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lundi 22 avril 2024

L’Homme augmenté, un chimpanzé dans le Métavers 1/2

L’Homme augmenté, un chimpanzé dans le Métavers 1/2 Mizane.info

Métavers, transhumanisme : vers quel monde nous dirigeons-nous et qu’adviendra-t-il de l’Homme ? Première partie d’une chronique apocalyptique d’Il Solitario à lire sur Mizane.info.

L’Homme reniant son Principe n’est qu’une ombre, une zone obscure agitée s’imaginant se mouvoir par elle-même, dans l’existence. Elle songe pouvoir habiter le monde en tournant le dos à la lumière du jour, qui lui donne pourtant toute sa réalité. 

Pour le dire autrement, l’Homme coupé de l’esprit n’est rien de plus qu’un automate, une machine  sophistiquée sans conducteur, un moulin à pensées désorientées, un producteur d’ingénieuses  absurdités. 

Persuadé de son indépendance vis-à-vis d’une Réalité supérieure, vis-à-vis d’un Principe fondamental  qu’il ignore délibérément, l’Homme livré à lui-même ne fait que s’emprisonner dans les toiles des sous-sols de l’existence qu’il explore aveuglément. Les ouvertures sur les hauteurs de son âme étant obstruées par la suie de son orgueil et de son  ingratitude, il ne parvient plus à réceptionner l’étendue des rayonnements célestes. 

Il laisse candidement ouverts les orifices de sa psyché inférieure à la domination des sens, se rendant  inévitablement perméable à toutes les influences basses qui ne pouvaient autrefois qu’infuser au  compte-goutte. Ouvert aux suggestions, son intelligence, corrompue, se met nécessairement au service de son propre anéantissement. 

L’Homme sans esprit : entre primate et automate 

L’Homme séjourne dans le monde mais son origine n’est pas d’ici bas, sa réalité profonde procède d’un Principe « situé » au delà du monde que nous connaissons.  L’être traverse l’existence en tant qu’humain, qui n’est que peu de chose en tant qu’individu, mais cet être demeure fondamentalement quelque chose de plus qu’un simple être humain. 

L’Homme a beau croire, par les conditionnements et les suggestions de la modernité qu’il est un tout indépendant, né de la matière ; il n’en demeure pas moins, en réalité, relié à son Principe Divin par un rayonnement qui lui confère toute son existence. 

L’Intellect transcendant, lien entre l’universel et l’individuel, entre le Principe Divin et l’Homme  mortel, est cette lumière Céleste, qui s’est progressivement opacifiée ces derniers siècles, par les voiles de l’ignorance dont l’Homme s’est recouvert. Ignorance grandissante à la mesure de l’importance que l’Homme a pu donner à son individualité, qui n’est au fond que cette ombre, « qui  ne possède pas sa raison suffisante en elle-même ». 

L’individualisme consiste à considérer l’individu comme mesure, comme référence et à nier tout principe supérieur. En ignorant l’Intellect transcendant – cet esprit prenant sa source au-delà de l’individu – l’Homme s’est enfermé dans le rationalisme. 

Le rationalisme – conception philosophique dont Descartes a mystérieusement été inspiré dans une série de songes – est la réduction de toute l’Intelligence à la seule raison, qui n’est quant à elle qu’une singulière faculté humaine. Ainsi amputé de l’esprit, l’Homme est réduit à sa partie individuelle, abaissé aux seules considérations corporelles et animiques, à la matière et aux méthodes discursives.

La signification du terme esprit a elle aussi été amenuisée, réduite à la seule  « intelligence » humaine, c’est-à-dire à une sorte d’ingéniosité, de raisonnement logique dépourvu de son principe directeur. En considérant la constitution de l’Homme de telle manière, l’on est inévitablement parvenu à de  profonds déséquilibres. 

Premièrement parce que l’Homme, par sa négation du supra humain, ne s’est pas débarrassé pour autant de ses éléments psychiques, dont la fonction naturelle est de mener aux aspirations célestes. 

Deuxièmement parce que cette réduction de l’Intelligence au seul domaine humain a profondément  altéré sa manière de concevoir le monde et d’y vivre. S’il n’y a plus de supra humain, il n’y a plus de métaphysique. Il n’y a dans cette perspective, plus que  l’Homme et le monde – donc tout ce que l’on peut expérimenter par les sens – considérés comme seule réalité. 

L’individualisme va de pair avec le matérialisme, suggérant que c’est de la matière que tout procède. C’est à rebours que toutes les préoccupations de l’époque se sont dirigées vers elle seule ;  là où les pensées des Hommes d’un autre temps empreints de sacré étaient dirigés vers leur seule raison d’être. 

