Son agression a suscité une vive émotion à l’échelle internationale. Le 28 avril 2026, une religieuse chrétienne française a été violemment attaquée à Jérusalem. Le lendemain, un juif ultra-orthodoxe a été placé en garde à vue. Cette interpellation intervient dans un contexte de multiplication des agressions visant les chrétiens en Israël.
Les faits remontent au mardi 28 avril. Un Israélien a violemment agressé une religieuse chrétienne alors qu’elle marchait dans une rue de Jérusalem, sur le mont Sion. La scène, filmée par des caméras de vidéosurveillance. L’agresseur, identifiable à ses tsitsit – ces franges portées par certains juifs pratiquants – a été rapidement interpellé. La Faculté de lettres et sciences humaines de l’Université hébraïque de Jérusalem a condamné une « agression violente » qui n’est pas « un incident isolé [mais] fait partie d’une tendance préoccupante d’hostilité croissante contre la communauté chrétienne et ses symboles ».
Un acte de violence « sectaire »
L’affaire a suscité une réaction immédiate de la diplomatie française. Sur X, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé ce samedi 2 mai l’« agression choquante » subie par une religieuse française à Jérusalem, ajoutant : « Je lui ai exprimé ma vive émotion, mon soutien et mes vœux de prompt rétablissement ».
Sur le même réseau, le directeur de l’École française de recherches bibliques et archéologiques à Jérusalem, Olivier Poquillon, a qualifié l’attaque d’« acte de violence sectaire ». Cette arrestation intervient dans un contexte où le traitement des minorités religieuses en Israël fait l’objet d’une attention accrue.
Agressions, intimidations, dégradations… Les attaques visant des chrétiens se multiplient en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Depuis plusieurs mois, ces actes, souvent attribués à des individus issus de milieux juifs ultra-orthodoxes ou nationalistes, ciblent aussi bien des personnes que des lieux de culte.
🇮🇱🇫🇷✝️ FLASH | À Jérusalem, une religieuse française de l’École biblique et archéologique de Jérusalem a été agressée par un extrémiste israélien et hospitalisée. L’assaillant a été interpellé. pic.twitter.com/bUayFHFk87
— Cerfia (@CerfiaFR) April 30, 2026
Le sentiment d’être rejeté dans sa « propre maison »
Les attaques contre des personnes arborant des symboles chrétiens visibles, ainsi que les dégradations de biens religieux, figurent parmi les incidents les plus documentés par le Rossing Center, organisation spécialisée dans les relations interreligieuses. « Ce phénomène renforce chez les chrétiens le sentiment qu’ils ne sont pas les bienvenus dans leur propre maison. Ils ont peur de parler, de porter des signes religieux », s’inquiète sa directrice, Hana Bendcowsky.
Ces violences ne se limitent pas à Jérusalem. En Cisjordanie occupée, le Patriarcat latin de Jérusalem a déposé une plainte officielle le 23 avril après des incursions de colons sur ses terres au nord de la vallée du Jourdain, tandis qu’au Liban, plusieurs infrastructures chrétiennes ont été endommagées ce mois-ci par des soldats israéliens, notamment une statue de Jésus détruite à la mi-avril.
🚨 Vincent Lemire, historien, à propos des agressions de chrétiens à Jérusalem par des juifs ultra-orthodoxes : « Je ne suis pas étonné Il y a des crachats sur des chrétiens presque tout le temps. Ils se sentent autorisés à passer à l’acte (par des ministres messianiques). » pic.twitter.com/UBT7a7onaS
— The NEWS (@thenews_fr) May 2, 2026
« On sent, en Israël, un refus de l’autre »
Face aux critiques, les autorités israéliennes avancent une autre lecture. « Israël est le seul pays du Moyen-Orient où la communauté chrétienne prospère, croît et s’épanouit », tente de faire convaincre le premier ministre Benyamin Netanyahou dans une vidéo diffusée le 26 avril.
« Le gouvernement cherche à isoler ces incidents, qui provoquent davantage d’indignation internationale que les autres violences, en les attribuant à une poignée d’extrémistes », dénonce le père David Neuhaus, ancien supérieur des jésuites de Terre sainte. « En réalité, ils s’inscrivent dans un climat de violence inouïe qui ne touche pas seulement les chrétiens. On sent, en Israël, un refus de l’autre, nourri par une politique ethnocentrique et nationaliste très forte ».
