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30/01/2023
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L’apartheid systématique des Talibans contre les Afghanes

Depuis août 2021, date de leur retour au pouvoir en Afghanistan, les Talibans ont multiplié les lois, décrets et interdictions à l’encontre spécifiques des femmes. Une politique d’apartheid odieuse que plusieurs ONG internationales ont dénoncé. Focus sur un obscurantisme d’état.

Ils avaient promis un changement. Au moment de leur retour au pouvoir, les Talibans, largement critiqués pour leur lecture extrémiste de l’islam, s’étaient engagés à promouvoir une autre politique à propos notamment de l’inclusion sociale des femmes. Près d’un an et demi après, en lieu et place d’un changement, la désillusion s’est installée chez les Afghanes.

L’exclusion généralisée des femmes

En plusieurs mois, les décisions politiques leur interdisant l’accès à la société afghane se sont multipliées.

« Sous la République (…), au Parlement, 27,7% des sièges de la Chambre du peuple étaient occupés par des femmes, à qui était aussi réservée la moitié des sièges de la Chambre haute, rapporte RFI. La sphère politique est maintenant exclusivement masculine. Les femmes en sont bannies. » 

Le 17 septembre 2021, les talibans annoncent la couleur et décident de rebaptiser le ministère des Affaires féminines, ministère « de la Prévention du vice et de la Promotion de la vertu ».

La mesure la plus choquante reste l’exclusion des filles des écoles (enseignement secondaire) le 23 mars 2022, en violation directe d’un engagement pris à l’époque par les talibans qui avaient exigé la réouverture « aussi vite que possible » de ces écoles pour les jeunes afghanes.

Voyage au bout de l’enfer des Afghanes

Le 20 décembre, c’est au tour des universités publiques et privées d’avoir reçu un annonçant la suspension « jusqu’à nouvel ordre » de l’éducation universitaire des femmes, sur décision du ministère de l’Enseignement supérieur, selon France info.

« Une interdiction survenue moins de trois mois après que des milliers d’entre elles ont passé les examens d’entrée à l’université, dans tout le pays. »

La cause invoquée par les talibans ? Les femmes ne « respectaient pas le code vestimentaire » et « les instructions sur le hijab », et pour certaines d’entre elles qui étudiaient dans une province éloignée de leur domicile « ne voyageaient pas non plus avec un ‘mahram’, un accompagnateur masculin adulte ».

Sur la même base, fin mars, les talibans ont interdit aux compagnies aériennes d’embarquer des femmes non accompagnées d’un homme de leur famille et de manière générale tout déplacement intérieur supérieur à 72 km !

Hibatullah Akhundzada, chef des talibans a également exprimé sa volonté que les femmes portent le tchadri (burqa) dans l’espace public.

« Elles devraient porter un tchadri [autre nom de la burqa], car c’est traditionnel et respectueux », (…) Les femmes qui ne sont ni trop jeunes ni trop vieilles devraient voiler leur visage quand elles font face à un homme qui n’est pas membre de leur famille », pour éviter la provocation, précise le décret qu’il a signé. En l’absence de raison importante justifiant leur sortie, il est « mieux pour elles de rester à la maison » ajoute le chef des talibans !

Une ségrégation sociale imposée par les Talibans

Parcs, jardins, gymnases et bains publics ont été également fermées aux femmes pour cause de mixité et de non respect du port du hidjab. « Les salles de sport sont fermées aux femmes parce que leurs entraîneurs étaient des hommes et que certaines [des salles] étaient mixtes », a affirmé le ministère, cité par France.info.

Le dernière interdiction tombée le 24 décembre sommaient les ONG de ne pas employer de femmes, sous peine de suspension de leurs activités dans le pays. De nombreuses ONG internationales ont préféré quitter l’Afghanistan alors que le pays nécessite plus que jamais une politique de soutien humanitaire. Selon les Nations unies, « plus de la moitié des 38 millions d’habitants du pays ont besoin d’une assistance humanitaire pendant l’hiver. »