Depuis des temps immémoriaux, les traditions de tous horizons ont transmis la notion de chute de  l’Homme, par éloignement du Principe, à travers une succession de cycles dégradés. L’amputation de  l’esprit continue de témoigner de cette évidence pour celui dont le regard n’a pas été trop altéré. La  Tradition a toujours témoigné de la dégradation des cycles et de l’involution de l’Homme, là où la  modernité a au contraire préféré enseigner des idées nouvelles, celles d’évolution et de progrès. 

Si les « avancées » techniques, c’est-à-dire matérielles, ont été incontestables, elles n’ont pourtant fait que confirmer au fil des siècles une involution de l’intelligence ; finalement l’Homme n’aura su développer dans la matière qu’une ingénieuse capacité à œuvrer toujours plus dangereusement à sa propre destruction. Plus l’Homme s’est éloigné de son Principe, plus il s’est éloigné de l’Intelligence véritable, au profit d’une singerie de Celle-ci, devenue toujours plus factice à mesure de l’épuisement du cycle. 

Le paradigme évolutionniste continue par ailleurs d’affirmer que par un mystérieux concours de  circonstances la vie a pu naître à partir de la matière. Cela revient à affirmer que le positif aurait pu sortir du négatif, que le supérieur aurait pu sortir de l’inférieur. Les théories de cette nature enseignent que la vie a pu extraire toute sa qualité du monde extérieur en ignorant complètement qu’elle ait pu procéder d’un Principe à la fois transcendant et immanent. 

C’est avec cette myopie et partant de ce point de vue que l’Homme est arrivé à se considérer lui même fièrement comme « membre évolué du règne animal », autrement dit en tant que chimpanzé arrivé à maturité. 

Le scientisme sous ses airs sérieux a tenté d’expliquer le « comment » en étudiant les  conséquences ; il n’a jamais pu s’intéresser profondément au « pourquoi », auquel cas il aurait dû admettre une Cause Première à l’origine de toutes choses. La pensée scientifique, en se concentrant  sur le quantitatif, ne peut jamais atteindre l’Unité qualitative génératrice et ordonnatrice. La science en tant que connaissance des principes diffère du scientisme du monde moderne qui a choisi de reposer sur l’expérimentation d’apprentis sorciers, sur des phénomènes et leurs niaises  interprétations. 

Le monde contemporain a par ailleurs eu coutume de nommer « science » ce qui s’apparente à de  l’industrie ; et donné le terme de « savant », à des ingénieurs, à des fabricants de machines. L’individualisme, le matérialisme, le scientisme, pour ne citer qu’eux, ont conduit au pragmatisme, c’est-à-dire au remplacement de la vérité par la seule utilité. 

C’est cet utilitarisme froid qui a produit la civilisation du métal et du béton, des machines et des grands ensembles, des usines et des marchandises. Un environnement dénaturé et mortifère ne pouvant livrer à l’âme les contemplations qui lui sont nécessaires ; un monde artificialisé prêt à nourrir les appétits et les désirs de grandeur d’un Homme rapetissé, non plus seulement au raisonnement logique, mais aux abîmes de son infra psychisme. 

Par l’avènement des nouvelles technologies du monde contemporain, dont on ne sait vraiment par qui ou par quoi elles sont arrivées, tant elles se sont développées spectaculairement, la civilisation des machines a fini par générer celle des ordinateurs. Si la machine a été efficace pour produire en série une quantité de gadgets identiques ; les écrans ont su programmer quant à eux, en série, des quantités – d’Hommes identiques. 

L’Homme familiarisé avec les appareils, avec lesquels il a pu avoir plus d’interactions qu’avec les  membres de sa propre famille, s’est accoutumé au fait de fonctionner dans un environnement artificialisé ; à tel point qu’on ne saurait dire à présent si ce sont les appareils qui sont fabriqués, pour être utilisés par l’Homme, ou bien si ce sont les Hommes, qui sont éduqués, formatés à se conformer aux nouveaux appareils technologiques. 

Après lui avoir enseigné que ses ancêtres avaient été des singes, l’on suggère désormais à l’Homme  l’idée que ses descendants pourraient devenir des cyborgs, des êtres faits de chair, de tôle et de pixels mêlés. Si la notion d’un Homme aussi robotisé peut faire sourire de prime abord, tellement elle paraît irréelle, il ne faut jamais oublier que la théorie du singe parvenu, tout aussi grotesque, a quant à elle été parfaitement intégrée dans la pensée collective. Car ce qui importe lorsque l’on s’adresse aux masses, ce n’est pas tant la réalité en tant que telle, ce qui importe avant tout c’est que les masses se fassent une idée de la réalité qu’on leur a inséminé. 

