Sans être officiellement proclamée, l’annexion de la Cisjordanie occupée par Israël semble se concrétiser de plus en plus sur le terrain. Israël a récemment mis en place une plateforme numérique obligeant les Palestiniens vivant en zone C à enregistrer leurs terres et leurs biens immobiliers…sous peine de s’exposer à un risque d’expropriation.
Depuis plusieurs mois, Israël a engagé un vaste processus visant à recenser avec précision les propriétés palestiniennes situées en zone C de Cisjordanie, une région qui représente plus de 60 % du territoire occupé.
Une expropriation sous couvert de mesures foncières
Sur le terrain, cette annonce suscite une profonde inquiétude. Les Palestiniens vivant en zone C, placée sous contrôle sécuritaire israélien en vertu des accords d’Oslo, estiment être confrontés à un choix impossible : s’enregistrer au risque de voir leurs titres de propriété rejetés pour défaut de documents jugés conformes, ou refuser de le faire et courir le risque que leurs terres soient requalifiées en propriétés de l’État israélien.
Dans les deux cas, la menace d’une expropriation alimente les craintes dans de nombreuses localités autour de Naplouse, d’Hébron ou encore de la vallée du Jourdain. L’Autorité palestinienne a appelé les habitants à ne pas répondre aux demandes israéliennes. Les responsables palestiniens redoutent que cette procédure soit utilisée pour accélérer les confiscations de terres en Cisjordanie occupée.
Citoyen palestinien : « J’ai des papiers, c’est chez moi. »
Ministre israélien Ben Gvir : « Je m’en fiche. Partez dans les deux heures ou vous mourrez. »
LE QUOTIDIEN DES PALESTINIENS EN CISJORDANIE
ILS VIVENT DANS LA PEUR ET LA TERREUR pic.twitter.com/VxBQ2DdzqI— Humain (@lasuite72) May 31, 2026
Justification militaire et implantation de colonies
En raison des agressions militaires successives, de nombreux Palestiniens ne disposent plus de documents attestant officiellement de leur propriété. D’autres ne possèdent que des titres très anciens datant parfois de l’époque du mandat britannique. Selon l’ONG israélienne La Paix maintenant, ce vide juridique pourrait être exploité par Israël pour s’approprier de nouvelles terres en Cisjordanie occupée.
Cette préoccupation intervient alors qu’Israël aussi procédé à la saisie de terres palestiniennes dans la zone A de Cisjordanie afin d’y établir une base militaire. En réquisitionnant près d’un hectare aux abords de Jénine pour des motifs présentés comme militaires et en prévoyant l’installation d’une base sur ce site, les autorités israéliennes créent un précédent, selon le média israélo-palestinien +972.
La zone A, dont dépend Jénine, est pourtant censée relever du contrôle sécuritaire exclusif des forces palestiniennes conformément aux accords d’Oslo. Près de 40 000 Palestiniens ont été déplacés de cette région, tandis que les colonies israéliennes continuent de s’y étendre.
L’Etat colonial Israélien prépare l’installation d’une base militaire en Cisjordanie en zone A dans laquelle se trouvent les principales villes palestiniennes (Naplouse, Jenine, Hebron, Ramallah). Quand les dirigeants européens vont-ils enfin sanctionner et stopper Israël ? Cette… pic.twitter.com/d5Sgb7ZmYz
— Rima Hassan (@RimaHas) May 29, 2026
Confiscation d’un lieu sacré
Parallèlement, l’Administration civile israélienne a publié un arrêté d’expropriation, présenté comme une « acquisition à des fins publiques », concernant le site de Nabi Samuel (al-Nabi Samwil), situé au nord de Jérusalem. Ce lieu comprend notamment une mosquée appartenant au Waqf musulman et abrite un site traditionnellement associé à la sépulture du prophète Samuel.
Il s’agit de la première expropriation d’un site sacré relevant du Waqf musulman en Cisjordanie occupée par l’Administration civile israélienne. Située à proximité du quartier israélien de Ramot, cette zone abritait autrefois un village palestinien détruit par l’armée israélienne en 1971, contraignant ses habitants à se réinstaller plusieurs centaines de mètres plus à l’est.
