour vous-mêmes et si vous faites le mal, c’est à votre détriment. Puis, quand adviendra l’ultime promesse[10], (…) pour qu’ils marquent vos visages d’affliction et qu’ils entrent dans la Mosquée comme ils y étaient entrés la première fois et qu’ils saccagent complètement ce dont ils se seront emparés. (7) Il se peut que votre Seigneur vous fasse miséricorde. Mais si vous récidivez, Nous récidiverons. Et Nous avons fait de la Géhenne un lieu de détention pour les mécréants (8)» (Coran 17 : 1-8) Plus loin, dans la même sourate : « Et certes, Nous donnâmes à Moïse neuf signes manifestes. Demande donc aux enfants d’Israël, lorsqu’il vint vers eux et que Pharaon lui dit : ‘Ô Moïse, je pense que tu es ensorcelé.’ (101) Il dit : ‘Tu sais fort bien que ceux-là, seul le Seigneur des cieux et de la terre les a fait descendre comme autant de preuves éclatantes et certes, Ô Pharaon, je te crois perdu.’ (102)

Il voulut les expulser de la terre, mais, Nous les noyâmes tous ensemble, lui et ceux qui étaient avec lui. (103) Et Nous dîmes, après lui, aux enfants d’Israël : ‘Habitez la terre’ Puis, lorsqu’adviendra l’ultime promesse, Nous vous ferons venir de partout[11]. (104) Nous l’avons fait descendre en toute vérité et avec la vérité il est descendu et nous ne t’avons envoyé qu’en annonciateur et avertisseur (105) » (Coran 17 : 101-105). Tous les commentateurs du Coran s’accordent à dire que ces versets contiennent deux promesses qui sont en fait des prophéties annonçant des actes d’une gravité singulière de la part des fils d’Israël en termes de corruption (fasâd) et de grande arrogance (‘ulwwan kabîran) ainsi que de leurs conséquences en termes de punition divine y associée. Les hésitations et divergences au sein des commentateurs du Coran, notamment des premières générations, relatives à l’interprétation de ces deux prophéties-promesses de punition concernent les époques de leur accomplissement, les lieux au sens où ce sera dans ce monde ou dans l’au-delà, les parties prenantes, etc.

Le mystère de la seconde prophétie coranique

Une première difficulté de compréhension de la signification des deux promesses en question réside dans le fait que la plupart des anciens commentateurs du Coran, malheureusement repris par leurs successeurs jusqu’à nos contemporains, pensent que l’expression coranique « wa ‘dul âkhirati » renvoie à l’au-delà. C’est cela qui explique les traductions qu’on trouve dans la littérature, genre : « la promesse de l’au-delà », « l’autre promesse », « la promesse de l’autre monde » A notre humble avis, et nous y reviendrons largement plaise à Dieu, certains indices permettent de comprendre qu’il est plus juste de proposer les traductions suivantes : « ultime promesse » ou « dernière promesse », notre choix portant sur la première expression. En effet, elle exprime nettement le sens d’une promesse de punition qui fera suite à la première et qui ne sera suivie d’aucune autre. A notre humble avis, l’application rigoureuse du principe d’exégèse « Le Coran explique le Coran », la connaissance de la façon dont le Coran fait usage d’un mot ou d’une expression, la prise en compte des données de la Bible, de l’histoire notamment des fils d’Israël ainsi que de l’actualité géopolitique et religieuse autorise à aboutir à ces deux résultats : la première des deux promesses de punition « wa ‘du ûlâhumâ » annoncée aux fils d’Israël mentionnée dans le verset 5 de la sourate 17 s’est accomplie à travers la destruction du Temple de Salomon par les forces babyloniennes en 586-587 avant l’ère grégorienne ; la deuxième et ultime « wa ‘dul âkhirati » ne s’est pas encore accomplie. A noter que l’expression coranique « wa ‘dul âkhirati » est mentionnée seulement deux (2) fois dans tout le Coran dans la même sourate 17, aux versets 5 et 104 et en rapport exclusivement avec les israélites. Nous montrerons par la suite comment nous avons compris que le verset 104 de la sourate 17 mis en dialogue avec le verset 5 de la même sourate révèle dans un premier temps, la montée miraculeuse en puissance d’Israël, et puis, dans un deuxième, son effondrement brutal.

