
2026-07-08
Écrit par Rédaction
Quelques heures après sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national, Marine Le Pen a confirmé, mardi 7 juillet, son intention de briguer la présidence de la République en 2027. « Ce soir, je suis candidate à l’élection présidentielle », a-t-elle déclaré au journal de 20 heures de TF1, assurant qu'elle ne « changerait pas d’avis ». Une éligibilité préservée malgré la condamnation Ce mardi, la cour d'appel de Paris a condamné la cheffe du Rassemblement National à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front national. La justice a reconnu Marine Le Pen, le RN et dix autres personnes coupables d'avoir mis en place une « organisation » destinée à rémunérer, comme assistants parlementaires européens, des personnes travaillant en réalité pour le parti. La cour a évalué le préjudice subi par le Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016. La peine d'inéligibilité ferme, ramenée à quinze mois et arrivée à échéance le 30 juin 2026, est considérée comme purgée en raison de son exécution provisoire prononcée en première instance le 31 mars 2025. Marine Le Pen demeure donc éligible à l'élection présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027 et peut officiellement entrer en campagne. En revanche, elle doit encore exécuter douze mois de prison aménagée sous bracelet électronique, une mesure qui s'étend théoriquement jusqu'au début du mois de juillet 2027. Le pari de la Cour de cassation L'ancienne présidente du RN avait pourtant affirmé à plusieurs reprises qu'elle ne mènerait pas campagne si elle devait porter un tel dispositif. Elle pourrait toutefois bénéficier, comme tout condamné, d'une remise de peine pouvant aller jusqu'à six mois, ce qui lui permettrait d'être libérée avant l'ouverture de la campagne officielle. Cependant, Marine Le Pen mise désormais sur un autre scénario. Invitée du 20 heures de TF1, elle a annoncé former un pourvoi en cassation tout en réaffirmant qu'elle était « candidate à la présidentielle ». « Comme j’ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation (...) et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l’arrêt (de la Cour d’appel), je ferai donc campagne sans bracelet électronique », a-t-elle expliqué. La décision appartient désormais aux juges de la Cour de cassation. Les délais habituels de jugement d'un pourvoi pénal sont compris entre huit mois et un an. Si la haute juridiction confirme l'arrêt de la cour d'appel, la peine de prison s'appliquera immédiatement, contraignant potentiellement Marine Le Pen à effectuer les derniers mois de sa campagne présidentielle sous bracelet électronique. « Ils prennent vraiment les gens pour des imbéciles » Invité lui aussi sur TF1, Gabriel Attal a insisté sur la « dimension morale » d'une candidate « condamnée à deux reprises » pour « détournement de fonds publics » et disposant « d'un casier judiciaire avec de la prison ferme ». De son côté, Manon Aubry a dénoncé sur les réseaux sociaux : « Pour un parti qui prône l’impunité zéro contre les criminels, ils prennent vraiment les gens pour des imbéciles ». En maintenant sa candidature malgré ces incertitudes judiciaires, Marine Le Pen fait le pari de pouvoir mener sa campagne jusqu'à son terme. Si elle remportait l'élection présidentielle, elle disposerait alors du pouvoir de se gracier elle-même...Marine Le Pen, ancienne présidente du Rassemblement National et députée du Pas-de-Calais, a assuré, mardi 7 juillet, au journal de 20 heures de TF1, qu'elle se présenterait à l'élection présidentielle de 2027, malgré sa condamnation - quelques heures plus tôt - pour « détournement de fonds publics » prononcée par la cour d'appel de Paris.