Malgré les effets d’annonces successives d’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, l’armée israélienne poursuit sans discontinuer ses frappes meurtrières sur le territoire libanais. Face à cette situation, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a estimé ce jeudi que le Liban « est menacé dans son unité, dans son intégrité et dans sa souveraineté ».
Malgré les annonces répétées de cessez-le-feu, les opérations militaires israéliennes se poursuivent au Liban. Pour les habitants du sud du pays, les bombardements, les destructions de villages et les menaces de l’armée israélienne restent une réalité quotidienne.
« Les destructions ne sont plus la conséquence , elles sont l’objectif »
« Le Liban est aujourd’hui dans une situation de péril vital », a estimé jeudi 11 juin sur France Inter Jean-Yves Le Drian, représentant personnel d’Emmanuel Macron au Liban. « Il est menacé dans son unité parce que le fait qu’il y ait beaucoup de réfugiés déplacés entraîne des tensions entre les différentes communautés », explique-t-il.
« Il y a le risque de l’intégrité territoriale puisqu’aujourd’hui le Liban est occupé en partie par Israël dans le Sud-Liban, donc il n’est plus maître chez lui, il n’a plus la maîtrise de son territoire », ajoute l’ancien ministre des Affaires étrangères.
Dans le sud du Liban, les destructions touchent aussi bien les habitations que les sites historiques. À Tyr, plusieurs secteurs du patrimoine antique ont été affectés et des frappes menées à proximité de l’acropole romaine ont récemment provoqué les dégâts directs recensés sur le site. « Les destructions ne sont plus la conséquence de la guerre ; elles en deviennent l’objectif principal », dénonce Maha al-Khalil, ambassadrice à l’UNESCO et présidente du Comité de protection de la ville de Tyr.
🔴LIBAN 🇱🇧 | L'armée israélienne poursuit son opération de raids au sud Liban : 9 localités frontalières libanaises dont Anqoun et Aarnaya sont réduits en champs de ruines. Mardi, la ville de Tyr était sous d'intenses frappes. Israël dit cibler des infrastructures du #Hezbollah. pic.twitter.com/nIsj2UsiOD
— Nanana365 (@nanana365media) June 9, 2026
Le phosphore blanc, l’arme coutumière d’Israël
Les habitants du Liban sont également confrontés à des bombardements répétés et à l’utilisation de phosphore blanc. Cette substance incendiaire a été observée au-dessus de plusieurs localités du sud et du littoral libanais lors d’attaques revendiquées par l’armée israélienne. Des images filmées le 30 mai ont notamment été authentifiées par la presse internationale.
Le phosphore blanc s’enflamme spontanément au contact de l’air et est extrêmement difficile à éteindre. Son utilisation dans des zones civiles soulève des préoccupations au regard du droit international humanitaire. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, cette substance peut provoquer de graves brûlures ainsi que des lésions respiratoires et oculaires.
« Les brûlures peuvent atteindre l’os. Les plaies peuvent se rouvrir lorsqu’on retire les bandages, si des résidus de la substance sont exposés à l’oxygène », explique Bonnie Docherty, conseillère en armement chez Human Rights Watch.. Interrogée par le New York Times, l’armée israélienne n’a pas commenté les incidents signalés ces dernières semaines au Liban.
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Plusieurs lettres mortes adressées à l’ONU
Un rapport d’Amnesty International publié en 2023 indiquait déjà que les habitants de Dhaïra, dans le sud du Liban, avaient dû quitter leur ville après plusieurs largages de phosphore blanc. À leur retour, des maisons et des véhicules étaient encore en flammes. Depuis octobre 2023, les autorités libanaises ont adressé plusieurs courriers aux Nations unies pour dénoncer l’utilisation de cette substance, évoquant notamment plus de 600 incendies dans le sud du pays.
Selon les chiffres avancés par les autorités libanaises, plus de 3 600 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de l’agression.
