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Arnaud Beltrame, héros d’une France musulmane

Arnaud Beltrame.

Le gendarme de 44 ans s’était substitué à une femme prise en otage par Radouane Lakdim dans le super U de Trèbes. Mort des suites de ses blessures infligées à l’arme blanche, promu au rang de colonel à titre posthume, Arnaud Beltrame recevra un hommage aux Invalides mercredi 27 mars.

La folie criminelle a encore frappé le territoire français vendredi 23 mars au Super U de Trèbes. Un homme répondant au nom de Radouane Lakdim a pris en otage les employés et les clients du magasin après avoir tués deux salariés. Un acte de terrorisme accompli par un homme fiché s depuis 2014, condamné en 2011 et 2015 pour possession de stupéfiants et autres délits de droit commun. Arrivé avec les gendarmes 20 minutes après le début de la prise d’otages, Arnaud Beltrame a tenté de négocier la libération des otages avant de proposer de se substituer à une femme prise comme bouclier humain par l’assaillant. Un acte héroïque qui a coûté la vie au lieutenant-colonel mort des suites d’une attaque au couteau. Honoré à titre posthume du rang de colonel, Arnaud Beltrame recevra un hommage aux Invalides mercredi 27 mars 2018. Cette mort, à l’image de celle de toutes les victimes du terrorisme, a suscité une grande tristesse dans la communauté nationale et plus particulièrement dans la communauté musulmane française, doublement affectée par les événements tragiques de Trèbes. Prise en épingle, coincée entre le marteau de la folie criminelle terroriste et l’enclume de la colère populaire, la communauté musulmane française vit des jours difficiles. Et pourtant, au-delà du caractère tragique de ce que nous vivons collectivement en France, page après page, ligne après ligne, une autre histoire s’écrit discrètement dans les cahiers secrets de la conscience universelle. Dans ces récits intimes, où la violence des Hommes se heurtent au courage des âmes, des scènes insoupçonnées se déroulent sous nos yeux, des moments de rencontre exceptionnels.

Une leçon d’islam, ultime et magistrale

Le sacrifice héroïque d’Arnaud Beltrame face à la rage destructrice de Radouane Lakdim en est un incontestablement. Arnaud Beltrame, ce gendarme, qui devait se marier en juin, a fait le don de sa vie pour qu’une autre âme vive. Ce sacrifice ne témoigne pas seulement de la grandeur de cet homme, il célèbre avec force et honneur toutes les vertus universelles enfouies, tapies au fond de l’être et qui surgissent en tant de crise, de guerre ou de violence criminelle, pour communiquer aux Hommes un message d’espoir et de dignité. Ce message, Arnaud l’a transmis avec sérénité et amour. Dans la communion tragique de ses derniers instants de vie, il a vécu et approché avec beaucoup plus de générosité et d’élan de cœur la quintessence du message coranique de l’islam, de ses valeurs ultimes qui sont justice, bienfaisance, assistance aux proches et sacralité de la vie, que n’aurait jamais pu le faire Radouane Lakdim, cet homme corrompu par la haine et consumé par le feu satanique de la colère. « Dieu vous ordonne la justice, la bienfaisance et l’assistance aux proches » (sourate Les abeilles, verset 90), « Celui qui sauve une vie est comme celui qui a sauvé l’humanité toute entière » (sourate La table servie, verset 32), « Rends le bien pour le mal, et tu verras ton ennemi se muer en fervent allié ! Mais une telle grandeur d’âme est seulement le privilège de ceux qui savent faire preuve de patience et de ceux qui sont touchés par une grâce peu commune. Et si le démon t’incite à agir autrement, cherche aussitôt refuge auprès de Dieu, car Il entend tout et sait tout. » (sourate Les versets détaillés, versets 34 à 36). Ces règles d’or inscrites en lettres divines sur le fronton de tous les cœurs valeureux, Arnaud Beltrame les aura honorées avec beaucoup plus de douce ferveur et de sainte humilité que son assaillant injuste n’aurait jamais pu le concevoir.

Fresque en hommage à Ahmed Merabet, policier tué au moment des attentats de Charlie Hebdo.

 

Vendredi 23 mars, Arnaud Beltrame n’a pas seulement offert sa vie à une victime et à une Nation, il a délivré une leçon magistrale d’islam à un criminel qui en manquait cruellement et par cet enseignement ultime, a transmis un précieux flambeau, le même flambeau que d’autres avant lui avaient porté avec dignité, dans la beauté de l’anonymat, au seuil de la vie et de la mort : Ahmed Merabet, Lassana Bathily, Yoav Hattab, Ludovic Boumbas et tant d’autres…

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