La dégradation du cycle 

Toutes ces idées nouvelles ne semblent pas être apparues spontanément, par un regrettable concours de circonstances. Tout cela ressemble en effet, pour qui s’autorise encore à faire des liens entre des données  concordantes, bien plus au résultat d’étapes s’étant succédées selon certaines lois cosmiques et dans une moindre mesure, par des projets humains. 

Si l’on s’en réfère à la doctrine des cycles, nous avons entamé la phase finale du Kali-Yuga. Cela signifie que nous serions actuellement en train de vivre – par l’éloignement progressif du Principe – un stade avancé de la dégradation d’un cycle des plus sombres, qui inclut de facto la dégradation de l’Homme lui-même.

L’Homme de l’âge sombre aux facultés atrophiées s’est rendu perméable aux influences suggestives des plus redoutables. Ces influences destructrices, autrefois contenues, ont finit par venir s’actualiser dans un monde favorable, par l’intermédiaire d’Hommes et de groupes humains aux cœurs corrompus. En s’en faisant les réceptacles, ils ont fini par en devenir les instruments. 

Les pseudos-élites du système globalisé, composées principalement d’industriels, de financiers, de  personnages initiés à rebours, dont on ne connaît ni les visages ni les noms, ont effectivement pu devenir les parfaits instruments de ces forces que l’on peut qualifier de ténébreuses. Le projet d’uniformisation du monde autour d’un nouvel ordre, autre que celui de Dieu – projet  d’uniformisation de l’Homme coupé du ciel – porte l’empreinte de ces basses influences. D’ailleurs, si le processus a réussi à traverser les générations et les siècles de la sorte, c’est qu’à l’évidence il n’a pas pu être le singulier projet né de simples individus. 

Mais il serait bien naïf de penser que ceux que l’on appelle les forces de la « contre tradition » ou de  la « contre initiation » en langage guénonien, aient influencé uniquement les membres de ces organisations mondialistes dominantes, et que ces dernières seules seraient responsables de tous les désastres ; ces forces obscures du monde subtil ont toujours su murmurer la déviation à l’oreille de tout Homme à l’écoute, le suggestionnant à œuvrer toujours plus volontairement au service de  l’erreur. Ainsi dans le temps des conflits, chacun porte la responsabilité d’un cœur nourri par le tourment ou par la paix. 

Comme le disait Georges Bernanos, « on ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si  l’on admet pas du tout qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie  intérieure ». 

Pour en terminer avec cette pseudo-élite à rebours, dont les puissantes familles se sont enracinées dans les siècles – non qualifiées pour mener une humanité vers le haut mais visiblement très habile pour la mener vers les abîmes – il n’est pas vain d’ajouter qu’elle a semble-t-il bien été élue pour mener le monde à sa fin. Car en réalité au-delà des influences maléfiques qui continuent d’agiter ces dernières, il y a un commandement Divin orchestrant les cycles. « Il était écrit au commencement » que le dernier de ces cycles devait nécessairement finir dans l’obscurité, avant qu’un nouveau puisse apparaître pour une nouvelle humanité. Ces pseudos-élites ont finalement été conduites à agir comme ces vers dont la fonction est de venir décomposer un cadavre, celui d’une humanité arrivant en fin de vie, en bout de cycle. 

Une entreprise de suggestion 

Après avoir été désintellectualisées, après que leur attention ait été tournée vers les sens et leurs  aspirations vers les objets matériels; les masses d’individus hors ciel, se sont volontairement laissées  inséminer des idées hors sols, par la société du spectacle et ses boîtes à magie virtuelles. 

Il faut dire que l’homo modernus a très tôt été pris en charge par le système de conditionnement.  Arraché du sein de sa mère dès l’âge de trois mois pour intégrer les crèches inhumaines et y désapprendre le sens du lien parental, il est ensuite rapidement entré à l’école pour être, non pas instruit, mais éduqué à la mentalité moderne. 

Il aura été pour finir, tout au long de sa vie, copieusement perfusé de sous culture par ses assistants  virtuels, devenus prolongement de lui-même, lui assurant une médiocrité paramétrée. Les écrans se sont avérés être de redoutables instruments projetant leur incessant flot d’images, de sons et de suggestions. Le cerveau humain ne fonctionne pas comme un ordinateur, il n’est pas apte à être gavé par la quantité, par l’insignifiant ; il a besoin de concentration, de profondeur pour  appréhender le monde, pour en digérer le contenu.

Mais les cadences inhumaines, les rythmes  dénaturés ne permettent plus à l’âme d’en « extraire » la béatifique essence et d’éliminer ce qui aurait vocation à l’être. La société de l’abondance, de l’excès, submerge aussi bien les corps que les psychismes épuisés. Les télécommunications diffusent en continu, programmes, contenus et informations qui ont en amont été élaborés et mis en scène pour séduire, pour happer l’attention, de celui qui était naïvement venu se laisser distraire. 

