
2026-07-03
Écrit par Rédaction
L'hommage populaire a déjà commencé et le deuil est omniprésent en Iran. Trois jours de cérémonies s'ouvrent dans la capitale, avec un point d'orgue attendu lundi lors d'un rassemblement annoncé comme gigantesque. L'ayatollah Ali Khamenei, âgé de 86 ans, a été tué le 28 février dernier dans une frappe israélienne visant sa résidence au centre de Téhéran. Trois jours d'hommage au cœur de Téhéran La dépouille de l'ancien Guide suprême Ali Khamenei est exposée pendant trois jours au Grand Mosalla de Téhéran, lieu habituel des grandes cérémonies d'État. Des images diffusées par les médias iraniens montrent une première cérémonie de recueillement organisée jeudi soir en hommage à Khamenei. Parmi les victimes honorées figurent son gendre, sa fille aînée, une petite-fille de 14 mois ainsi que l'épouse du nouvel ayatollah iranien, Mojtaba Khamenei, fils de l'ancien dirigeant. À cette occasion, le chef des Gardiens de la Révolution, Ahmad Vahidi, a fait sa première apparition publique depuis le début de la guerre. Il s'est recueilli vendredi devant la dépouille du Guide suprême exposée dans le complexe religieux. Le président iranien Massoud Pezeshkian ainsi que plusieurs membres du gouvernement, dont le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, ont également rendu hommage au dirigeant défunt. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a indiqué qu'au moins huit chefs d'État ou de gouvernement ainsi que les présidents des Parlements de douze pays assisteraient aux cérémonies. Des délégations d'Irak, d'Afghanistan et du Pakistan sont déjà arrivées à Téhéran. Une importante mobilisation diplomatique Selon la liste publiée par les médias officiels iraniens, la Russie est représentée par l'ancien président Dmitri Medvedev. La Chine a dépêché le vice-président du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, tandis que le gouvernement taliban afghan est représenté par le ministre des Affaires étrangères par intérim Amir Khan Muttaqi. La Turquie envoie son vice-président Cevdet Yılmaz. Les dirigeants ou représentants de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie, de la Géorgie, du Tadjikistan, du Kazakhstan, du Turkménistan et de la Malaisie figurent également parmi les participants. Des délégations sont aussi attendues d'Oman, du Qatar, du Bélarus, du Kirghizistan, de l'Ouzbékistan, de l'Égypte, du Ghana, du Nicaragua, de la République démocratique du Congo, de la Serbie et de Cuba. Les médias iraniens évoquent également la présence de représentants de Tunisie, du Liban, de Namibie, du Sri Lanka, du Myanmar, de la Gambie et de la Thaïlande. Esmaeil Baghaei a précisé qu'aucun pays européen n'avait été officiellement invité. Ceux qui participent, a-t-il déclaré, se trouvent « du bon côté de l'histoire », accusant les gouvernements européens d'avoir adopté une position « honteuse » face à l'agression militaire isréalo-américaine contre l'Iran. Des funérailles à portée politique Après Téhéran, les cérémonies se poursuivront à Qom, grande ville sainte du chiisme, avant de gagner l'Irak avec des étapes à Nadjaf et Karbala, deux hauts lieux de la spiritualité chiite. Elles s'achèveront à Machhad, dans l'est du pays, où Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet près du sanctuaire de l'imam Reza, dans sa ville natale. Ces obsèques revêtent également une forte dimension politique en adressant un message aux États-Unis et à Israël après plusieurs mois de guerre. Au-delà de l'hommage rendu à l'ancien Guide suprême, elles doivent aussi symboliser la continuité de la République islamique malgré la disparition de son principal dirigeant et des bombardements. Une inconnue demeure toutefois : Mojtaba Khamenei, devenu Guide suprême après la mort de son père, fera-t-il sa première apparition publique ? Il n'a plus été vu depuis la frappe qui a tué Ali Khamenei et, selon les médias iraniens citant des sources gouvernementales, il est peu probable qu'il apparaisse pour des raisons de sécurité.Quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine, le cercueil de l'ancien Guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi à Téhéran, où des funérailles d'une ampleur inédite sont organisées. « Vingt millions de personnes », promettent les autorités, soit près d’un quart de la population du pays.