Relaxé le 28 mai 2025 par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, le politologue François Burgat a de nouveau comparu devant la justice ce mercredi, après l’appel interjeté par le parquet. En cause : plusieurs publications sur le réseau social X en 2024, en lien avec la situation à Gaza.
Ce mercredi 29 avril, François Burgat, islamologue et ancien directeur de recherche au CNRS, a été jugé en appel pour « apologie du terrorisme » en lien avec des publications sur les réseaux sociaux. Le procureur de la cour d’appel d’Aix-en-Provence a requis contre lui un an de prison avec sursis.
Relaxé en première instance
Une nouvelle audience s’est tenue mercredi 29 avril devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence dans cette affaire. En première instance, le politologue et ancien directeur de recherches émérite au CNRS avait été relaxé le 28 mai 2025, à l’issue d’un procès engagé pour « apologie du terrorisme » en lien avec des publications sur les réseaux sociaux portant sur la situation à Gaza. Une décision contestée par le parquet, qui a fait appel.
Initialement, l’islamologue avait été placé en garde à vue le 9 juillet 2024 à la suite d’un signalement de la Direction générale de la sécurité intérieure, relayé par une plainte de l’Organisation juive européenne. Deux autres associations, Avocats sans frontières et la Licra, s’étaient jointes à la procédure en tant que parties civiles.
Nadia Meziane : "Le procès de François Burgat, poursuivi pour apologie du #terrorisme, relaxé et cité de nouveau en appel par les associations pro-israéliennes, n’est pas un procès isolé. C’est un test : celui de notre capacité à nommer un génocide pendant qu’il a lieu". (…)… pic.twitter.com/VCbp099ZzL
— François Burgat (@frburgat) April 28, 2026
Une salle d’audience bondée
« Concrètement, François Burgat est poursuivi pour avoir diffusé sur le réseau X un extrait d’un ouvrage paru aux éditions La Découverte en 2016, dans lequel il analysait la trajectoire politique du Hamas, notamment à partir de sa victoire électorale de 2006 », précise l’auteure Nadia Meziane.
Les poursuites reposent notamment sur deux prises de position : des déclarations dans lesquelles François Burgat affirmait avoir « infiniment plus de respect pour les dirigeants du Hamas que pour leurs homologues israéliens », ainsi qu’un message publié après la condamnation d’Abdelhakim Sefrioui dans le procès de l’attentat contre Samuel Paty, visant à dénoncer l’extension de la responsabilité pénale sous la qualification d’association de malfaiteurs.
À la suite de plusieurs appels citoyens, la salle d’audience d’Aix-en-Provence était bondée ce mercredi, une partie du public venue soutenir François Burgat ayant dû rester à l’extérieur. « Ce qui se joue ici dépasse largement une personne, un livre ou un extrait publié sur un réseau social. Il s’agit de savoir si l’énonciation d’une réalité historique et politique peut, en elle-même, devenir un délit », déclare Nadia Meziane.
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« Aujourd’hui, en France, l’apologie de la Vérité devient un crime »
« Certains voudraient le voir condamné pour “apologie du terrorisme”, parce que la Vérité sur le génocide de Gaza dérange. Aujourd’hui, en France, l’apologie de la Vérité devient un crime », ajoute, dans un texte de soutien, le chercheur et sociologue Vincent Geisser.
Le procureur a requis un an de prison avec sursis contre François Burgat, tandis que chaque partie civile réclame 15 000 euros de dommages et intérêts. Verdict le 27 mai à 14h. Depuis l’origine de la procédure, les avocats du politologue dénoncent une judiciarisation croissante du débat intellectuel.