Les écrans ne sont pas de simples boîtes à rêves, nourrissant l’imaginaire, ce ne sont pas de simples  fenêtres sur des mondes virtuels, qui nous permettraient de nous évader d’une vie de robot-boulot dodo. Les écrans sont avant tout des fenêtres (Windows), donnant une vue, un accès, de l’extérieur sur nous même. 

Réinitialisation d’un monde pour semis-robots 

Nos générations sont les témoins, ces dernières décennies, d’un processus de transformation du  « capitalisme ». Le système tel qu’on a pu le connaître est en pleine transition, les modèles locaux  sont disloqués pour pouvoir s’agglomérer à l’uniformisation globale. 

Les crises que nous avons eu à connaître jusqu’alors (économiques, politiques, sociales, migratoires,  familiales, conflits armés etc.) sont les symptômes d’une destruction programmée. La communication des institutions internationales, des sommets et forums mondiaux, suggère aujourd’hui l’avènement d’un nouveau paradigme planétaire, salutaire. Elle énonce ouvertement les défis et les efforts à faire pour y parvenir. 

Ainsi l’on peut retrouver par exemple des directives telles que : les« global goals » et « l’agenda  2030 » des Nations Unies, la « Grande réinitialisation » et la « Quatrième révolution industrielle » du  Forum Economique Mondial, pour traverser et solutionner les crises que nous subissons de plein  fouet. 

Dans ses livres « La grande réinitialisation » et« La quatrième révolution industrielle », comme dans ses interventions lors des assemblées réunissant « les grands de ce monde », Klaus Schwab, fondateur du forum économique mondial de Davos, insiste sur la nécessité de prêter attention aux notions suivantes : 

-La Gouvernance Mondiale : qui aura à gérer les transformations induites par la nouvelle révolution  industrielle. 

-L’Interconnexion Mondiale : en saisissant l’importance croissante de la connectivité planétaire, grâce aux réseaux numériques et aux communications instantanées. 

-Les Technologies Disruptives : en prenant en considération les avancées technologiques telles que  l’intelligence artificielle, l’Internet des objets, la robotique avancée, la biotechnologie, etc., et leur impact sur les industries et la société. 

-L’Innovation et l’Adaptation : en comprenant la nécessité pour les entreprises et les gouvernements  de s’adapter… rapidement à ces changements technologiques. 

Ce n’est sans doute pas un hasard non plus si les géants du numérique de la Silicon Valley (Google, Meta, ou Elon Musk pour ne citer qu’eux) investissent massivement dans les domaines de  l’intelligence artificielle et du transhumanisme.

La quatrième révolution industrielle, nous dit-on, devrait justement être celle du règne des Intelligences Artificielles et du transhumanisme. Par l’arrivée des technologies NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives), l’humanité pourrait, d’après les déclarations des initiés, être complètement transformée. 

A l’aube des bouleversements que l’on nous promet, la question que tout un chacun devrait se poser, serait de savoir si l’on ne se retrouverait pas ici, entre fantasmes progressistes et technologies de contrôle, entre un marketing des capacités transhumaines et la société dystopique du meilleur des mondes. 

Nos « élites » de toutes sortes, d’une seule voix, semblent en tout cas suggérer aujourd’hui à l’Homme les contours d’une nouvelle forme de mythologie. Un récit fondateur avec la particularité de se dérouler non pas dans le passé, mais dans le futur. Une fable progressiste qui cherche des points de rapprochement avec les théories scientifiques modernes et que l’on pourrait donc proprement qualifier – de science fiction

Le récit en question s’apparente à celui d’un Homme qui par les progrès de la science a vocation à  devenir une version optimisée de lui-même, capable à terme de repousser absolument toutes les  limites du possible. Cependant pour pouvoir accéder à l’augmentation de ses capacités naturelles, il aurait d’une part, à  fusionner avec les nouvelles biotechnologies, implants et l’intelligence artificielle ; il devrait d’autre part, contrôler cette IA qu’il a lui-même généré, et qui menacerait, s’il la négligeait, de devenir autonome et de lui échapper. 

Au delà du fait de repousser les limites que la nature lui impose, le récit projette peut être également,  inconsciemment, ce que l’Homme prométhéen est devenu lui-même : une créature destructrice à la  suite de son émancipation. Pour générer une humanité d’automates, il faut susciter les élans de l’imaginaire, du rêve, de l’enthousiasme, en inséminant de nouvelles croyances, de nouveaux espoirs, dessiner la ligne d’un horizon virtuel commun, en plein milieu de l’âge de fer. 

Il Solitario

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