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Procès contre Rima Hassan : le délit de « soutenir la Palestine »

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2026-07-06

Écrit par Rédaction

La vague de répression des militants pro-palestiniens se poursuit en France. L'eurodéputée Rima Hassan sera jugée mardi à Paris pour « apologie du terrorisme » suite à un tweet, publié en 2024, évoquant les propos d'un militant politique Japonais Kozo Okamoto. Dans une tribune, plus de 200 personnalités apportent leur soutien à l’eurodéputée LFI et dénonce une « instrumentalisation de la justice ».

Un énième procès « politique » contre une voix en faveur de la Palestine attend l'eurodéputée Rima Hassan. Elle sera jugée pour un message publié sur son compte X en 2024, dans lequel elle évoquait le militant japonais Kozo Okamoto. Ces propos ont été signalés au parquet par le ministre de l'Intérieur, puis par l'Organisation juive européenne et la LICRA. « Ce procès est politique. Il vise à intimider toutes celles et ceux qui refusent le silence face aux crimes israéliens », a dénoncé lundi Rima Hassan dans un message publié sur X.

Un tweet au cœur des poursuites

« J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » Dans ce tweet, publié en 2024, Rima Hassan reprenait des propos attribués à Kozo Okamoto, ancien membre de l'Armée rouge japonaise (ARJ), proche du Front populaire de libération de la Palestine.

Signalés au parquet par le ministre de l'Intérieur, puis par l'Organisation juive européenne et la LICRA, ces propos valent à l'élue insoumise d'être jugée ce mardi pour « apologie du terrorisme ». Sa convocation et son placement en garde à vue, le 2 avril, avaient suscité un important retentissement politique et médiatique. Son avocat, Vincent Brengarth, avait dénoncé une garde à vue « parfaitement illégale » en raison d'« un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet » destiné à « contourner » son immunité parlementaire.

La criminalisation des voix propalestiniennes

L'élue franco-palestinienne avait porté plainte début avril pour violation du secret de l'enquête. Elle a également saisi le Défenseur des droits afin de dénoncer de « graves manquements déontologiques » de la part des policiers lors de sa garde à vue. « Ce procès est politique. Il vise à intimider toutes celles et ceux qui refusent le silence face aux crimes israéliens », a affirmé lundi Rima Hassan dans un message publié sur X.

À la veille de l'audience, Vincent Brengarth dénonce également « la criminalisation d'une voix propalestinienne parce qu'elle est forte et qu'elle dérange ». Selon lui, le procès de mardi sera « majeur du point de vue de la liberté d'expression ».

Plus de 200 personnalités apportent leur soutien

Dans une lettre ouverte, plus de 200 personnalités ont apporté leur soutien à Rima Hassan. « Au moment même où Gaza est dévastée sous les yeux du monde, où des familles entières sont ensevelies sous les décombres (...) un renversement des responsabilités s'est installé dans le débat public. Ce ne sont ni les auteurs de ces violences ni ceux qui les justifient qui se retrouvent aujourd'hui mis en cause, mais celles et ceux qui élèvent la voix pour demander que cessent les massacres et que soient enfin appliqués les principes les plus élémentaires du droit international », écrivent les signataires.

« En faisant peser sur certaines prises de parole la menace de poursuites judiciaires, ces méthodes contribuent à installer un régime de dissuasion où chacun est invité à mesurer le coût d'un engagement, à anticiper les conséquences d'une solidarité affichée, et parfois à préférer le silence à l'exercice de sa liberté de conscience. Le traitement judiciaire, politique et médiatique réservé aujourd'hui à l'eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan constitue l'une des manifestations les plus significatives de cette dérive. »

« Rien ne garantit que, demain, d'autres engagements, d'autres solidarités et d'autres contestations ne soient pas à leur tour frappés du même soupçon. Les projets de durcissement législatif déjà annoncés, à commencer par la loi Yadan, ne font que confirmer cette trajectoire », conclut cette tribune signée par des artistes, intellectuels et acteurs associatifs français.

#Rima Hassan#Apologie du terrorisme#procès#France#Palestine

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