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25/02/2021
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Kamel Kabtane, Azzedine Gaci : « Une charte ne se décrète pas, ne s’impose pas, elle se partage »

Azzedine Gaci (à gauche) et Kamel Kabtane.

Le président du Conseil théologique des imams du Rhône (CTIR), Azzedine Gaci, et celui du Conseil des mosquées du Rhône (CMR), Kamel Kabtane, ont exprimé de vives réserves à l’encontre de la charte des principes de l’islam de France, dans un communiqué commun publié en ce jour. Les deux hommes estiment que “le CFCM sous contrôle des chancelleries étrangères ne peut à la fois être juge et partie dans la même affaire”, une référence à la condamnation de l’ingérence de pays étrangers dans le culte musulman. Mizane.info publie leur déclaration.

Nous avons suivi avec un grand intérêt le processus de la mise en place d’un “Conseil National des Imams” avec ses frasques et ses rebondissements.

Alors que nous attendions “une charte déontologique” ayant pour vocation d’être un guide du comportement individuel de l’imam dans l’exercice de son ministère, le CFCM nous a surpris par une “charte des principes pour l’islam de France”, que certaines fédérations se sont empressées de signer à l’Elysée, lors d’une rencontre avec le président de la république.

1) Nous regrettons vivement que le CFCM n’ait pas jugé bon de consulter les imams et les responsables des institutions musulmanes de France – malgré de nombreuses sollicitations – avant la ratification de cette charte qui les concerne directement.

2) Les musulmans de France sont des citoyens français.

Ils sont tenus de respecter strictement les lois de leur pays et les valeurs de la République.

Les imams doivent le rappeler souvent et à chaque fois qu’ils le jugent nécessaire, mais l’inscription de ce point dans la charte ne ferait que créer un climat de suspicion généralisée et de repli sur soi.

Les Français de confession musulmane ne comprendraient pas que l’on veuille les distinguer de leurs compatriotes en leur imposant des règles spécifiques.

3) Nous condamnons très vigoureusement l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques, l’ingérence des états étrangers ou la diffusion des discours haineux et nationalistes.

Aussi, le CFCM sous contrôle des chancelleries étrangères ne peut à la fois être juge et partie dans la même affaire.

4) Nous devons lutter contre les interprétations réductives, les projections machistes et mettre fin à certaines pratiques qui relèvent plus de la tradition que de la religion.

Ce comportement anecdotique concerne une minorité de musulmans en France, pourquoi alors le mettre en avant dans une charte destinée à rassembler les imams ?

5) On entend dire ici et là que les non signataires de cette charte seraient pointés du doigt, voire même associés au radicalisme et exclus du conseil national des Imams.

En somme, ils seraient étiquetés comme “mauvais citoyens” et considérés comme “mauvais représentants des musulmans”.

Nous tenons à rappeler que la loi de séparation des églises et de l’état dans ses principes, se veut être une loi de liberté, d’égalité et de justice.

Dès 1905, cette loi posait le principe de neutralité de l’état dans ses relations avec les cultes.

C’est justement notre attachement profond à ce précieux principe de laïcité, l’immobilisme du CFCM, gangréné par ses conflit internes, et notre volonté de servir à la fois notre pays et les musulmans de notre département, qui nous a poussé à créer le CTIR et le CMR.

Ces deux instances qui travaillent de concert avec les services de l’état et les collectivités locales, ont montré largement leur efficacité.

Pour toutes ces raisons et d’autres, le CMR et le CTIR ne se retrouvent pas dans cette charte établie sans consultation et sans concertation préalable avec la base, c’est-à-dire avec les imams et les responsables des mosquées.

Le CMR et le CTIR restent convaincus que seule une restructuration au niveau départemental, pourrait sortir l’islam de France de ce désordre qui l’anime depuis des décennies.

Kamel KABTANE et Azeddine GACI

Président du CMR Porte-parole du CTIR

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