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01/12/2021
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« Combattre l’éclat du présent pour tenir le temps entre ses doigts »

Vivre bien est un apprentissage qui s’arrache dans la douleur et s’offre dans la joie. Nouvelle chronique en prose sur le temps présent du poète et écrivain Khalid Louguid, sur Mizane.info.

Il y a trop de troubles dans cet univers morcelé par des séquences trop violentes. Le monde n’est plus qu’un miroir brisé, les cœurs ne se valent que par la lumière que l’on projette sur eux. Les corps sont devenus des boulets que l’âme supporte. Les clapotis : des plaintes qui ne font qu’annoncer un orage, une mousson, une saison en enfer. Les jours passent et se ressemblent pour celui qui n’a pas encore saisi le sens subtil de la vie. L’amour, les rires, l’amitié, les fêtes sans parler des rencontres et celles que nous évitons pour ne pas découvrir les peines qui pourraient en découler. Il n’y a pas de plaisir sans la conscience de vivre le présent intensément. Résilience. Acceptons l’instant comme le flambeau d’un demain en préparation.

Posez-vous, taisez-vous, écoutez la mélodie de la vie, les battements d’ailes d’un papillon qui caressent l’air d’un matin heureux. Ne laissez personne vous dire que vous êtes médiocre car la médiocrité appartient aux infirmes du bonheur. Apportez, à votre vie, un rayon de bonheur, un sourire collé à la patente de votre visage.

Vivre ou mourir. Rire ou souffrir. La vie est un don, une raison de trouver en soi les multiples pensées qui s’offriront à vous. Alors après cette pluie verbale, posez votre pensée en espérant que vous trouverez en vous, une raison au bonheur, une raison de sourire.

L’être musulman

Arrachez-moi mon cœur, arrachez-moi mes racines, mes mots, mes attaches. Arrachez-moi ce que vous voudrez bien pendre. Vous avez tant de fois tenté de m’induire en erreur par manque de savoir. Vous avez tenté d’effacer mon prénom pour y apposer un plus sonnant.

Volez-moi à ce présent, à ces lignes immatérielles, à ce monde matériel. Je n’ai que faire de vos aides car j’ai créé ma propre subsistance à l’aide de mes bras et de ma réflexion.

Arrachez-moi toutes mes richesses, tous mes droits et privilèges. Ôtez-moi ce que bon vous semble. J’ai tant de fois fait confiance que mon esprit se met à bouger mécaniquement. Tracez-moi la route la plus appropriée, vous n’arriverez pas à m’y faire poser pieds.

Je ne suis en génuflexion que lorsque mon introspection se fait, que lorsque ma spiritualité s’arrange pour épouser mon présent. La constellation est une voûte qui nous sied si bien quand les bougies s’éteignent, que les étoiles nous étreignent pour réveiller notre conscience.

Volez-moi tout ce qui vous plaira, ma joie, ma force, ma fierté, ma gaieté… Vous pouvez même me retirer mon voile mais vous ne m’enlèverez jamais ma foi.

Habillement je prends ma plume pour poser comme un orfèvre mon état : musulman.

La vie n’attend pas

Il n’est pas une journée où nous ne rêvons pas. Il n’est pas une journée où le soleil ne vient pas se poser sur mon clavier. Il génère quelques mots, une illusion ? Non, juste une pensée qui se disperse un peu partout sur le mur blanc de mon écran. Docile, je tiens à le partager avec vous. Il ne sert à rien de vouloir éviter la vie quand tout vous y rappelle.

Osez trouver en vous la liberté, la force de vouloir tout détruire pour reconstruire. Osez foudroyer votre monotonie pour planter un peu plus de couleurs dans ce monde trop gris, trop sombre. La moindre petite touche peut être ressentie comme un tremblement, comme une révélation, une révolution à l’esprit d’un autre. La journée ne devra finir qu’avec le baisser de rideau.

Le combat est une épreuve qui doit statuer sur votre conscience. Ne tentez pas de changer l’autre si vous-même n’êtes pas prêt à changer. Sublimez-vous ! Les tentes ne seront jamais des logis, comme une feuille séchée ne sera jamais votre support pour déposer vos maux. Ne singez pas, innovez ! Ne soyez pas l’esclave de votre miroir, à contrario, il doit être le révélateur de votre état. N’hésitez jamais, foncez sans froncer les sourcils, sans froisser votre cœur, ils doivent être vos alliés.

Délaissez l’image qu’on vous donne pour imposer votre personne votre sourire… votre âme vous le rendra. Il n’est pas une journée où le rêve ne doit pas être votre phare. Chacun a eu son scaphandre, sa muselière, sa carapace… qui le nierait ? Nous ne serons jamais que le reflet de nos désirs si les pas ne suivent pas. Il faut combattre l’éclat du présent, l’état d’un cliché pour tenir le temps entre ses doigts.

Par les mots, la thérapie établit un constat. Rien n’est jamais sans conséquence, alors n’est-il pas plus ambitieux de tenir ses séquences pour les faire défiler à son rythme afin de défier sa raison et dévier de la trajectoire des sombres pensées ?

Il ne faut pas rêver d’héroïsme car la bravoure n’est qu’une ligne qui passe après la réflexion et l’acte. Le meilleur être est finalement celui qui est le prisme de la joie… celui qui colore le visage de son autre. N’omettez pas de vivre car la vie n’attend pas.

Annapurna

À la lueur de ma bougie j’ai vu l’ombre d’une femme se promener sur les lignes de mon présent. Elle me parle dans le silence du couloir de ma vie, l’humanité veut vivre sans vanité. Je me suis préparé à recueillir l’amour qu’elle m’a donné.

Personne ne sait lire l’avenir, personne ne sait quand il aimera la prochaine fois, alors j’ai pardonné. J’ai donné pour exister, j’ai offert tant de mots que la nuit jalouse veut être mon épouse. La mélancolie s’installe sur mes pages comme une colonie, elle retient le chapitre pour cacher son épître.

Je marche dans la voie de ceux qui ont souffert en silence, dans les larmes de ces secrets tenus en camisole. L’absence n’est ni un soleil, ni une lune couverte mais un disque rayé. Il ne sera jamais trop tard car mes codes sont lisibles à ceux qui me lisent entre les lignes.

La pluie ne cachera plus rien, je me recherche, elle me tend la main pour être meilleur. Il n’y a qu’Allah qui sache ce que je cache, il n’y a qu’Allah qui sauvera mon âme de cette attache.

L’horizon est une barrière franchissable, elle reste aussi forte que l’Annapurna.

Khalid Louguid

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