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La quête insatiable d'Israël d'un ennemi permanent

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2026-07-06

Écrit par Rédaction

Le 17 février, l'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a déclaré lors d'une conférence que « la Turquie est le nouvel Iran » et qu'Ankara chercherait à « retourner l'Arabie saoudite contre nous et à établir un axe sunnite hostile avec le Pakistan nucléaire ». Des propos ensuite repris par Benjamin Netanyahu, qui illustrent la quête insatiable d’Israël pour la guerre permanente et la quête d'ennemis perpétuels. Analyse, issu du site Middle East Monitor, du chroniqueur irakien Jasim Al-Azzawi.

Durant une grande partie de l'année écoulée, les responsables israéliens ont présenté les conséquences de la guerre contre l'Iran avec assurance, voire triomphalisme : un adversaire affaibli, un programme nucléaire entravé et des alliés régionaux démantelés. Mais avant même que cette campagne ne soit totalement achevée, une nouvelle menace était déjà désignée, dans des termes jusqu'alors presque exclusivement réservés à Téhéran. Plus difficile à définir, dépourvue de capitale unique et regroupant, contrairement à l'Iran, des États dotés de certaines des armées conventionnelles, cette nouvelle cible s'est progressivement imposée dans le discours officiel israélien. Ce changement de rhétorique était assumé et impulsé au plus haut niveau de l'État.

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Israël désigne des nouvelles menaces stratégiques

Le 17 février, Naftali Bennett, pressenti pour affronter Benjamin Netanyahu lors des prochaines élections, a déclaré devant la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines que « la Turquie est le nouvel Iran » et qu'Ankara chercherait à « retourner l'Arabie saoudite contre nous et à établir un axe sunnite hostile avec le Pakistan nucléaire ».

Cinq jours plus tard, Benjamin Netanyahu a développé une vision similaire en présentant ce qu'il a appelé un « hexagone d'alliances », articulé autour de l'Inde, de la Grèce et de Chypre, afin de contrer à la fois l'axe chiite et un « bloc sunnite émergent ».

En d'autres termes, les deux dirigeants israéliens sont parvenus, à quelques jours d'intervalle, à la même conclusion : le prochain défi stratégique d'Israël ne serait plus l'Iran, mais un ensemble d'États plus diffus et, selon plusieurs critères militaires, davantage armés.

Des puissances militaires sous surveillance

La Turquie constitue le principal pilier de cet axe présumé. Elle dispose de la deuxième armée permanente de l'OTAN, avec près de 355 000 militaires, d'un budget de défense supérieur à 27 milliards de dollars et d'une industrie d'armement devenue le premier exportateur mondial de drones, représentant environ 65 % du marché international.

L'Égypte figure également parmi les pays désormais observés de près. En 2026, elle aligne près de 450 000 soldats d'active, 800 000 réservistes et consacre près de 12 milliards de dollars par an à sa défense. Son arsenal combine chars américains, avions français Rafale, appareils russes Su-35 et sous-marins allemands.

Fin avril, l'armée égyptienne a organisé l'exercice de tirs réels « Badr 2026 » dans le Sinaï, présenté par plusieurs commentateurs officiels comme un message de dissuasion adressé à Israël. En février, lors d'une réunion à huis clos de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Benjamin Netanyahu reconnaissait lui-même : « L'armée égyptienne se renforce et nous devons la surveiller. »

Le Pakistan au cœur des inquiétudes israéliennes

L'Arabie saoudite poursuit parallèlement la modernisation de son armée de l'air, avec des Typhoon et des F-15, tout en diversifiant discrètement ses partenariats stratégiques entre Washington et Pékin. Mais, selon plusieurs analystes israéliens, c'est surtout le Pakistan qui suscite les plus fortes inquiétudes, en tant que seul État à majorité musulmane disposant d'un arsenal nucléaire opérationnel et de vecteurs capables de le déployer.

Le Pentagone a confirmé que la Chine avait livré 36 chasseurs J-10C au Pakistan. Selon Islamabad, ces appareils auraient utilisé des missiles longue portée pour abattre plusieurs avions indiens, dont au moins un Rafale, lors du bref conflit avec l'Inde l'année précédente.

En avril, une vingtaine de ces mêmes appareils auraient escorté les négociateurs iraniens de retour d'Islamabad, plaçant temporairement l'armée de l'air pakistanaise dans le même espace opérationnel que les forces israéliennes.

Menace réelle ou construction politique ?

Aucun traité de défense mutuelle ne lie pourtant Ankara, Le Caire, Riyad et Islamabad, et rien ne démontre que ces quatre États coordonnent leurs stratégies militaires. L'ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant s'est montré plus mesuré, estimant simplement que la Turquie « n'est plus un partenaire périphérique », mais une puissance régionale majeure.

L'ancien ambassadeur israélien aux États-Unis Yossi Mekelberg estime publiquement que Bennett et Netanyahu ont intérêt, sur le plan intérieur, à entretenir le sentiment d'une menace extérieure et qu'assimiler Ankara à un nouveau Téhéran pourrait finir par créer l'adversaire qu'ils prétendent dénoncer.

L'hostilité de l'Iran envers Israël s'est construite pendant plus de quarante ans autour d'un projet idéologique explicite. La Turquie, l'Égypte, l'Arabie saoudite et le Pakistan ne partagent ni doctrine commune, ni commandement militaire intégré et, pour Le Caire et Riyad, conservent des traités de paix et des mécanismes de coopération sécuritaire avec Israël.

Ce qui les rapproche aujourd'hui réside davantage dans leurs préoccupations face à un Israël ayant mené des agressions militaires dans plusieurs pays de la région au cours de l'année écoulée et évoquant désormais l'existence d'un « axe sunnite radical émergent ». Pour plusieurs analystes, l'évolution de cette dynamique dépendra peut-être moins des décisions prises à Ankara, au Caire, à Riyad ou à Islamabad que de celles qui continueront d'être prises à Tel-Aviv.

Jasim Al-Azzawi


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