
2023-06-05
Écrit par Redaction
Evoquant un « risque de trouble à l’ordre public », la ville de Nice, sous la houlette de Christian Estrosi avait voté un arrêté municipal afin d'interdire la venue de Tariq Ramadan ce dimanche 4 juin. "Un déjeuner littéraire" devait se tenir dans un restaurant, tenu secret, de la ville. Le tribunal administratif de Nice a donc rendu sa décision, samedi, en invalidant cet arrêté et en condamnant la municipalité d'avoir porté « une atteinte grave à la liberté de réunion et d’expression ». Un camouflet pour la municipalité qui n'a pas pu faire valider son arrêté auprès du tribunal administratif de Nice. Plaidant « l'impossibilité de sécuriser l'évènement » et « un risque de trouble à l’ordre public », ces arguments n'ont manifestement pas convaincu la justice. « Je regrette cette décision. » a réagi le maire Christian Estrosi, dans un communiqué, tout en indiquant que « Tariq Ramadan est un prédicateur qui prône le séparatisme » et qu'il n'était « pas le bienvenu à Nice ». L'intellectuel Genévois, tout juste acquitté dans une affaire de viol en Suisse, s'est donc rendu dimanche dans un restaurant niçois pour animer un « déjeuner littéraire » auquel près de 80 personnes se sont inscrites. Un échange autour de L’Alchimiste de Paulo Coelho suivi d’une « réflexion méditative » ont été les thèmes de cette conférence. Le caractère secret du lieu exacte était la principale arme d'accusation pour faire interdire la venue de l'islamologue. Le tribunal administratif a donc retenu les arguments de la défense de Tariq Ramadan lors de l’audience samedi dernier. L'avocat Me Sefen Guez Guez a notamment évoqué le fait que son client a animé déjà 19 déjeuners littéraires de ce type depuis deux ans en France. La ville de Nice a, par ailleurs, été condamné à verser 500 euros à Ramadan. En effet, le tribunal stipule que l'arrêté porte atteinte à la liberté d'expression : « Cet arrêté porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de réunion et d’expression » Après ce « déjeuner littéraire » à Nice, un autre est prévu en région parisienne le 18 juin. A lire également Le « déjeuner littéraire », animé par l'islamologue Tariq Ramadan, a bel et bien eu lieu à Nice. Le tribunal administratif a suspendu l'arrêté municipal déposé par le maire de la ville pour interdire sa venue. La municipalité est, en outre, condamné à verser 500 euros à l'intellectuel pour « atteinte à la liberté de réunion et d'expression ». Le zoom de la rédaction.
Une décision « regrettable » pour Christian Estrosi

Déjà 19 déjeuners littéraires
