
2026-07-06
Écrit par Rédaction
Le constat est sans appel. Après plusieurs mois de travaux, de déplacements dans les territoires ultramarins et des dizaines d'auditions, la commission d'enquête du Sénat estime que les inégalités dans les Outre-mer ne sont pas uniquement économiques ou sociales. Elles sont « systémiques » et entravent durablement le développement de ces territoires. Des inégalités jugées « systémiques » Après plusieurs mois d'auditions et de déplacements dans les territoires ultramarins, la commission d'enquête du Sénat conclut que les inégalités dans les Outre-mer sont « systémiques ». Dans leurs conclusions, les sénatrices Viviane Malet et Evelyne Corbière-Naminzo, respectivement présidente et rapporteure de la commission, appellent à un changement profond de méthode afin de réduire durablement les écarts persistants entre l'Hexagone et les territoires ultramarins. Les deux élues soulignent que, malgré les politiques publiques menées depuis plusieurs décennies, les écarts de développement demeurent importants. Elles estiment que la succession des crises ayant touché l'ensemble des territoires a freiné les dynamiques de rattrapage. Loi de programmation et mesures contre la vie chère La principale proposition du rapport consiste à adopter une loi d'orientation et de programmation pour les Outre-mer couvrant la période 2028-2041. « C'est vraiment la première grande proposition que nous faisons et nous voulons la traduire dans la première recommandation qui est de mettre en place une loi de programmation pour les Outre-mer », explique Evelyne Corbière-Naminzo. Le rapport met en avant plusieurs indicateurs préoccupants. Le PIB par habitant reste inférieur à 70 % de la moyenne nationale dans les Outre-mer, tandis que les prix demeurent plus élevés que dans l'Hexagone. Entre 2020 et 2022, l'écart des prix est ainsi passé de 8,3 % à 15,8 % en Guadeloupe, de 9,7 % à 13,8 % en Martinique, de 13 % à 13,7 % en Guyane et de 6,2 % à 8,9 % à La Réunion. Cette hausse des prix intervient alors que le taux de pauvreté reste supérieur à celui de l'Hexagone, fixé à 14 %. Face au problème récurrent de la vie chère, la commission préconise un contrôle renforcé des prix et des marges, l'élargissement du Bouclier qualité-prix aux services essentiels, ainsi qu'une revalorisation de la prime d'activité afin de mieux prendre en compte les écarts de coût de la vie entre les Outre-mer et l'Hexagone. Santé, jeunesse et développement économique Sur le plan économique, le rapport plaide également pour un soutien accru à la production locale, à l'économie sociale et solidaire et au développement des échanges avec les États voisins. Il accorde une place importante à la jeunesse, en faisant de l'insertion et de la formation professionnelle un axe prioritaire, tout en soulignant les difficultés persistantes en matière de santé, avec une prévalence plus élevée des maladies chroniques, notamment du diabète, et un accès aux soins plus difficile. Les sénatrices rappellent que les personnes âgées sont davantage confrontées aux incapacités liées à leur état de santé que dans l'Hexagone. À Mayotte, ce taux atteint près de 70 % chez les plus de 65 ans. Le rapport souligne également que la mortalité infantile demeure deux à trois fois plus élevée dans les Outre-mer que dans l'Hexagone. « Il faut anticiper au lieu d'agir au cas par cas », ont insisté les sénatrices lors de la présentation du rapport. À travers ses 63 recommandations, la commission entend nourrir les travaux qui devront s'engager dès 2027 autour d'une nouvelle stratégie de développement des Outre-mer.Les inégalités sont « systémiques » dans les territoires d'Outre-mer. C'est le constat dressé par le rapport de la commission d'enquête du Sénat, présenté le 2 juillet. Le document formule 63 recommandations afin d'engager une nouvelle politique publique en faveur des territoires ultramarins.