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dimanche 23 juin 2024

Putsch au Niger : les conséquences pour la filière française d’uranium

Le putsch militaire au sommet de l’Etat nigérien aura-t-il de graves conséquences pour l’approvisionnement français en uranium ? La rédaction de Mizane.info fait le point.

Ce mercredi 26 juillet, le Niger a connu un coup d’Etat militaire dirigé contre le président Mohamed Bazoum. Cet événement majeur a des conséquences dans ce pays du Sahel, mais aussi pour la France. Suite à ce putsch, un sentiment antifrançais émerge au Niger ce qui soulève des questions sur les relations économiques et énergétiques que les deux pays entretiennent, notamment en matière d’uranium. 

L’importance du Niger pour la France

Si le Niger est l’un des pays les plus pauvres du monde, il n’en est pas moins riche en uranium. L’Europe, et en particulier la France, sont très friandes de l’uranium nigérien. Ce pays fournit effectivement un quart de l’uranium européen et c’est le troisième fournisseur de la France. Il constitue ainsi 19% des approvisionnements français entre 2005 et 2020, derrière le Kazakhstan et l’Australie, selon le comité technique Euratom. Le Niger est un important fournisseur pour l’Hexagone, mais une éventuelle rupture énergétique avec lui présenterait-il un danger pour la France ? 

Dépendance énergétique de la France vis à vis du Niger ? 

La réponse du ministère français de la Transition énergétique est très claire à ce propos. Il affirme ce mardi que « La situation au Niger ne présente aucun risque sur la sécurité d’approvisionnement de la France en uranium naturel ». 

Depuis plusieurs années, la France importe de moins en moins du Niger « en raison des coûts de production au Niger qui sont élevés », remarque Teva Meyer, maître de conférences en géographie et géopolitique et chercheur spécialiste du nucléaire civil. 

Un souci de diversification des sources d’énergie

L’Hexagone préfère se tourner davantage vers des pays d’Asie centrale comme l’Ouzbékistan, ou encore le Kazakhstan, mais aussi vers le Canada et l’Australie. « D’autant plus qu’aujourd’hui, avec les enseignements de la guerre en Ukraine, nous diversifions plus facilement nos sources d’énergie », ajoute Jean-Marc Gravellini,  chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste des enjeux sécuritaires et de développement dans la zone sahélienne. 

Inquiétude de la multinationale Orano

Le Niger produit donc une part importante d’uranium, mais pas essentielle pour la France. Paris dispose encore de « deux années de stocks d’uranium et de ses produits transformés, l’uranium enrichi, l’uranium converti et l’uranium assemblé », indique Teva Meyer. La France n’a donc pas à s’inquiéter à court terme.

Les Chinois sortent grands gagnants

Toutefois, l’entreprise qui constitue le visage de la France au Niger pourrait être quelque peu affectée par cet événement politique. Depuis cinquante ans, la multinationale Orano (ex-Areva) exploite les mines d’uranium nigérien. Si le pays du Sahel venait à couper les liens avec la France, cela provoquerait de grandes pertes financières pour cette société. 

D’autres acteurs pourraient tirer profit de cette situation, à l’instar des Chinois. Selon Teva Meyer, « Les Chinois se sont installés au Niger en 2007. Ils n’exploitent pas, ils n’ont pas d’extraction.

Mais ils ont une mine à l’arrêt dont ils sont actionnaires majoritaires, et, il y a un mois, ils signaient un nouveau contrat avec le gouvernement nigérien pour la remettre en exploitation. Ce sont eux qui regardent avec grand intérêt les futurs investissements ».

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