Ahmadou Makhtar Kanté

Dakar, le 10/04/2018 – Rajab, 1439

Notes

[1] Il s’agit du prophète Muhammad (saws). (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[2] « al masjidul harâm », Il s’agit de la Mosquée de la Mecque associée à la Kaaba construite ou reconstruite, il y a divergence à ce propos, par Abraham et son fils Ismaël (paix sur eux). Voir le verset 127 de la Sourate 2. (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[3] « al masjidul aqsâ », Il s’agit de la Mosquée de Jérusalem. Selon la tradition musulmane, cette Mosquée a été construite ou reconstruite par le prophète Ya ‘qûb (Jacob dans la Bible – paix sur lui) puis par le prophète Salomon (paix sur lui). Comme pour la Kaaba à propos de laquelle il y a une thèse disant que c’est Adam (paix sur lui) qui en est le premier constructeur, il existe une opinion selon laquelle, Adam (paix sur lui) est aussi le premier à édifier la Mosquée la plus éloignée (al aqsâ) de Jérusalem. Il existe aussi une opinion selon laquelle ce sont les anges qui ont été les premiers à construire et la Kaaba et la Mosquée éloignée de Jérusalem. Interrogé par son compagnon Abû Zarr sur la première Maison (Mosquée) construite et dédiée à Dieu sur terre, le prophète Muhammad (saws) répondit : « C’est la Mosquée Sainte (la Kaaba), et ensuite ? Il répondit : « C’est la Mosquée al-Aqsâ » Combien de temps entre les deux ? Il répondit : 40 ans (Bukhârî). Dans un hadith authentifiée par les ulémas de la matière, le prophète a construit la Mosquée de Jérusalem : « Lorsque Salomon,  fils de David  eut terminé l’édification de  Bayt al-Maqdis (la Mosquée sainte de Jérusalem),  il  demanda à Dieu trois choses :  un jugement (qu’il donne sur une affaire) qui soit conforme au Sien (Celui de Dieu),  un royaume tel que personne après lui n’aura de pareil  et  que Dieu  efface tous les péchés de toute personne qui entreprend un voyage vers cette mosquée juste pour y accomplir la prière, en le rendant aussi pur que le jour où sa mère l’a mis au monde. Puis le prophète (saws) dit :’les deux lui furent accordées, quant à la troisième, j’espère qu’il en sera de même » (an-nasâ-i, ibn mâjah et autres compilateurs de hadiths). (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[4] Certains commentateurs expliquent que le sous-entendu que nous avons mis comme ceci (…) c’est : « et Nous leur avons dit ». (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[5] Le terme coranique est « wakîlan » qui veut dire ce ou celui en quoi on place sa confiance, et dont on espère que le soutien ou le secours soit le gage du succès et de la victoire. (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[6] Le terme utilisé « fasâd » renvoie au chaos, au désordre, à la corruption, au déséquilibre, etc. Etant entendu qu’il faudra savoir à quoi il s’applique. Ce peut être la foi, la politique, la morale, la vie, l’économie, la parenté, le cosmos, les végétaux, les animaux, la terre, la mer… (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »).

[7] L’expression est « ‘uluwwan kabîran » : grande rébellion, orgueil excessif, ostentation grossière, irrespect flagrant, profond mépris, grande effronterie… (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[8] L’expression coranique utilisée est : « wa ‘du ûlâhumâ » et ce qui précède permet de savoir qu’il s’agit de la première promesse de punition associée aux actes de corruption et d’arrogance dont les fils d’Israël seront les auteurs dans un premier temps. (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[9] Le terme coranique utilisé est « aksra nafîran », « nafÏr » renvoie à un soutien, un soldat, un membre du clan qui est solidaire avec le reste, etc. Il a posé problème aux commentateurs et par conséquence aux traducteurs. Nous reviendrons largement sur le pourquoi nous proposons la traduction de « soutien » à la place de « plus nombreux » qu’on trouve souvent dans la littérature. (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[10] L’expression coranique utilisée est : « wa ‘dul âkhirati » qui renvoie à la deuxième promesse de punition associée à l’œuvre de corruption et de grande arrogance que les fils d’Israël commettront après la première. Nous verrons par la suite que cette expression posera problème à la plupart des commentateurs du Coran qui en feront une annonce pour l’autre monde en totale déconnection avec la première. (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

[11] Le terme utilisé est « lafîfan », le pluriel est utilisé dans un autre verset « alfâfan » associé à la diversité et la luxuriance des jardins « jnnâtin afâfan ». Comme pour l’expression « wa ‘dul âkhirati », il a posé beaucoup de difficultés aux commentateurs. Le terme renvoie à l’idée d’un mélange de choses de diverses provenances. Nous reviendrons largement sur le pourquoi nous proposons la traduction de « de partout » au sens d’un retour de la diaspora israélite en terre « promise ». (« La question israélienne à la lumière du Coran 1/2 »)

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