
2026-07-10
Écrit par Rédaction
En cinquante ans, le niveau moyen de testostérone chez les hommes a diminué de moitié, soit une baisse de plus de 1 % par an, affirme une nouvelle étude. Si l'augmentation des taux d'obésité et de diabète explique en partie cette diminution, ses auteurs estiment que les facteurs environnementaux jouent également un rôle. Une baisse marquée du taux de testostérone Le niveau moyen de testostérone chez les hommes a diminué de moitié entre 1972 et 2019, selon une méta-analyse présentée ce mardi à Londres (Royaume-Uni) lors de la réunion annuelle de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie. L’étude rassemble les données issues de plus de 8.650 travaux réalisés dans cinq pays, dont les États-Unis, le Brésil et le Danemark, portant au total sur 118.593 participants, détaille The Guardian. Les résultats indiquent que le taux total de testostérone chez les hommes aurait chuté de 54 %, avec un recul régulier d’environ 1 % par an et une accélération de cette évolution après les années 2000. « Nous faisons face à une crise majeure de la santé reproductive masculine, et elle ne reçoit pas assez d’attention », a estimé Hagai Levine, épidémiologiste et coauteur de l’étude. « Nous vivons dans un environnement qui n'est pas idéal pour notre santé, que ce soit en raison de notre exposition aux produits chimiques, du climat ou de nos comportements en matière de santé », a ajouté le spécialiste. Facteurs environnementaux et mode de vie moderne pointés du doigt Les chercheurs ont rappelé que la testostérone joue un rôle essentiel dans la régulation de la production de spermatozoïdes, de la libido, de la masse musculaire, de la densité osseuse, mais aussi de l’humeur et du métabolisme. Ils ont appelé à la mise en place de mesures de santé publique urgentes face à un phénomène qui, selon eux, pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs. Les experts ont notamment souligné l’augmentation importante de l’obésité et du diabète. L’excès de graisse corporelle favorise en effet la transformation d’une partie de la testostérone en œstrogènes. Les chercheurs ont également évoqué le rôle possible des modes de vie moderne, de l’exposition aux perturbateurs endocriniens, de la pollution atmosphérique ou encore du réchauffement climatique. Les limites des produits et suppléments chimiques Les températures extrêmes sont par ailleurs connues pour leurs effets négatifs sur l’appareil reproducteur. Les suppléments de testostérone largement mis en avant sur les réseaux sociaux ne représenteraient pas une réponse efficace, ont averti les auteurs de l’étude. Ces produits pourraient même, de façon paradoxale, freiner la production naturelle de l’hormone et entraîner une diminution de la production de spermatozoïdes.En cinquante ans, les hommes ont perdu plus de la moitié de leur testostérone. C'est la conclusion d'une étude présentée début juillet 2026 au congrès de l'European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE), qui relance les inquiétudes sur les effets de l'obésité, de la sédentarité ou encore de la pollution.